Le procès de Saïd Naciri, ancien président du club sportif Wydad et du Conseil préfectoral…
Affaire « Escobar du Sahara »: Latifa Raâfat demande une confrontation avec Saïd Naciri devant la cour
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Latifa Raâfat a affirmé ce jeudi n’avoir jamais fui la justice, demandant une confrontation avec Saïd Naciri pour faire éclater la vérité dans l’affaire « Escobar du Sahara ».
Dans un nouveau rebondissement dans l’affaire « Escobar du Sahara », la chanteuse marocaine Latifa Raâfat a comparu ce jeudi 17 juillet devant la Cour d’appel de Casablanca, répondant à une convocation de la juridiction en charge du dossier impliquant Saïd Naciri.
Au cœur du dossier, l’ancien président du Wydad de Casablanca et Abdenbi Bioui, ex-président de la région de l’Oriental sont poursuivis pour leurs liens présumés avec Ahmed Ben Brahim, alias Escobar du Sahara, un baron de la drogue aux ramifications internationales.
Dès son arrivée au tribunal, Raâfat a tenu à mettre fin aux rumeurs persistantes : « Je n’ai jamais fui, comme certains l’ont insinué. Je suis ici pour défendre mon honneur et prouver mon innocence », a-t-elle déclaré aux médias présents.
L’artiste a exprimé son profond sentiment d’injustice, affirmant que les accusations relayées à son encontre ne reflètent en rien la réalité. « Le sentiment d’être injustement ciblée est lourd à porter, mais j’ai confiance en la justice de mon pays », a-t-elle souligné.
Une comparution « volontaire »
Concernant l’irrégularité liée à la notification initiale, Latifa Raâfat a expliqué que le premier avis de convocation ne lui est pas parvenu en raison de travaux en cours dans sa résidence, mais qu’elle a décidé de se présenter d’elle-même au tribunal, sans convocation officielle, en tant que témoin.
Elle a par ailleurs catégoriquement rejeté les accusations selon lesquelles elle aurait tenté de se soustraire à la justice en s’appuyant sur un prétendu réseau d’influence : « J’ai toujours répondu aux convocations. J’ai comparu devant la brigade nationale, et je suis prête à me présenter devant la justice à tout moment. Je ne suis au-dessus d’aucune loi et je ne bénéficie d’aucun privilège, contrairement à ce que certains prétendent. »
Latifa Raâfat demande la confrontation
Dans un geste fort, la chanteuse a déclaré qu’elle allait demander officiellement une confrontation avec le principal accusé, Saïd Naciri, afin que la lumière soit faite sur l’ensemble du dossier. « Le public a le droit de connaître la vérité. Je veux affronter M. Naciri devant la cour pour que justice soit rendue, et que cessent les rumeurs et les insinuations infondées. »
Cette sortie médiatique intervient alors que l’affaire continue de susciter un vif intérêt au sein de l’opinion publique, mêlant accusations graves, personnalités influentes et révélations encore floues. L’évolution du procès sera scrutée de près dans les jours à venir.
Un rôle clé ou un témoin périphérique ?
Le nom de Latifa Raâfat avait été mentionné dans les procès-verbaux comme témoin potentiel, en raison de son lien matrimonial passé avec l’homme à l’origine de l’éclatement de cette affaire, Haj Ahmed Ben Brahim, alias Escobar du Sahara. L’artiste a toujours nié toute implication dans les activités illicites de son ex-époux, et a insisté sur sa volonté de collaborer pleinement avec la justice.
Lors de l’audience du 26 juin 2025, le tribunal avait décidé de convoquer une série de témoins mentionnés dans les procès-verbaux, dont Raafat. Son témoignage vise notamment à éclaircir les relations entre Ben Brahim et les principaux accusés, ainsi que les conditions dans lesquelles certains biens auraient changé de main.
L’audition de Latifa Raâfat marque une nouvelle étape dans ce procès tentaculaire. Reste à savoir si son témoignage pourra contribuer à lever le voile sur une affaire qui, loin d’être close, semble promettre encore pleine de rebondissements.
Latifa Raâfat, témoin malgré elle
L’ex-épouse de Ben Brahim — qui s’est constitué partie civile — n’a pas pris place dans la salle d’audience n°8, mais a été aperçue dans les couloirs du tribunal, manifestant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice.
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Selon un témoin clé du dossier, identifié sous les initiales T.Z., Raâfat « constituait un véritable rempart moral face aux rencontres douteuses entre Ben Brahim, Naciri et Bioui ». À l’époque, le couple vivait à Rabat, avant de s’installer dans une villa luxueuse au quartier Californie de Casablanca.
Le témoin a décrit la chanteuse comme « une femme respectable, sobre, refusant l’alcool et les soirées mondaines », précisant qu’à son arrivée dans la villa, « elle l’avait littéralement purifiée ». Mais l’entente n’a pas duré.
Divorce et nuit de violences
T.Z., identifié dans les procès-verbaux de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) comme le bras droit de Saïd Naciri, a révélé qu’une violente dispute a éclaté entre Latifa Raâfat et son mari, qui était rentré en état d’ébriété. Elle aurait alors exigé son divorce, quitté la villa et rompu définitivement avec ce passé.
Mais c’est la scène qui a suivi ce départ qui a le plus choqué l’audience. Le témoin a raconté : « Une fête de victoire a été organisée après le divorce. Saïd Naciri a apporté de sa voiture un disque contenant la chanson ‘Enty Baghya Wahad’ de Saad Lamjarred, et s’est mis à danser, jubilant. »
Cette scène, décrite comme une véritable humiliation, en dit long sur les liens étroits et troubles entre les protagonistes.
Liens financiers et privilèges en prison
Selon le même témoin, Ben Brahim aurait mené grand train en prison, notamment lors de sa détention à Nouadhibou, en Mauritanie : « C’était tout sauf un centre pénitentiaire. Il bénéficiait d’un traitement de faveur. »
La même source a également confié qu’en 2019, Ben Brahim, incarcéré à la prison d’El Jadida, l’a appelé pour lui dire qu’il avait été condamné à 10 ans de prison, et lui a demandé de contacter Naciri et Bioui pour récupérer son “argent”.
Le témoin a souligné que la relation entre Ben Brahim et Saïd Naciri était plus fusionnelle que celle avec Bioui : « Naciri passait de longues heures avec lui, tandis que Bioui ne restait jamais plus d’une demi-heure. »
L’affaire « Escobar du Sahara » prend chaque jour une tournure plus explosive, mêlant pouvoir, argent sale et règlements de comptes personnels.
La comparution de Latifa Raâfat et les témoignages accablants sur le comportement de figures politiques confirment que ce dossier dépasse le simple trafic de drogue: il s’agit d’un scandale national aux ramifications profondes, dans lequel la vérité reste encore à établir.
