Le procès de Saïd Naciri et Abdenbi Bioui, poursuivis dans l'affaire "Escobar du Sahara" aux…
Escobar du Sahara se constitue partie civile et relance « son » procès
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L’affaire «Escobar du Sahara » connaît un développement surprenant : le principal témoin à charge, Haj Ahmed Ben Brahim, incarcéré pour trafic international de drogue, se constitue désormais partie civile. Une décision qui redistribue les cartes dans un dossier déjà explosif.
Dans un rebondissement majeur dans l’affaire «Escobar du Sahara», Haj Ahmed Ben Brahim, alias le «Malien» ou « Escobar du Sahara », a annoncé son intention de se constituer partie civile dans la procédure. Ce jeudi, les avocats Me Hanan El Allam et Me Issam Semri ont officiellement présenté devant la chambre criminelle de première instance près la cour d’appel de Casablanca leur mandat de représentation du concerné, dont les confessions devant la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) sont à l’origine de l’éclatement de cette affaire tentaculaire.
Après l’examen du dossier, la défense du mis en cause devrait déposer ses demandes civiles lors des prochaines audiences.
Outre cette nouveauté de taille, l’audience de ce jeudi 4 décembre a connu la poursuite des plaidoiries des avocats des accusés. Ainsi, Me Noufel Raihani a tenté de réfuter l’accusation de faux témoignage visant son client « B.B. » dans le même dossier. L’avocat a déclaré que l’accusation ne repose sur aucune base légale, rappelant que les déclarations faites devant les services de police ne constituent pas un témoignage au sens juridique, conformément à l’article 370 du Code pénal et à plusieurs décisions antérieures de la Cour de cassation.
Son client a, de plus, assuré à toutes les étapes de l’enquête qu’il n’avait reçu ni argent ni promesse de récompense pour ses déclarations.
La défense de défense de Saïd Naciri, ancien président du conseil provincial et ancien président du Wydad de Casablanca, avait demandé à la cour lors de l’audience du 30 octobre de placer ce témoin — ancien chauffeur de Haj Ahmed Benbrahim — en garde à vue et de le déférer devant le parquet pour faux témoignage.
Me Meskini met en doute les PV de la BNPJ
De son côté, l’avocat Me Meskini M’Barek, qui assure la défense de l’accusé «K.S.», a soulevé des doutes sur la validité des procès-verbaux établis par la police judiciaire concernant une altercation mentionnée dans le dossier.
Il a affirmé que son client n’était impliqué qu’en raison d’un témoignage d’un tiers entendu par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), lequel aurait déclaré que « K.S. » l’avait précédemment agressé et qu’une mise en scène de dispute avait été envisagée contre rémunération pour entraîner son placement en détention.
Un accusé nie la connaissance de ses co-accusés
Un autre avocat, représentant un accusé distinct, a pour sa part rejeté toute implication de son client dans le trafic de drogues, soulignant que les PV de police indiquent clairement que celui-ci avait refusé de se livrer à ce type d’activité. L’homme serait, selon sa défense, un simple agriculteur disposant d’une ferme, d’une voiture et d’un appartement, sans aucune preuve matérielle ou morale établissant un lien avec le réseau présumé.
L’avocat a conclu en demandant l’acquittement pur et simple, ou à défaut, la prise en considération de la situation sociale de son client et l’octroi de circonstances atténuantes.
Report de l’audience au jeudi prochain
La chambre criminelle a décidé de reporter l’affaire à la semaine prochaine afin de permettre aux différents avocats de poursuivre leurs plaidoiries.
Haj Ahmed Ben Brahim, faut-il le rappeler, est incarcéré depuis 2019 à la suite de sa condamnation à dix ans de prison. Surnommé “Escobar du Sahara”, ses confessions devant la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) sont à l’origine de l’éclatement de l’affaire tentaculaire portant son nom. Celle-ci concerne un vaste réseau international de trafic de stupéfiants qu’il aurait dirigé, avec l’implication présumée de plusieurs personnalités influentes, dont Saïd Naciri, Abdenbi Bioui et la chanteuse Latifa Raafat. Les volumes de drogue, les flux de devises et les ramifications internationales de ce dossier en font l’un des plus grands scandales de narcotrafic jamais jugés au Maroc.
