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LOGITERRE 2025/Amer Zghinou: «Le Maroc, locomotive de la connectivité Sud-Sud»
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En marge de la 2e édition du Salon LOGITERRE, tenue à Casablanca, le président de l’Association marocaine des transports routiers intercontinentaux (AMTRI-Maroc), Amer Zghinou, est revenu pour H24Info sur les enjeux stratégiques de la connectivité Sud-Sud, le rôle structurant du Maroc et les perspectives pour les PME du secteur.
Si, comme la précédente, la 2ème édition de Logiterre s’est soldée par un succès, Amer Zghinou, président de l’AMTRI, tient tout de même à souligner la dynamique continentale qui l’a marquée. «Les délégations qui avaient participé à l’édition de Tanger nous ont relancés pour être plus présentes, plus engagées, avec une volonté claire de débattre des enjeux logistiques africains», explique-t-il à H24Info.
Cette édition, qui s’est tenue à Casablanca, a ainsi accueilli des délégations de plus de 40 pays autour du thème « Connectivité: vers un nouveau modèle de coopération Sud-Sud ». Une orientation que le président de l’AMTRI revendique comme stratégique: «L’avenir, c’est le commerce Sud-Sud. Le Maroc et les pays subsahariens ont des flux croissants, et il est temps de les structurer.»
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Pour Zghinou, le positionnement du Maroc ne relève pas du discours, mais de la réalité opérationnelle. «Aujourd’hui, plus de 500 camions traversent chaque jour la frontière maroco-mauritanienne, chargés de marchandises allant de la tomate au Coca-Cola. Et entre Tanger Med et Algésiras, ce sont 1.400 camions par jour. Ces chiffres traduisent une intensité logistique que peu de pays africains peuvent revendiquer.»
Il insiste sur les infrastructures marocaines comme leviers de projection: «Tanger Med, Agadir, Laâyoune… Le Maroc dispose de ports capables de structurer des corridors multimodaux vers l’Europe et vers l’Afrique.»
Des opportunités concrètes pour les PME
Ce rôle de locomotive, il l’attribue à une vision royale assumée: «c’est la volonté de Sa Majesté de faire du Maroc un acteur du développement africain. Nous ne faisons que prolonger cette vision sur le terrain.»
Interrogé sur les défis de la connectivité Sud-Sud, Amer Zghinou est catégorique: «Le diagnostic est clair, il faut une forte volonté politique pour harmoniser les procédures et fluidifier les frontières.» Et d’expliquer: «Aujourd’hui, quand un camion part d’Europe, il peut traverser plusieurs pays avec le même BL. En Afrique, chaque frontière est une barrière.» Aussi appelle-t-il à une coopération pragmatique, fondée sur la confiance entre opérateurs privés. «Le privé doit initier les partenariats. C’est par le terrain que les gouvernements suivront.»
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Le président de l’AMTRI met l’accent sur l’enjeu de structuration des petites entreprises du secteur qui doivent se regrouper, mutualiser leurs moyens et développer des partenariats. Exemple: «Une société sénégalaise qui veut exporter vers l’Europe peut envoyer une remorque isolée au port d’Agadir. Le transporteur marocain la récupère, la décharge en Europe, puis recharge pour la Mauritanie. On optimise les flux, on réduit les coûts, on crée de la valeur.»
LOGITERRE, un rendez-vous stratégique
Ce modèle multimodal, basé sur la coopération interafricaine, permettrait selon notre interlocuteur de dépasser les blocages douaniers et de fluidifier les échanges. «Le Maroc peut jouer le rôle d’interface, de plateforme logistique pour les pays du Sud», soutient-il.
Au regard de toutes les réflexions et perspectives que LOGITERRE permet de passer au crible, Amer Zghinou, affirme que ce rendez-vous n’est pas un salon de plus. «C’est un outil de transformation. Nous voulons installer durablement la logistique au cœur du développement africain». Il annonce déjà que la prochaine édition visera à élargir les thématiques à la logistique portuaire, aérienne et urbaine, avec un accent sur la formation et la digitalisation.
En conclusion, le président de l’AMTRI rappelle que «le Maroc est prêt. Les infrastructures sont là, les opérateurs sont là, la vision est là. Il faut maintenant que l’Afrique suive, et que la connectivité devienne un levier de souveraineté économique.»
