Défaillance, formation, emploi des jeunes : Sekkouri nuance et promet une réforme en profondeur

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Le ministre Sekkouri a défendu une action gouvernementale efficace

Lors de son passage lundi devant les députés, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younès Sekkouri, a répondu aux interrogations sur la défaillance des entreprises, la formation professionnelle et l’emploi des jeunes. Entre relativisation des chiffres, annonces de réformes et nouvelles perspectives pour le monde rural, le ministre a tenté de rassurer.

Interpellé sur la faillite des entreprises, Younès Sekkouri s’est voulu moins alarmiste. Selon lui, « ceux qui parlent d’une explosion des faillites donnent des chiffres qui ne correspondent à aucune réalité statistique ». Le ministre a insisté sur la nécessité de se baser sur des données officielles, en l’occurrence celles de l’OMPIC et de la CNSS.

À partir de ces sources consolidées, il a évoqué « une hausse de 17,5 % pendant les huit premiers mois de l’année ». Mais il a relativisé cet indicateur en le confrontant au nombre d’entreprises créées et en activité. L’année écoulée a enregistré environ 72 343 créations, contre 15 000 cessations. « Selon la CNSS, nous avions en 2019 environ 255 000 entreprises déclarant régulièrement leurs employés, avant le Covid. Aujourd’hui, à fin 2024, ce chiffre a atteint 344 000 entreprises, soit une hausse de 34 % », a affirmé le ministre.

Cette posture n’a pas convaincu tous les parlementaires, certains contestant l’efficacité de la politique gouvernementale et y voyant un échec dans la mise en œuvre des orientations royales.

Formation continue : un chantier en réforme

La formation professionnelle continue a également été au cœur des débats. Un député a rappelé que « moins de 12 % des salariés des entreprises marocaines en bénéficient, contre 45 % en Europe », ajoutant que « plus de 65 % des PME marocaines souffrent d’un manque de compétences techniques et numériques ».

Le ministre a reconnu ce constat, en l’attribuant à des procédures administratives complexes et à des problèmes de gouvernance hérités du passé. « Pour qu’une entreprise récupère le montant de formation, elle devait passer par un parcours administratif interminable », a-t-il déploré.

Il a toutefois annoncé une avancée : « Après deux ans de négociations avec la CGEM, les entreprises et les syndicats, un accord a été conclu et intégré dans le dialogue social central. L’été dernier, un décret exécutif a été adopté créant un nouvel organisme dédié à la gestion de la formation continue, sous supervision du ministère et avec la participation de tous les partenaires. L’entrée en vigueur aura lieu début janvier prochain. »

Sekkouri : l’emploi des jeunes vers plus de stabilité

Sur la question de l’emploi des jeunes, Younès Sekkouri a reconnu l’existence d’un problème lié aux contrats de longue durée. Comme solution, il a proposé de limiter à un an la période durant laquelle une entreprise peut recourir aux contrats ANAPEC exclusifs, dans le cadre des politiques actives de l’emploi. Le ministre a également évoqué des amendes réglementaires pour sanctionner les abus et a rappelé que la réforme du code du travail est en cours.

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Enfin, le ministre a abordé la problématique de l’emploi en milieu rural, en soulignant les difficultés liées aux aléas climatiques et à la migration. Il a présenté comme solution la nouvelle feuille de route de la formation professionnelle, dont un palier cible directement le monde rural. « Il offrira des diplômes dans environ 200 métiers (artisanat, tourisme, industrie, agriculture…) », a-t-il annoncé, précisant que ce programme devrait bénéficier à quelque 17 000 jeunes ruraux.

Entre relativisation des faillites, réforme de la formation continue et nouvelles mesures pour l’emploi des jeunes et des ruraux, Younès Sekkouri a tenté de convaincre les parlementaires de la cohérence de son action. Mais les critiques persistantes sur l’efficacité des politiques publiques rappellent que la confiance reste à consolider.

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