Auto-entrepreneur : Sekkouri lance l’offensive pour relancer le régime

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Auto-entrepreneur Younès Sekkouri
Le ministre Younes Sekourri lors d'une session de la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants. ©DR

Le régime de l’auto-entrepreneur, longtemps présenté comme une porte d’entrée vers l’initiative privée et la formalisation de l’économie informelle, traverse une zone de turbulence. Dans une réponse écrite au Parlement, le ministère de tutelle propose des solutions. 

Naguère présentée comme une panacée, le régime auto-entrepreneur semble s’éloigner de cette promesse. La baisse du nombre d’adhérents inquiète. Alors que le dispositif lui même est menacé dans sa viabilité,  le gouvernement, par la voix de Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, a décidé de stopper l’hémorragie.

Et ce, à travers une série de mesures pour enrayer cette dynamique négative et restaurer l’attractivité du dispositif.

Dans sa réponse à une question écrite d’un parlementaire sur la question, les services de communication du ministère indique que depuis sa prise en main du dossier, Sekkouri a enclenché une série de concertations avec les principaux opérateurs du régime.

Au nombre de ces opérateurs, Barid Al-Maghrib, la Direction générale des impôts (DGI), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Agence nationale pour la promotion de la PME (Maroc PME). Ces réunions ont permis de dresser un état des lieux sans complaisance des facteurs entravant l’essor d’un dispositif qui a fait, et continue de faire ses preuves ailleurs.

Notamment en France et au Canada, comme le faisait savoir Zakaria Fahim, président de l’Union des auto-entrepreneurs, dans notre émission « L’Invité Eco ». Selon lui, ces pays ont su intégrer l’auto-entrepreneuriat dans une vision large de relance économique, notamment post-Covid, alors que le Maroc a eu tendance à le banaliser ou le marginaliser.

«Les auto-entrepreneurs ne demandent pas de faveurs, mais de la considération. On les traite parfois comme des fraudeurs en puissance, alors qu’ils sont une force vive pour l’économie», avait-il défendu.

Auto-entrepreneur

Pour en revenir aux facteurs entravants, ce sont: le manque de communication, les lenteurs administratives, l’absence de suivi, la rigidité des cotisations et les défaillances techniques du système d’information. Autant d’obstacles qui ont été identifiés, et qui expriment par ricochet des attentes.

Lire aussi : “L’Invité Eco“. Zakaria Fahim, «L’accompagnement, clé essentielle du régime auto-entrepreneur»

Auto-entrepreneur : sauver la mise

A en croire la réponse de Younes Sekkouri, face à ces dysfonctionnements, la DGI a réactivé, depuis août 2022, les comptes des auto-entrepreneurs en défaut, sous réserve du règlement des arriérés. Aussi, un Comité de suivi réunissant l’ensemble des parties prenantes a été institué. Sa mission: fluidifier les procédures et assurer une coordination opérationnelle.

Une convention est également en cours de finalisation avec Barid Al-Maghrib, visant à mettre en place un système d’information interactif et à renforcer la communication autour du régime. Et pour clore avec les mesures palliatives aux dysfonctionnements évoqués, une autre convention, multipartite cette fois, viendra formaliser les engagements de chaque acteur.

Par ailleurs, dans le prolongement de la feuille de route gouvernementale pour l’emploi, le ministère prépare une nouvelle génération de services à destination des auto-entrepreneurs: sécurité sociale, formation, accompagnement individuel, appui comptable et administratif.

L’objectif est clair, professionnaliser l’offre et créer un environnement propice à l’épanouissement de l’activité indépendante. Des caravanes régionales et des séminaires nationaux viendront compléter le dispositif.

Il est clair que la baisse du nombre d’adhérents au régime de l’auto-entrepreneur ne relève pas d’un simple désintérêt conjoncturel. Elle traduit beaucoup plus un essoufflement structurel que les autorités ne peuvent ignorer.

Dans cette veine, le plan d’action présenté par Sekkouri pose les bases d’un redressement. Toutefois, sa réussite dépendra de la capacité des institutions à le simplifier, à communiquer et à s’engager pleinement. Tout cela pour que l’auto-entrepreneuriat ne reste pas un slogan, mais qu’il soit ce levier crédible de l’emploi indépendant tant espéré.

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