Face à un défi majeur de la science moderne, l’insuffisance cardiaque congestive, un médecin-chercheur marocain…
Innovation : Captage CO2, la startup marocaine qui s’affirme sur le marché carbone
Publié le
Captage CO2 est le lauréat du dernier Elevator Pitch organisé par Bank of Africa-BMCE. Boubker Oujaa, son dirigeant, ne cache ni son ambition ni sa détermination pour cette solution innovante, locale et inclusive pour lutter contre le réchauffement climatique grâce à des stations environnementales basées sur les microalgues marocaines.
Le principe est simple, mais remarquablement efficace : capter le dioxyde de carbone de l’atmosphère grâce à des microalgues endémiques, capables d’absorber jusqu’à 46 % de CO₂ et de produire 30 % d’oxygène. Chaque station équivaut, en rendement, à un arbre de cinq ans. Mais l’innovation ne s’arrête pas là.
Ces stations génèrent également une biomasse valorisable dans les industries agroalimentaire et agricole. Et sur le plan économique, elles créent une valeur annuelle de 12 crédits carbone – soit environ 908 dollars – tout en générant 20 emplois pour 10 jeunes de la région de Souss-Massa. Une approche qui conjugue écologie, économie circulaire et inclusion sociale.
Après une première phase expérimentale à Agadir, Boubker Oujaa et son équipe travaillent à l’amélioration des performances de ses stations. L’objectif à court terme : obtenir une certification environnementale pour pouvoir commercialiser les crédits carbone, et déployer les stations dans d’autres villes comme Marrakech, Casablanca et Tanger.
Captage CO2: l’obstacle, le financement

Ce projet, comme le dit son fondateur, s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale bas carbone 2030-2050. «Notre mission est de créer de la valeur ajoutée, non seulement économique, mais aussi en matière d’emplois verts», affirme-t-il.
La participation au programme Elevator Pitch a permis à Captage CO₂ de renforcer ses compétences en communication de projet et de tisser des liens avec des institutions financières. Mais les défis restent nombreux.
Le principal obstacle : le financement. «Nous manquons de capital pour étendre notre activité au-delà d’Agadir», confie le fondateur. Autre enjeu : le manque de compétences techniques chez les jeunes recrutés localement. Pour y remédier, Captage CO₂ mise sur la formation. «Nous accompagnons les jeunes et les femmes de la région pour qu’ils deviennent les relais de croissance du projet».
En somme, Captage CO₂ ne se contente pas de proposer une solution technologique. Il incarne une vision : celle d’un Maroc acteur de la transition écologique mondiale, capable d’innover à partir de ses ressources locales, tout en créant des opportunités pour sa jeunesse.
Un projet à suivre de près, à l’heure où le pays amorce son entrée dans le marché mondial du marché carbone.
