PME Tech: l’APEBI plaide pour la création d’un label

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Redouane El Haloui, à gauche, lors de son intervention Casablanca 27 février

Lors du traditionnel Ftour de la fédération du numérique, organisé vendredi dernier à Casablanca en présence de l’ambassadeur indien au Maroc, Redouane El Haloui, son président, est revenu sur la question de la PME Tech, réclamant la création d’une commission dédiée.

Au Ftour, la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) a clairement affiché ses ambitions : faire du développement des PME évoluant dans le domaine du numérique (PME Tech) un enjeu central dans la dynamique de digitalisation en cours. Pour ce faire, l’organisation s’est dotée d’une commission dédiée, avec pour objectif majeur la création d’un label PME Tech, destiné à reconnaître et structurer ce maillon essentiel de l’écosystème numérique marocain.

Selon El Haloui, ces PME Tech représentent près de 70 à 80% des entreprises du numérique au Maroc, soit environ 3 000 structures, contre 500 à 600 startups. Ces entreprises, souvent implantées dans les régions, développent des solutions logicielles locales et parfois exportables. Elles constituent, selon lui, les «maçons du digital», indispensables à la digitalisation des données et, par ricochet, à l’intégration de l’intelligence artificielle.

PME Tech: un label pour structurer et protéger

Présentant la commission créée à leur intention, le président de l’APEBI a plaidé pour que les institutions tutélaires, notamment le ministère de la Transition numérique et l’Agence du développement du digital (ADD), œuvrent à la mise en place d’un label PME Tech afin de donner une visibilité et une reconnaissance institutionnelle à ces acteurs. Contrairement aux startups, perçues comme des explorateurs de l’innovation, les PME Tech sont, dira-t-il, des experts du digital, capables de fournir des solutions robustes en cybersécurité, data et IA.

Un chantier pour lequel la création de ce label s’avère importante concerne la souveraineté des données. Pour El Haloui, il est «anormal que l’État choisisse des solutions étrangères sans consulter les compétences locales», surtout, complètera-t-il, lorsqu’il s’agit de sujets de souveraineté comme l’identité numérique.

Lire aussi. Redouane El Haloui (APEBI) : « Arrêtons les stratégies, passons à l’exécution »

Le président de l’APEBI a rappelé qu’une proposition avait déjà été faite dans la loi de finances, visant à encourager les entreprises privées à investir dans les PME Tech, via des mécanismes d’exonération. Bien que non retenue, cette initiative sera relancée en 2026, avec l’ambition d’accélérer la mise en place du label. L’idée est de créer un environnement favorable où les entreprises marocaines, même hors secteur, pourraient investir dans la Tech nationale.

Une vision africaine partagée

Au-delà du Maroc, El Haloui a insisté sur la dimension continentale du sujet PME Tech. La fédération africaine du numérique, récemment lancée, partage les mêmes problématiques : digitalisation, collecte de données, intégration de l’IA et cybersécurité. Pour lui, la PME Tech marocaine doit s’inscrire dans une logique de partenariat gagnant-gagnant avec ses homologues africains, afin de bâtir un socle numérique commun.

Cette rencontre a également servi de cadre à Sanjay Rana, ambassadeur de l’Inde au Maroc, pour présenter les leviers du boom de son pays dans les métiers de l’offshoring et du digital. «Nous avons une jeunesse qui n’a pas peur du changement, et un gouvernement qui n’hésite pas à mettre les moyens pour l’accompagner dans son développement», a-t-il déclaré. Et de renchérir : «nous sommes aussi avantagés par notre expertise dans la gestion des données».

Par ailleurs, le diplomate a mis en évidence les axes de coopération entre l’Inde et le Maroc, et invité l’APEBI et ses membres à la 11ᵉ édition de l’India Africa ICT Expo, qui se tiendra pour la première fois au Maroc. L’événement est prévu les 27 et 28 mars prochains à Casablanca.

Incontournable, l’IA dans les discussions

L’intelligence artificielle a également été au rendez-vous des échanges. L’ambassadeur a évoqué le sommet mondial qui lui a été consacré en février dans la capitale indienne. Cette tribune a souligné les questions de souveraineté et soutenu qu’elle ne devrait pas accentuer la fracture technologique et numérique. Sur ce point, Redouane El Haloui a évoqué un partenariat noué par son organisation visant à «montrer les opportunités insoupçonnées dans les métiers promptés par l’IA».

Il faut retenir de cette soirée ramadanesque que l’APEBI fait de la création du label PME Tech son cheval de bataille. Perçu par Redouane El Haloui et ses pairs comme une nécessité stratégique, ce label devrait permettre de distinguer ces entreprises des startups, de leur offrir une reconnaissance institutionnelle et de renforcer leur rôle dans la souveraineté numérique du pays. Pour l’APEBI, il s’agit non seulement d’un enjeu économique, mais aussi d’un choix politique : donner aux PME Tech la place qu’elles méritent dans la transformation digitale du Maroc et de l’Afrique.

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