Le président de la CGEM a dressé le tableau des défis et opportunités numériques de…
Gitex Africa 2026 – Seghrouchni: «Le Maroc se positionne comme une puissance technologique d’équilibre»
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La ministre déléguée à la Transition numérique et à la Réforme de l’administration (MTNRA), Amal El Fallah Seghrouchni, a soutenu l’idée d’un Maroc porteur d’une « troisième voie » technologique, entre modèles américain, chinois et européen, fondée sur la souveraineté, l’équilibre et l’authenticité.
A la cérémonie inaugurale de la 4ème édition du Gitex Africa dont la thématique principale porte sur l’Intelligence artificielle, Amal El Fallah Seghrouchni a placé ce sujet comme le l’un des deux facteurs qui structurent aujourd’hui le monde. Le 1er étant «le retour des conflits armés de haute intensité».
Pour elle, l’IA est à la fois un levier de compétitivité, un enjeu de souveraineté et un objet de régulation. Dans ce cadre, elle a indiqué que le Maroc a choisi de faire preuve d’audace, en se positionnant comme un bâtisseur de ponts entre Nord et Sud, Est et Ouest. «Le narratif stratégique s’appuie sur un double paradoxe : une appréciation critique de l’ordre technologique actuel et une conviction affirmée que le multilatéralisme inclusif constitue la seule voie viable», a-t-elle souligné.
Poursuivant, la ministre a dressé un panorama mondial des initiatives en cours : les États-Unis mobilisent des moyens colossaux, avec plus de 67 milliards de dollars d’investissements privés en 2023 et le CHIPS and Science Act de 280 milliards. La Chine poursuit une stratégie industrielle intégrant pleinement l’IA à sa puissance d’État, avec plus de 100 milliards de dollars investis en une décennie. Quant à l’Union européenne, elle cherche à concilier innovation et régulation, avec des programmes comme Horizon Europe (95,5 milliards d’euros) et Digital Europe (7,5 milliards d’euros).
Face à ces poids lourds, la ministre a clairement affirmé : «notre ambition marocaine ne consiste pas à se positionner comme un poids plume face à des poids lourds. L’enjeu est d’inventer un nouveau jeu».
La troisième voie marocaine
Dans cette logique, le Maroc propose une alternative. «C’est la troisième voie. C’est le pari technologique marocain au service du citoyen. C’est l’authenticité et la modernité», a martelé Seghrouchni. Elle précisera que cette approche repose sur quatre piliers : une souveraineté technologique opérationnelle, une modernité authentique adaptée aux réalités nationales, une puissance d’équilibre reliant Europe, Afrique et Atlantique, et une boussole stratégique pour le dialogue international sur l’IA.
En outre, la ministre a insisté sur la nécessité d’anticiper les prochaines ruptures. Elle a évoqué la révolution quantique, qui transformera profondément les capacités de calcul, la cryptographie et la sécurité des données. «Le véritable temps long consiste à anticiper ce saut», a-t-elle déclaré, soulignant que la souveraineté technologique est plus que jamais un enjeu stratégique majeur.
Une puissance d’équilibre et de dialogue
Par ailleurs, Seghrouchni a mis en avant les atouts du Royaume : sa position géographique, la diversité de ses partenariats et sa tradition de dialogue multilatéral. «En se positionnant comme puissance technologique d’équilibre, le Royaume du Maroc offre plus qu’un hub, il offre un liant», a-t-elle résumé. Cette ambition vise à fédérer des acteurs issus de différents modèles technologiques et à promouvoir une approche équilibrée entre innovation, souveraineté et responsabilité.
Il ressort clairement de cette allocution de la ministre, que le Maroc ne cherche pas à imiter les grandes puissances, mais à inventer une voie originale : celle d’un numérique souverain, authentique et fédérateur, capable de relier les continents et d’inspirer un nouvel équilibre technologique mondial.
