Akhannouch: «Au Maroc, le digital est passé d’un projet dispersé à une stratégie cohérente»  

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Gitex Africa 2026 : Akhannouch trace la voie d’un Maroc digital souverain et ambitieux
Le Chef du gouvernement a présidé l'ouverture de la 4e édition du Gitex Africa © DR

A Marrakech, le Gitex Africa Morocco n’est plus un simple salon technologique. C’est devenu, au fil des éditions, une vitrine politique au sens plein du terme. Celle d’un Maroc qui ne se contente plus d’accompagner la transformation numérique mondiale, mais qui entend désormais en fixer les règles à son échelle.

En ouvrant cette quatrième édition, Aziz Akhannouch n’a pas seulement déroulé un bilan. Il a posé un récit : celui d’un pays qui change de dimension dans le digital, en passant d’une logique d’adaptation à une logique de structuration.

Tout commence en 2021. La création d’un département ministériel dédié au numérique est présentée comme un acte fondateur. Le signal est limpide : le digital n’est plus un chantier parmi d’autres, il devient une politique publique centrale.

Ce choix a rapidement cessé d’être symbolique. L’explosion des investissements — passés de quelques millions à plus de 1,7 milliard de dirhams — traduit un changement d’échelle assumé. Le Maroc ne parle plus de transformation digitale, il commence à en financer l’infrastructure politique et économique.

Maroc Digital 2030 : de la dispersion à la cohérence

Le chef du gouvernement a également présenté la stratégie Maroc Digital 2030 comme une autre preuve de cette volonté institutionnelle. À l’en croire, elle a été lancée pour dépasser les initiatives dispersées et bâtir une vision intégrée.

Cette stratégie, poursuivra-t-il, repose sur deux piliers complémentaires: d’une part un État numérique au service du citoyen, avec des plateformes comme Massar pour l’éducation ou Mahakim pour la justice; et d’autre part un numérique moteur de valeur et d’emplois. Akhannouch égrainera des résultats “déjà tangibles” : 148 500 postes créés et 26 milliards de dirhams d’exportations fin 2024. L’objectif est d’atteindre 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations d’ici 2030.

Startups et talents au cœur de la transformation

Sur cette lancée, le Chef du gouvernement a insisté sur l’importance de l’accompagnement des jeunes entreprises. « Notre ambition est de lever les obstacles qui freinent les startups et de créer les conditions pour faire émerger des champions nationaux », a-t-il déclaré, relevant une convention stratégique mobilise jusqu’à 1,5 milliard de dirhams pour soutenir leur croissance.

Parallèlement, un accent particulier est porté sur la formation. En témoigne le nombre de diplômés dans les filières numériques qui a doublé, passant de 11 000 en 2022 à 22 000 en 2024. Le programme Job In Tech complète ce dispositif en formant les jeunes aux métiers les plus demandés.

Tablant sur l’intelligence artificielle, il a soutenu une approche proactive du Maroc pour maîtriser l’intelligence artificielle. « Nous avons opté pour un principe de souveraineté technologique et de non‑dépendance », a rappelé Akhannouch.

Cette stratégie a permis au Royaume de gagner 14 places dans l’indice mondial de préparation des gouvernements à l’IA en 2025. Des initiatives structurantes, comme l’Institut Jazari Root et le programme AI Made in Morocco, traduisent cette volonté de passer de la vision à l’exécution.

Infrastructures et connectivité

Terminant son mot, le chef du gouvernement a fait un focus sur les infrastructures et la connectivité. Il a souligné le déploiement en cours de la 5G, avec une couverture prévue de 45% de la population en 2026 et 85% en 2030.

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À cela s’ajoute une progression rapide de l’internet à très haut débit, totalisant 1,4 million d’abonnements fibre fin 2025. Autant de volontarisme étatique qui ont permis au Maroc a d’accueillir un premier investissement majeur dans les services cloud, créant plus de 700 emplois et renforçant son attractivité comme plateforme technologique régionale.

Pour clore, Akhannouch a insisté sur la dimension humaine et sociale du numérique : « La technologie n’a de valeur que lorsqu’elle change la vie des gens : un jeune qui trouve un emploi, un entrepreneur qui développe son projet, un citoyen qui accède facilement aux services».

En clair, à cette édition du Gitex Africa, Aziz Akhannouch a présenté un Maroc crédible et ambitieux sur le plan technologique, prêt à accueillir les investissements et à propulser son écosystème digital sur la scène internationale.

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