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Le PJD critique le bilan du gouvernement et dénonce « un échec global » (vidéo)
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Le Parti Justice et Développement (PJD) a estimé, mercredi, que la présentation du bilan gouvernemental à cinq mois des élections équivaut à une « annonce anticipée de la fin du mandat » et à une entrée dans une longue phase de gestion courante.
Selon le parti, cette situation entraîne « un gaspillage du temps de développement », alors que plusieurs réformes majeures annoncées n’ont pas encore été concrétisées, notamment celles liées aux retraites, à la compensation et à la généralisation de la protection sociale.
Lors d’une conférence de presse à Rabat, Driss Azami Idrissi, vice-secrétaire général du parti, a décliné le bilan gouvernemental en dix points, tous présentés comme des preuves d’« échec ». Il a accusé l’exécutif d’être un « gouvernement de conflits d’intérêts et de manipulation des réalisations et des chiffres ».
Le responsable politique a reproché au gouvernement de ne pas assumer pleinement sa responsabilité politique, évoquant une gestion dominée par une approche technocratique étroite, un manque de communication et l’absence d’anticipation face aux attentes sociales. Il a également dénoncé un recul en matière de démocratie et de droits humains, pointant la gestion des protestations et les poursuites judiciaires visant enseignants, étudiants et journalistes.
Relations tendues avec le Parlement et les corps professionnels
Le parti conservateur a accusé le gouvernement d’échapper au contrôle parlementaire, évoquant l’absence répétée du chef de l’exécutif et de plusieurs ministres lors des séances parlementaires. Il critique également l’absence de concertation dans l’élaboration des lois et l’usage de la majorité pour faire adopter certains textes, ce qui aurait provoqué des tensions avec plusieurs professions, notamment les avocats, les notaires et les journalistes.
Le PJD a aussi pointé un gel des mécanismes de lutte contre la corruption, notamment à travers la mise en veille de la stratégie nationale et des instances dédiées. Le parti évoque des cas répétés de conflits d’intérêts, d’abus de pouvoir et de législation « sur mesure », citant notamment les secteurs des hydrocarbures, du dessalement de l’eau et des subventions à l’importation.
Sur le plan social, le parti dénonce des retards dans la mise en œuvre de la généralisation de la protection sociale, ainsi que des dysfonctionnements dans le système de soutien direct.
Il critique également la réforme de l’éducation, jugée confuse et réduite à des initiatives comme les « écoles pionnières », accusées de renforcer les inégalités.
Pour le PJD, que d’engagements non tenus et des retards
Le PJD estime que plusieurs engagements majeurs du programme gouvernemental n’ont pas été respectés et cite, entre autres, une croissance inférieure à 4 %; l’objectif d’un million d’emplois non atteint (environ 94.000 créés); une baisse du taux d’activité des femmes au lieu de son augmentation et l’absence de généralisation effective de la couverture santé
Le parti évoque aussi l’échec à sortir un million de familles de la précarité et à renforcer la classe moyenne.
Côté investissement, le parti d’Abdelilah Benkirane critique également le retard dans la mise en œuvre des mécanismes de soutien à l’investissement et dans l’accompagnement des petites et moyennes entreprises.
Il évoque enfin des lenteurs dans le programme de reconstruction des zones touchées par le séisme d’Al Haouz, ayant suscité des protestations dans certaines régions.
Pour le PJD, le gouvernement souffre d’un manque de vision et de courage politique pour mener des réformes structurelles, notamment en matière de retraites, de compensation et de finances publiques.
Le parti accuse également l’exécutif de présenter des données jugées imprécises sur la dette et le déficit, tout en augmentant les dépenses publiques.
