Benkirane critique le bilan du gouvernement Akhannouch et alerte sur les tensions sociales

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Benkirane charge Akhannouch et dénonce une gestion « entachée de rente »
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Benkirane critique la gestion d’Akhannouch, évoque des crises accumulées et alerte sur les tensions sociales et les mutations de la scène politique nationale.

Le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a déclaré que la période durant laquelle Aziz Akhannouch a dirigé le gouvernement a été marquée par une accumulation de crises et des dysfonctionnements dans la gestion, estimant qu’elle est entachée de rente et n’a pas répondu aux attentes.

Lors de son intervention à l’occasion de la session ordinaire du Conseil national du PJD, tenue ce week-end à Bouznika, Benkirane a critiqué ce qu’il a qualifié de recours par le Chef du gouvernement à des personnes et des fonctionnaires issus de sa propre holding pour les affecter dans plusieurs ministères. Il s’est interrogé sur la manière dont ces derniers pourront gérer l’administration publique, ainsi que sur le type de leadership qui encadrera leur travail au sein des institutions.

« Assumer les conséquences de ses choix politiques »

Benkirane a affirmé que tout responsable gouvernemental doit disposer d’objectifs réels au service de l’intérêt national, faire preuve de courage pour les mettre en œuvre et être prêt à en assumer les conséquences politiques.

Le secrétaire général du parti conservateur a également estimé qu’Akhannouch est parvenu à créer un consensus contre lui, considérant que les politiques menées durant son mandat ont contribué à accentuer les tensions sociales et à pousser des jeunes à descendre dans la rue pour manifester. Des mouvements qui auraient, selon lui, pu bouleverser la situation.

Une chute évitée grâce à la «bonne appréciation du Roi»

Il a ajouté que ces événements se sont produits dans un contexte marqué par des transformations politiques dans plusieurs pays, soulignant que la chute du gouvernement était alors attendue mais ne s’est pas produite. Il a attribué la continuité de l’Exécutif à ce qu’il a décrit comme la «bonne appréciation du Roi».

Dans le même contexte, Benkirane a estimé que le retour d’Akhannouch sur le devant de la scène aurait entraîné une nouvelle mobilisation de la « génération Z » dans la rue, qualifiant cette génération de véritable phénomène social.

Une équation électorale en mutation

Le secrétaire général du PJD a également commenté la décision d’Akhannouch de ne pas se représenter à la tête du Rassemblement national des indépendants (RNI) ni de briguer un nouveau mandat lors des prochaines élections législatives.

Considérant que l’équation électorale a profondément évolué, il a affirmé que la compétition politique ne repose plus uniquement sur les programmes et les discours, mais qu’elle est désormais influencée par d’autres facteurs, notamment les moyens financiers, la présence médiatique, l’impact des réseaux sociaux et les mécanismes modernes d’organisation.

Lire aussi: Espagne : la presse critique les déclarations de Benkirane sur Sebta et Melilia

Par ailleurs, Benkirane a réitéré sa défense de sa fameuse réforme de la Caisse de compensation adoptée par son précédent gouvernement, la qualifiant de choix politique souverain visant à réduire la pression sur les finances publiques et à limiter l’hémorragie des ressources.

Et de préciser qu’il reste convaincu de cette décision et prêt à en assumer pleinement la responsabilité politique, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles le gouvernement actuel continue de l’appliquer s’il la considère comme une erreur.

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