Ebola: pourquoi le Maroc est vigilant mais pas inquiet

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Ebola,  Dr Tayeb Hamdi, Dr Tayeb, Organisation mondiale de la santé, OMS,République démocratique du Congo, RD Congo, RDC
Des agents médicaux désinfectent le cercueil d'un patient décédé d'une infection à Ebola à l'intérieur d'un centre de traitement géré par l'Alliance pour l'action médicale internationale (ALIMA), le 13 août 2018, à Beni, en République démocratique du Congo. ©AFP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) après une flambée du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, livre son analyse pour comprendre les risques réels et les mesures prises par le Royaume.

Pas de panique, mais une vigilance maximale. C’est en substance le message du Dr Hamdi concernant l’alerte mondiale autour du virus Ebola. Contrairement aux précédentes épidémies, la situation actuelle en RDC suscite l’inquiétude internationale en raison de la souche identifiée, dénommée Bundibugyo. Cette variante rare et hautement létale — jusqu’à 50 % de mortalité — présente un angle mort médical majeur: il n’existe à ce jour aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé, contrairement à la souche Zaïre.

Dr Hamdi se veut toutefois rassurant: «Nous ne sommes pas face à un risque pandémique, mais devant une situation d’urgence nécessitant une coopération internationale pour maîtriser la flambée rapidement.»

Epidémie d’Ebola: quel risque pour le Maroc?

Le risque d’introduction et de propagation communautaire au Maroc demeure faible. Mais en raison du statut de l’aéroport Mohammed V de Casablanca comme hub aérien majeur connecté à l’Afrique subsaharienne, la vigilance aux frontières reste essentielle.

Tayeb Hamdi insiste à la levée l’interdiction d’accès aux voyageurs en provenance de Chine
Dr Tayeb Hamdi © DR.

Le virus Ebola n’étant pas transmissible par voie aérienne, mais uniquement par contact direct avec les fluides corporels de personnes malades ou d’objets contaminés, il peut être efficacement contenu. En l’absence de vaccin pour cette souche, la stratégie marocaine repose sur un barrage épidémiologique en amont et sur des mesures non pharmaceutiques strictes.

Ebola: le plan de riposte marocain

Fort de son expérience dans la gestion des crises sanitaires, le ministère de la Santé et de la Protection sociale réactive le Plan national de veille et de riposte, articulé autour de trois axes:

1. Renforcement du contrôle aux frontières
Installation de caméras thermiques dans les points d’arrivée, notamment à Casablanca. Les voyageurs en provenance des zones à risque devront remplir des fiches sanitaires permettant leur suivi durant les 21 jours d’incubation maximale.

2. Vigilance accrue du système de santé
Sensibilisation des professionnels de santé et mobilisation des laboratoires de référence. Ces derniers s’assurent de la fiabilité des tests PCR rapides spécifiques à la souche Bundibugyo, afin d’éviter tout risque de faux négatif.

3. Structures d’isolement dédiées
Des chambres d’isolement à pression négative sont prêtes dans les centres hospitaliers de référence pour la prise en charge sécurisée d’éventuels cas suspects. Des protocoles stricts de désinfection et de confinement sont également prévus, y compris à bord des vols internationaux.

Vigilance renforcée

Le virus Ebola trouve son réservoir naturel chez les chauves-souris frugivores, avant de passer à l’homme, souvent via la manipulation ou la consommation de viande de brousse contaminée. Une fois chez l’humain, la transmission interpersonnelle s’opère par le sang, la salive, les vomissures ou l’urine.

L’incubation dure de 2 à 21 jours (5 à 10 jours en moyenne). Pendant cette phase, la personne n’est pas contagieuse. Quant aux symptômes, il comprennent l’apparition brutale de fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et des troubles digestifs sévères. À un stade avancé, des manifestations hémorragiques ou des lésions cutanées peuvent survenir.

Si le traçage des contacts est aujourd’hui complexe en RDC, en raison de l’instabilité de la zone touchée, des conflits armés et de la forte mobilité des travailleurs miniers, le Maroc dispose, lui, de tous les outils nécessaires pour bloquer le virus à ses portes et neutraliser tout risque d’épidémie interne.

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