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World Football Summit: la diaspora au cœur du développement sportif du Maroc
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Le World Football Summit de Rabat, qui s’est tenu du 9 au 10 avril, représente une véritable révolution dans le paysage sportif marocain et international. Analyse de Yassine El Yattioui, secrétaire général et chercheur associé au Think tank NejMaroc, spécialisé sur les questions de diplomatie, d’intelligence économique et de géopolitique.
Cet événement, organisé au sein du campus de l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P), a réuni des acteurs majeurs du monde du football et au-delà, afin de réfléchir aux stratégies de développement du sport et d’analyser le rôle déterminant de la diaspora marocaine dans cette dynamique. En tant que chercheur et conférencier invité, j’ai eu l’opportunité d’exposer une vision qui souligne l’impact multidimensionnel de la diaspora sur le football national, en m’appuyant sur l’exemple de figures emblématiques telles que Nasser Larguet et Walid Regragui, et en proposant l’émergence d’un pôle d’excellence sportive au sein des antennes de l’UM6P en France et au Canada.
Les débats animés et les ateliers pratiques durant ce sommet ont mis en lumière la nécessité de repenser le développement du football marocain dans une optique de coopération internationale et de valorisation des compétences acquises à l’étranger. En effet, la diaspora marocaine, forte de plus de 5 millions d’âmes, représente une ressource stratégique dont l’expérience et le savoir-faire peuvent significativement contribuer à la structuration et à la modernisation du football au Maroc. Cette contribution, exemplifiée par des personnalités telles que Nasser Larguet – né au Maroc mais ayant forgé son expertise en France – démontre que la mobilité des compétences peut jouer un rôle crucial dans le renforcement des filières de formation et dans la mise en place d’institutions modernes. En structurant l’Académie Mohammed VI dès sa création suite à la vision royale, Nasser Larguet a su allier tradition et innovation, en développant des infrastructures de pointe (terrain certifié par la FIFA, centres d’entraînement multidisciplinaires et dispositifs médicaux avancés) qui répondent aux standards internationaux tout en s’inscrivant dans une dynamique nationale de redynamisation du football.
Walid Regragui représente un autre modèle de réussite de la diaspora. Ancien joueur et entraîneur ayant évolué en Europe, il incarne l’esprit du retour aux sources et l’engagement pour un projet collectif. Sa décision de revenir au Maroc pour prendre en main des clubs prestigieux tels que le FUS de Rabat et le Wydad Casablanca, avant de rejoindre la sélection nationale, symbolise un choix stratégique et passionné qui remet en question les clichés habituels sur la mobilité des talents. Regragui est perçu comme un véritable ambassadeur de la diaspora, capable de traduire les acquis de l’expérience internationale en stratégies gagnantes pour le sport national.
Le football étant souvent considéré comme la locomotive du secteur sportif, il est essentiel de ne pas réduire l’investissement aux seules pratiques footballistiques. Au sein du sommet, j’ai ainsi ouvert la discussion sur la nécessité de créer un pôle d’excellence du sport au sein des antennes de l’UM6P en France et au Canada. L’objectif serait de former des professionnels dans divers métiers liés au sport, notamment dans la santé, la formation et la gestion, afin de permettre à la diaspora marocaine de se doter des compétences indispensables pour s’intégrer efficacement dans le marché de l’emploi au Maroc. Une telle initiative s’inscrirait dans une logique de transfert de compétences et permettrait de capitaliser sur l’expertise acquise à l’étranger pour soutenir le développement des infrastructures sportives et éducatives nationales.
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Le concept de pôle d’excellence a plusieurs dimensions. D’une part, il s’agirait de créer des partenariats solides entre les universités, les clubs et les institutions sportives européennes et nord-américaines. Ces partenariats favoriseraient l’échange de connaissances et de technologies, faciliteraient la mobilité académique et professionnelle, et contribueraient à la structuration d’un écosystème sportif intégré, alliant recherche, formation et pratique sportive. D’autre part, cette initiative permettrait de créer des circuits de recrutement et de valorisation des talents, en mettant en place des passerelles entre la diaspora et le marché de l’emploi marocain dans le domaine du sport. Cela favoriserait une meilleure insertion professionnelle des diplômés et des experts, tout en renforçant la compétitivité des institutions sportives locales.
La réflexion qui a émergé lors du sommet va bien au-delà du football. Elle évoque un nouveau paradigme pour le sport marocain dans son ensemble. Historiquement, le Maroc a connu des succès remarquables dans plusieurs disciplines, de l’athlétisme aux sports de combat, en passant par l’équitation et la natation. L’exemple de l’athlétisme, autrefois considéré comme l’élite du sport national, rappelle que le Maroc possède un potentiel inexploité dans d’autres domaines qui pourraient contribuer à des performances significatives aux Jeux Olympiques. En effet, les statistiques récentes montrent une augmentation de 15 % de la participation aux sports de combat dans la région de Rabat depuis 2023, signe d’une diversification des pratiques sportives et d’un engouement renouvelé pour des disciplines historiquement ancrées dans la culture marocaine.
De plus, le développement de l’équitation, sport intimement lié à l’histoire et à l’identité du Royaume, pourrait bénéficier d’un nouvel élan grâce à des partenariats internationaux, notamment avec des institutions basées en Europe et en Amérique du Nord. Ces collaborations permettront de moderniser les infrastructures, d’introduire des méthodes d’entraînement innovantes et de promouvoir des compétitions internationales qui positionneraient le Maroc comme une référence dans ce domaine. La valorisation des sports de combat et de la natation, quant à eux, repose sur la mise en place de centres d’entraînement spécialisés et sur l’adaptation de programmes de formation intégrés, qui combinent l’expertise technique, l’accompagnement médical et le suivi psychologique. Cette approche pluridisciplinaire pourrait permettre au Maroc de renouer avec ses performances passées et de réaliser d’importantes avancées aux prochaines olympiades.
Un autre enjeu majeur souligné durant le sommet concerne l’inclusion et la valorisation du potentiel féminin dans le sport. Les femmes marocaines, tant sur le territoire national qu’au sein de la diaspora, apportent une contribution indéniable à la performance sportive globale. Malgré quelques disparités historiques, des initiatives récentes témoignent d’une volonté de réduire cet écart et d’offrir à chacune des conditions d’épanouissement équitables dans un secteur en pleine mutation. L’exemple de l’équipe féminine de football, qui a réalisé un parcours historique lors du Mondial féminin en 2023, incarne cette dynamique émergente et envoie un message fort sur l’importance de l’investissement dans le sport féminin à tous les niveaux, de la formation de base à l’encadrement professionnel.
La réflexion sur l’intégration de la diaspora dans le développement du sport national ne saurait être complète sans évoquer la dimension économique et sociale. Le sport apparaît aujourd’hui comme un levier puissant de développement économique et d’inclusion sociale. La diaspora, par ses investissements et par le transfert de compétences, peut jouer un rôle déterminant dans la modernisation des infrastructures sportives, dans l’organisation d’événements internationaux et dans la promotion d’une image positive du Maroc sur la scène mondiale. Cet investissement symbolique se traduit non seulement par des retombées économiques directes, mais également par une revalorisation de l’image du pays à l’international, une stratégie particulièrement efficace dans le cadre d’une diplomatie sportive qui vise à renforcer les liens culturels et commerciaux avec les pays européens et nord-américains.

Il apparaît donc impératif de concevoir des politiques publiques qui encouragent les synergies entre la diaspora et les acteurs locaux. Ces politiques doivent viser à créer des réseaux d’excellence, à favoriser les partenariats public-privé, et à soutenir financièrement des projets de développement dans le secteur sportif. Dans cette optique, la création d’un pôle d’excellence au sein de l’UM6P, avec des antennes en France et au Canada, s’inscrit dans une logique globale de capitalisation des acquis. Un tel projet permettrait de développer un vivier de talents capable de répondre aux besoins croissants du marché de l’emploi dans le sport, tout en offrant une formation de haut niveau dans des domaines aussi variés que la santé, la préparation physique, le management sportif ou encore la recherche en sciences du sport.
L’expérience du World Football Summit à Rabat met en exergue une vision d’avenir ambitieuse pour le Maroc. La convergence entre les savoir-faire acquis à l’étranger et les ambitions nationales ouvre des perspectives inédites pour la structuration d’un sport moderne, inclusif et performant. Il s’agit de voir dans la diaspora non pas une menace ou une fuite des cerveaux, mais bien une formidable opportunité de développement, un accélérateur de transformation qui peut contribuer à l’émergence du Maroc sur la scène sportive internationale.
Le rôle de la diaspora se trouve ainsi central dans la nouvelle dynamique du sport marocain. Les exemples de Nasser Larguet et de Walid Regragui illustrent comment l’expertise et la passion peuvent être mobilisées pour créer des structures pérennes et innovantes. De la mise en place d’infrastructures de formation de haut niveau à la création de partenariats transnationaux, chaque action entreprise dans cette direction renforce la position du Maroc comme un acteur incontournable dans le monde du sport. En définitive, la valorisation de la diaspora offre une double perspective : d’une part, elle permet de redynamiser le football, qui demeure une locomotive, et d’autre part, elle ouvre la voie à une diversification des disciplines sportives, permettant au Royaume d’exploiter pleinement son potentiel dans des sports variés – des sports de combat à l’athlétisme, en passant par l’équitation et la natation.
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Ce processus de modernisation et de démocratisation du sport national passe également par une révision des modes de financement et de gestion des clubs et des institutions sportives. Un meilleur dialogue entre les acteurs publics et privés, favorisé par l’expertise de la diaspora, pourrait permettre une allocation plus efficace des ressources et la mise en place de projets structurants capables de générer des retombées économiques et sociales durables. Les expériences menées en Europe et en Amérique du Nord offrent des modèles à suivre en termes de gouvernance, de transparence et d’efficience dans la gestion des organisations sportives. L’UM6P, en tant que lieu d’innovation et de savoir, est idéalement placée pour devenir le cœur de cette transformation, en stimulant la recherche, l’enseignement et la formation des futurs professionnels du sport.
Les partenariats internationaux, l’investissement dans la formation de haut niveau et la redéfinition des politiques publiques en faveur du sport figurent parmi les leviers les plus prometteurs pour faire émerger un modèle de développement durable et inclusif, dans lequel la diaspora ne serait plus perçue comme une fuite des cerveaux, mais comme une valeur ajoutée essentielle pour l’avenir du Royaume.
L’enjeu majeur pour les années à venir réside dans l’articulation entre les compétences acquises à l’étranger et les besoins spécifiques du marché national, afin de créer une dynamique pérenne et structurante. Il est aujourd’hui nécessaire d’investir dans la formation des professionnels du sport, de soutenir la recherche et de renforcer les partenariats transnationaux afin que le Maroc puisse pleinement tirer profit des potentialités offertes par sa diaspora, et ainsi, inscrire durablement son nom parmi les nations leaders du sport mondial.
