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Décès du poète Mohamed Aniba Al Hamri: la poésie marocaine perd une de ses grandes voix
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Le poète Mohamed Aniba Al Hamri est décédé ce mercredi 25 décembre 2024, dans une clinique de Casablanca, après une longue lutte contre la maladie, à l’âge de 78 ans.
L’auteur de « L’amour, la farce des siècles« , son premier recueil, n’est plus. À la parution de ce recueil EN 1968, le maître des lettres marocaines, Abdeljebbar Shimi, écrivit que ce titre antiphrase annonçait un véritable poète. Et en effet, cette voix discrète a produit une œuvre originale qui continuera de résonner dans le cœur des lecteurs, porteur d’une voix qui a su conjuguer tradition et modernité, mélancolie et lumière, et qui a marqué l’histoire littéraire du Maroc.
Un parcours d’érudition et d’engagement
Né à Casablanca en 1946, Mohamed Aniba Al Hamri a poursuivi ses études secondaires au Lycée Moulay Idriss Al-Azhar, avant d’obtenir sa licence en lettres en 1969. Il a ensuite obtenu le certificat d’aptitude pédagogique à l’École Normale Supérieure de Rabat, ainsi qu’un diplôme d’études approfondies en décembre 1976. Il a travaillé dans le secteur de l’éducation nationale jusqu’à sa retraite, contribuant à l’éducation et à la transmission du savoir.
Héritage littéraire et reconnaissance culturelle
Le poète a été largement salué par les écrivains et intellectuels marocains, et son œuvre a marqué l’histoire littéraire du pays. L’écrivain et romancier Ahmed Mediani a exprimé sa tristesse sur sa page Facebook, rendant hommage à son ami : « Adieu à notre ami et collègue à la Faculté des lettres de Fès dans les années 1960, le poète Mohamed Aniba Al Hamri, l’un des grands hommes de ‘Zarh Al-Mahraz’, un groupe d’écrivains ancrés et novateurs de la littérature moderne au Maroc. Aïneba était le premier poète à s’exprimer librement parmi nous, les pionniers de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc. Aujourd’hui, un poète, un symbole et un être humain d’une génération irremplaçable nous quitte, comme si nous étions tous partis avec lui. »
Contributions littéraires marquantes
Mohamed Aniba Al Hamri a rejoint l’Union des écrivains du Maroc en 1970, et il est considéré comme l’un des poètes les plus importants de la poésie marocaine contemporaine. Ses œuvres majeures incluent « L’Amour, la Farce des Siècles » (1968), « Le Désir de Naviguer » (1973), « Épitaphe pour les Crucifiés » (1977), « La Maladie des Amants » (1987), « Frissons du Lieu » (1996), « Le Goût de ce Blanc » (2000). Sa dernière collection poétique, intitulée « Célébration de la Chanson Poétique » (2020), témoigne de son engagement artistique.
Il a également publié des écrits sur la poésie et la littérature, dont « Dans le rythme poétique : une étude de la prosodie » (2002). Mohamed Aniba Al Hamri reste une figure incontournable de la poésie moderne marocaine, et son œuvre continuera de marquer la scène littéraire marocaine et arabe pour les années à venir.
Poèmes extraits des œuvres poétiques publiées aux éditions Le Fennec:
Ombre
A peine te voit-elle
Tu la vois à peine,
Elle n’est là
Que grâce à tes pas,
Tu te plies
Elle se plie,
Tu t’inclines
Elle s’incline,
Tu te tournes
Pour la contempler
Elle décline,
Tu t’orientes vers le miroir
Pour la regarder
Elle s’abrite dans les reflets,
Quand ton corps
Est sous le soleil
Elle s’évanouit,
Désormais
Sans ombre
Tu es.
Ramier
Dites à l’éperdu
Qu’embrase le roucoulement
De la colombe
Les pleurs se savourent
Comme palpitent les douleurs,
Quand l’amour point
Tous les humbles aimants
Sculptent leur tourment
Sur une toile
Où les arcs sont le diadème
Des cœurs,
L’éploré déverse sa tristesse
Sur le fleuve
De ses entrailles elle s’épand
Comme une Senteur.
Ondoiement
Anxieuses sont les vagues
De ce midi,
Elles cherchent
Etrangement abri
Au sein du sable
Comme pour s’évanouir
Et s’incarnent
Au gré des eaux
Linceul de terre,
Elles désertent le bleuté
Pour élire la poussière
Les rochers rugueux
S’attendrissent pour les accueillir
Dans leurs saillies
Où elles se baignent
En quête de répit.
