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Nadia Fettah à l’AFIS 2025: «L’Afrique veut prendre en main son destin économique»
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La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a adressé ce lundi, en ouverture de la 5e édition de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS 2025) à Casablanca, une allocution où elle a appelé à une nouvelle étape dans la construction d’une souveraineté financière africaine.
Devant plus de 1.200 dirigeants venus de 40 pays pour la 5e édition de l’AFIS, et la seconde organisée consécutivement dans la capitale économique marocaine, la ministre de l’Economie et des Finances Nadia Fettah a salué la dynamique d’une Afrique «plus forte, plus structurée et plus unie».
Selon elle, le continent entre dans une phase de confirmation. «Nous écrivons ensemble une nouvelle page de notre destin commun, celle d’une Afrique souveraine, confiante et capable de mobiliser son propre capital», a-t-elle déclaré. Et de renchérir: «L’Afrique ne veut pas s’isoler, elle ne cherche pas non plus à ériger des murs, mais ce que l’Afrique veut, c’est de prendre en main son destin économique.»
La ministre a rappelé que cette ambition s’inscrit dans la vision panafricaine du roi Mohammed VI, pour qui le financement du développement africain doit reposer sur une action collective, associant pleinement les pays du continent à la réforme de l’architecture financière internationale.
Croissance solide, défis persistants
Fettah a également indiqué que malgré les crises mondiales, la croissance africaine devrait se maintenir autour de 4% en 2025. Une croissance, dira-t-elle, portée par des fondamentaux plus solides que sont la discipline budgétaire, l’essor du numérique et la montée en puissance des services financiers. Dans ce contexte, a-t-elle précisé, le Maroc devrait enregistrer une croissance de 4,8% en 2025 et de 4,6% en 2026, avec une inflation contenue à 1%.
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Mais au-delà de la performance macroéconomique, l’enjeu reste la transformation de cette croissance en autonomie et solidarité régionales. «L’Afrique épargne plus de 500 milliards de dollars par an, mais une faible part seulement est investie sur le continent. Nous disposons du capital, mais il ne circule pas suffisamment», a déploré la ministre.

Elle a ainsi plaidé pour une meilleure mobilisation de l’épargne et des ressources financières locales à travers des instruments adaptés, tels que le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) ou l’African Exchange Linkage Project, déjà opérationnels dans plusieurs pays.
AFIS 2025: le pari d’une finance africaine intégrée
La ministre de l’Economie et des Finances a par ailleurs identifié trois leviers essentiels pour renforcer la souveraineté financière: la confiance, l’interopérabilité des systèmes financiers et l’audace d’innover avec des outils conçus pour l’Afrique. «La souveraineté financière, ce n’est pas se renfermer, mais se coordonner pour exister à armes égales», a-t-elle martelé.
Et d’appeler à la mise en place d’un agenda collectif africain articulé autour de trois priorités: la mobilisation de l’épargne domestique vers l’investissement productif, l’intégration des marchés financiers et la durabilité, en lien avec la transition écologique et sociale.
«L’Afrique n’a pas besoin d’être sauvée. Elle doit simplement mobiliser sa propre force», a conclu Nadia Fettah, reprenant les mots du roi Mohammed VI tenus en 2014 en Côte d’Ivoire: «l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique».
