AFIS 2025: Casablanca consolide son statut de hub financier africain

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lancement AFIS 2025
Les intervants lors de la conférence de presse de lancement de la 2e édition du sommet AFIS, le 2 septembre 2025 au siège d ela Bourse de Casablanca. ©DR

La Bourse de Casablanca a accueilli, ce mardi, la conférence de presse de lancement de la 5ᵉ édition de l’African Financial Summit (AFIS), la 2ème d’affilé pour le Maroc, prévue les 3 et 4 novembre prochain. Ce rendez-vous, désormais inscrit dans le calendrier panafricain des acteurs économiques et financiers, ambitionne de consolider la place du Maroc comme locomotive continentale, à travers une mobilisation multisectorielle et une gouvernance ouverte.

Inaugurant les prises de parole, Mohammed Tarik Bchir, directeur du Trésor et des Finances extérieures, a situé Casablanca comme «un carrefour de la finance africaine et un hub de compétences». Il a expliqué que l’édition 2025 s’inscrit dans la continuité du succès de l’édition précédente, qui avait mobilisé plus de 1.000 participants. Un succès qui, selon lui, « réaffirme le rôle de locomotive du Maroc dans le développement économique du continent ».

Bchir a également mis en exergue la robustesse du système bancaire national, les 40 millions de dollars mobilisés dans le cadre de projets structurants, et la performance de la Bourse de Casablanca, désormais 2e place financière africaine, avec une capitalisation ayant franchi le cap des 1.000 milliards de dirhams. « Le ministère de l’Economie et des Finances est pleinement mobilisé », a-t-il affirmé, évoquant la volonté de faire de l’AFIS une tribune phare de co-construction.

AFIS : une plateforme de gouvernance économique

Olivier Noel, secrétaire général de l’AFIS, est pour sa part revenu sur la genèse du sommet, né en 2021 dans une logique de décloisonnement sectoriel. «Le but est de réunir les acteurs dans un même cadre pour initier le dialogue», a-t-il dit, avant de détailler la double articulation du dispositif : un rendez-vous annuel et un panel de discussion permanent, conçu comme une forme de gouvernance pour identifier les sujets clés.

Situant l’impact de l’AFIS, Noel a cité l’action entreprise en Éthiopie et l’invitation de l’Angola pour cette édition. Parmi les thématiques structurantes qui seront débattues, il a énuméré les grands projets d’infrastructure, la tendance au désengagement des grands groupes internationaux, et la mobilisation de l’épargne publique dans une logique de souveraineté financière. «L’AFIS est une plateforme où les parties publiques et privées d’un même compartiment économique se rencontrent.».

Hôte de la cérémonie, Tarik Senhaji, directeur général de la Bourse de Casablanca, a expliqué les raisons du soutien de son institution à cette édition. « On connaît l’expérience du groupe Jeune Afrique dans la mobilisation sur des sujets pertinent s», a-t-il déclaré, en référence à l’Africa CEO Forum. Saluant la contribution du Groupe SFI et l’implication stratégique du MEF, il a souligné que « cet événement permettra réellement de braquer les projecteurs sur l’importance des marchés de capitaux dans le développement économique ».

Partenariat historique et enjeux de financement

David Tinel, représentant de la Société financière internationale (SFI), a rappelé que «le Maroc est un partenaire de longue date de la SFI et de la Banque mondiale», avec une collaboration remontant à plus de 60 ans. Le thème principal de cette édition, «Comment catalyser le capital africain vers un avenir durable», s’articulera autour de quatre axes, dont le financement des PME et la réduction de la fracture dans le secteur agricole, qui emploie près de 80 % de la main-d’œuvre du continent.

Lire aussi : Economie marocaine: une reprise portée par l’agriculture et les services

A son tour, Mehdi Tazi, vice-président général de la Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM) et CEO de Cover Edge, a livré une perspective du secteur privé marocain. «Lorsqu’un système financier est développé, la collecte de l’épargne devient plus importante, et cela bénéficie, in fine,  aux entreprises dans leur besoin de financement», a-t-il affirmé. Et d’évoquer l’impact des innovations technologiques – IA, expérience utilisateur, analyse des risques – et des innovations non technologiques, qui permettent de rattraper les retards observés dans de nombreux pays.

La réassurance, levier de résilience continentale

Ouafae Mriouah, directrice générale d’Atlantic Re, a quant à elle souligné que «si l’AFIS revient à Casablanca, c’est parce que notre pays confirme sa place pour être un hub financier». Elle a rappelé que le continent africain, le plus dynamique, fait face à des besoins de financement estimés à plus de 100 milliards de dollars par an, freinés par un déficit structurel.

La réassurance est un instrument stratégique de résilience, a-t-elle poursuivi, détaillant ses quatre missions : stabilité financière, protection du patrimoine étatique, renforcement des capacités de financement de l’économie et réduction de la dépendance extérieure. «L’Afrique doit renforcer sa capacité», a-t-elle insisté, appelant à inverser la tendance actuelle où deux tiers des capacités d’assurance sont encore hors du continent.

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