Après sept années consécutives de déficit hydrique, le Maroc doit revoir en profondeur sa politique…
Agriculture : le Maroc vise une croissance record de 15% en 2026
Publié le
Le retournement est spectaculaire. Après plusieurs années marquées par la sécheresse, l’agriculture marocaine pourrait signer un rebond historique en 2026, portée par le retour des pluies et l’amélioration des conditions de culture.
Le gouvernement marocain anticipe une progression exceptionnelle de l’agriculture cette année. Portée par le retour des pluies et l’amélioration des indicateurs de culture, cette dynamique pourrait marquer un tournant après plusieurs années de stress hydrique.
Une croissance annoncée comme « historique »
Pour le Maroc, les perspectives de l’année 2026 concernant l’agriculture sont inédites. Le gouvernement table sur une croissance record d’environ 15%. Lors d’une sortie officielle ces récents jours, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a qualifié cette projection de «croissance historique», soulignant que les récentes précipitations ont profondément modifié la trajectoire de la campagne 2025‑2026.
Après plusieurs saisons marquées par la pénurie d’eau, les pluies devraient soutenir les céréales, les cultures de base et l’élevage, renforçant ainsi la contribution du secteur à la croissance économique et à la sécurité alimentaire du pays.
Des régions clés relancées
Même son de cloche de son collaborateur, Ahmed El Bouari, le ministre de l’Agriculture, qui assure que la majorité des zones agricoles ont bénéficié de précipitations significatives, notamment le nord, le Saïss, l’Ouest, la Chaouia et la Doukkala. Ces régions, essentielles pour les grandes cultures et les systèmes mixtes associant cultures et élevage, voient leurs perspectives s’améliorer. Le ministère décrit la campagne comme « prometteuse », avec un potentiel de valeur ajoutée proche des niveaux atteints à la fin du Plan Maroc Vert.
Agriculture: des points de vigilances
La vigilance reste toutefois de mise, car malgré cet optimisme, plusieurs facteurs demeurent déterminants. La répartition des pluies en fin de cycle, l’état des pâturages, l’évolution des températures printanières et la capacité du secteur à transformer ces conditions favorables en volumes commercialisables restent des variables décisives. Là-dessus, le gouvernement rappelle que l’amélioration climatique doit être accompagnée d’une gestion efficace pour éviter que les gains potentiels ne soient dilués.
Lire aussi: Eau et agriculture : Nizar Baraka alerte sur les risques pour la sécurité alimentaire
Une dynamique qui dépasse le secteur agricole
Cette embellie intervient dans un contexte de reprise économique plus large. L’agriculture, pilier stratégique de l’économie marocaine, pourrait jouer un rôle moteur en renforçant la croissance et en améliorant la sécurité alimentaire.
Le pays s’inscrit ainsi dans une trajectoire de croissance continue, avec l’agriculture comme levier central pour réduire la dépendance aux importations.
Lire aussi: Grâce aux fortes pluies, les réserves d’eau des barrages au Maroc franchissent les 70 %
Des incertitudes à surveiller
Malgré cet optimisme, plusieurs facteurs restent déterminants. La répartition des pluies en fin de saison, l’état des pâturages, l’évolution des températures et la capacité à transformer cette amélioration en production réelle restent des enjeux majeurs.
Le gouvernement insiste sur la nécessité d’une gestion efficace pour consolider ces gains et éviter leur dilution.
Une année charnière
Si la tendance se confirme, 2026 pourrait marquer une véritable rupture après plusieurs campagnes difficiles.
Entre promesse de croissance record et vigilance face aux aléas climatiques, le Maroc joue une carte stratégique pour son avenir économique et alimentaire.
