Agro Export Day: Mezzour sonne la fin du vrac, place à la marque Maroc

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Agro Export Day Prime de marque
Ryad Mezzour lors de son intervention, Casablanca 19 novembre, ©NGY

Ryad Mezzour a appelé, mercredi à l’occasion de la 1ère édition d’Agro Export Day, les exportateurs de l’agroalimentaire marocains à s’arroger la prime de marque, gage de compétitivité et de qualité.

Réunissant à Casablanca les industriels marocains du secteur de l’agroalimentaire, ainsi que plusieurs délégations venues d’Afrique subsaharienne, d’Europe ou encore d’Asie, la 1ère édition d’Agro Export Day a placé au cœur des débats la valorisation de la qualité marocaine sur les marchés internationaux. L’objectif de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI), organisatrice de l’événement, est de poser un jalon vers l’ambition de transformer la puissance agroalimentaire du Royaume en une marque mondiale, capable de conquérir de nouveaux marchés et de sécuriser ses exportations.

Ouvrant le bal des allocutions de ce baptême de feu de l’Agro Export Day, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a insisté sur l’importance de franchir une nouvelle étape dans la stratégie exportatrice. «Terminé le vrac, terminée la commodité. Entrons dans des produits à valeur ajoutée, qui ont une valeur de marque», a-t-il martelé.

Pour lui, l’avenir de l’agroalimentaire marocain repose sur la capacité à capter la «prime de marque», bien plus rémunératrice que la simple prime de production ou d’innovation. Il a ainsi cité l’exemple de produits aussi basiques que l’eau, dont la valeur varie du simple au centuple selon le nom inscrit sur l’étiquette.

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Le ministre a rappelé que le Maroc exporte déjà vers 153 pays, un exploit pour un pays aux ressources hydriques et foncières limitées. Mais il a insisté sur la nécessité de conquérir de nouveaux marchés en misant sur la différenciation et la valorisation. «Notre enjeu, notre bataille, c’est de créer plus d’emplois et de l’emploi de meilleure qualité dans notre pays», a-t-il affirmé, soulignant que seule la marque permettra au Maroc de réaliser le «décollage inclusif» voulu par le Roi.

Agro Export Day, symbole de coopération

Le président de la FENAGRI, Abdelmoumen El Euj, a replacé, à son tour, l’événement dans une perspective stratégique. «Le secteur agroalimentaire marocain, par son poids économique, son ancrage territorial et son potentiel d’innovation, constitue un levier essentiel de croissance durable», a-t-il déclaré d’emblée.

Agro export day

Il a ensuite salué l’annonce récente du lancement du label « Made in Morocco », qui ouvre une nouvelle ère pour l’économie nationale. Et de préciser que «dans le domaine agroalimentaire, ce label représente une formidable opportunité de valoriser nos produits, de renforcer leur visibilité sur les marchés internationaux et d’en faire de véritables ambassadeurs de l’identité marocaine».

Abdelmoumen El Euj a également insisté sur la dimension africaine de cette ambition: «Le Made in Morocco doit devenir un label de coopération et de solidarité africaine, un symbole de partenariat et d’alliance entre les pays du continent.» Pour le président de la FENAGRI, l’export agroalimentaire ne doit pas seulement être une vitrine de qualité, mais aussi un vecteur de coopération régionale et de montée en compétences partagées.

Sécuriser les exportations par l’assurance‑crédit

Le directeur général de la Société marocaine d’assurance à l’exportation (SMAEX), Hicham Zaki, a mis en avant le rôle structurant de l’assurance‑crédit dans la sécurisation des exportations. «L’exportation constitue, plus que jamais, notre arme la plus efficace dans un environnement mondial marqué par la volatilité, la fragmentation géopolitique et les concurrences actuelles», a-t-il affirmé.

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«Lorsque certains assureurs crédits ont refermé leurs parapluies, la SMAEX, elle, est restée debout, fidèle à sa mission», a-t-il souligné, ajoutant que l’assurance‑crédit et la maîtrise du risque export ne sont plus de simples outils, mais des leviers structurants de compétitivité, notamment pour les PME.

La Bourse, tremplin vers la surperformance

Clôturant les allocutions, Zineb Guennouni, directrice exécutive de la Bourse de Casablanca, a articulé son message sur le rôle central du marché financier dans l’accompagnement des entreprises agroalimentaires. Elle a fait savoir que dix entreprises du secteur sont aujourd’hui cotées, représentant une capitalisation de 45 milliards de dirhams et un chiffre d’affaires consolidé proche de 27 milliards, dont plus d’un tiers à l’export. Ces entreprises ont investi plus de 3,6 milliards de dirhams dans l’innovation et affichent une croissance moyenne de 285% depuis leur introduction en Bourse.

Elle a alors encouragé les acteurs à franchir le pas: «Osez la Bourse. Pas seulement pour lever des fonds, mais pour transformer votre entreprise.» En effet, a-t-elle dvéloppé, la cotation est synonyme de gouvernance renforcée, de transparence et de visibilité internationale. «La Bourse de Casablanca, c’est ce qui transforme une entreprise performante en championne nationale, puis en acteur régional, et parfois en marque mondiale», a-t-elle conclu.

Au‑delà des discours, Agro Export Day a posé les bases d’une stratégie collective: sécuriser les exportations, conquérir de nouveaux marchés, et faire du label « Made in Morocco » un symbole de qualité et de coopération régionale.

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