Une convention pour l’accompagnement de la filière automobile au Maroc a été signée entre Société…
Exclusif. Rachid Machou (AMICA): «Le repli du secteur automobile est conjoncturel, non structurel»
Publié le
Alors que les chiffres du secteur automobile marocain montrent une légère contraction des exportations sur les six premiers mois de l’année 2025, l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (AMICA) tempère les inquiétudes.
Dans un entretien inédit avec H24Info, en marge de la sortie du 2000e Mobilize Duo à l’usine Renault de Tanger, Rachid Machou s’est voulu rassurant et optimiste. D’emblée, le président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (AMICA) n’a pas occulté la réalité sur la baisse dans le secteur automobile.
Il a toutefois souligné que le fléchissement observé dans le segment de la construction est un effet d’entrainement. «Le marché européen est en baisse, et comme l’Europe constitue notre principal débouché, nous enregistrons mécaniquement une baisse sur les exportations de voitures», a-t-il indiqué.
Toutefois, le segment des composants automobiles, qui représente 50% du secteur, affiche pour sa part une progression. «Le segment des pièces expédiées vers les constructeurs, qu’ils soient installés au Maroc ou ailleurs, connaît une légère augmentation», a nuancé Machou.
Par ailleurs, le président de l’AMICA a mis en avant les nouvelles implantations et extensions de capacités industrielles en cours, «ce qui permet d’amortir le recul conjoncturel». Entre progression et contraction observées sur les deux segments, Rachid Machou table sur un repli global estimé à 5%, mais insiste sur le caractère cyclique et temporaire du phénomène.
Rachid Machou: « Il ne faut pas s’alarmer »
En ce qui concerne la baisse au niveau du segment construction, le président d’AMICA s’est montré rassurant. «Ce n’est pas dramatique. 2024 était une année exceptionnelle, comme l’avait été 2019 auparavant. Ce sont des cycles: après une poussée, une légère baisse est normale.»
Il a en outre indiqué que la tiédeur constatée sur ce segment résulte des mutations technologiques majeures auxquels le secteur automobile dans son ensemble fait face. Et de citer, à ce titre, l’arrivée progressive des véhicules électriques et des normes environnementales renforcées.
A cela s’ajoute une régulation qui, d’après lui, impose un quota de production pour les véhicules thermiques, dans la perspective de limitation de l’empreinte carbone. «Cela entraîne une réduction volontaire des volumes thermiques, mais ce n’est qu’une phase transitoire. Le secteur continue de créer des emplois et d’attirer de nouveaux opérateurs.»
Malgré la conjoncture, le secteur automobile prépare sa transition
Parlant du virage 100% électrique qui se profile sur le marché d’exportation phare, à savoir l’Europe, l’AMICA ne panique pas non plus. Aux dires de son président, face à la montée de l’électromobilité sur le Vieux continent, le Maroc affine sa stratégie, avec des programmes de formation adaptés, et un potentiel humain maintenu et consolidé.
Pour en attester, Rachi Machou a affirmé avec insistance: «Nous continuons à attirer de nouveaux investisseurs, à étendre les activités existantes, et à renforcer nos capacités sur les deux fronts, thermique et électrique». De plus, «le thermique n’est pas mort, on continuera à en produire encore pour un bon moment».
Abordant le sujet des batteries électriques, Machou a confirmé qu’un écosystème dédié est en cours de lancement, avec de premières installations en phase de structuration. «C’est un axe stratégique pour l’évolution technologique. Le Maroc se positionne comme une plateforme d’avenir», a-t-il conclu.
Entre ajustements conjoncturels et anticipation technologique, l’industrie automobile marocaine confirme sa résilience. Si le segment construction accuse une baisse, les composants gagnent en volume, les implantations se multiplient, et l’écosystème électrique prend forme. À travers les mutations du marché, le secteur garde le cap: emploi, investissement et attractivité.
