Le restaurant Quick promet à ses clients un Ramadan passionnant, plusieurs dispositifs ont été mis en…
CDN 3.0: sortie du charbon, renouvelables, sécurité hydrique… Ce que prévoit la nouvelle feuille de route climatique du Maroc
Publié le
Le Maroc a récemment publié sa troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), actualisant ses engagements climatiques à l’horizon 2035, avec en ligne de mire la poursuite de la stratégie bas carbone, tout en introduisant des jalons inédits tels qu’une date de sortie du charbon et un objectif de triplement des capacités renouvelables.
Pour la première fois, le Maroc annonce une date conditionnelle de sortie du charbon dans la production électrique: 2040. Cette échéance, alignée sur les standards internationaux, positionne le Royaume parmi les pays en développement les plus ambitieux sur ce volet. L’engagement inclut l’arrêt anticipé des centrales et la gestion des contrats en cours, sous réserve d’un appui international. Un engagement inconditionnel d’élimination progressive est également affirmé pour les années 2040, traduisant une volonté politique de transformation profonde du mix énergétique.
La CDN 3.0 prévoit également de tripler les capacités installées en énergies renouvelables, passant d’environ 5 GW à plus de 15 GW d’ici 2030. Ce bond repose sur le Plan d’équipement 2025-2035 de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), qui vise déjà 56% de part des renouvelables dans le mix électrique dès 2027.
L’objectif de 52% fixé dans la précédente CDN est donc dépassé, même si la version actuelle continue d’y faire référence. Cette ambition implique une accélération des autorisations pour les projets solaires et éoliens, une mobilisation accrue du secteur privé, et une attention renforcée aux garanties socio-environnementales. La production décentralisée, encore marginale dans la CDN, pourrait jouer un rôle plus important dans les prochaines années.
Lire aussi. Climat: encore des projets de centrales à charbon dans 34 pays, dont le Maroc
Pour accompagner l’essor des renouvelables, le Maroc prévoit des investissements massifs dans les infrastructures électriques: la modernisation du réseau est estimée à 3 milliards de dollars entre 2025 et 2030, le pays vise 1.500 MW de stockage par batteries d’ici 2026, un projet de pompage-turbinage de 350 MW d’ici 2029, ainsi qu’une ligne à courant continu haute tension reliant le Sud au centre pour valoriser le potentiel solaire et éolien du Sahara. Le renforcement des interconnexions régionales, notamment avec la Mauritanie et l’Europe, est également inscrit dans la feuille de route.
CDN 3.0: mobilité durable et sécurité hydrique au rendez-vous
Au-delà du secteur électrique, la CDN 3.0 intègre un programme de mobilité durable incluant le développement de la ligne à grande vitesse (LGV), des systèmes de trains métropolitains régionaux (RER), des extensions de tramway, des normes CO₂, des mécanismes de bonus-malus et des incitations à l’électrification des deux-roues. Elle présente aussi un plan national de réduction du méthane, avec des trajectoires de baisse allant jusqu’à 56,8% d’ici 2050, et une feuille de route biomasse-énergie.
Climat: les Marocains s’inquiètent, mais n’agissent pas (rapport)
Face à la sécheresse historique de 2019-2023, le Maroc place la sécurité hydrique au cœur de sa stratégie d’adaptation. La CDN prévoit 80 objectifs sectoriels et 107 projets d’adaptation, dont 61 inconditionnels. Le dessalement est identifié comme pilier stratégique, avec une flotte de grandes usines à déployer d’ici 2035 dans plusieurs régions du Royaume. Ces installations devront être alimentées par des énergies renouvelables pour éviter le recours aux combustibles fossiles, et la gestion de la saumure devra respecter des normes environnementales strictes.
Le coût total de mise en œuvre de la CDN 3.0 est estimé à 96 milliards de dollars, dont 60 milliards pour l’atténuation (électricité, transport, industrie) et 36 milliards pour l’adaptation (principalement l’eau). L’approche marocaine distingue clairement les actions inconditionnelles — jugées vitales — des actions conditionnelles, dépendantes du soutien international et de l’investissement privé. En matière d’adaptation, 93 % des besoins de financement sont considérés comme inconditionnels, traduisant une volonté d’agir sans attendre la matérialisation des promesses du Nord global.
Enfin, le Maroc intègre pour la première fois ses engagements climatiques dans la Programmation budgétaire triennale 2026-2028, une démarche rare qui renforce la crédibilité de sa trajectoire.
Il est clair que la CDN 3.0 ne se contente pas d’énoncer des objectifs: elle articule une vision cohérente, multisectorielle et budgétairement alignée, qui positionne le Royaume comme un acteur régional structurant de la transition climatique.
