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Financement, accompagnement, digitalisation : la Charte des TPE veut changer la donne
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Donner aux micros et petites entreprises (TPE) les moyens de sortir de la fragilité chronique et de devenir des acteurs à part entière du développement national. C’est l’ambition affichée par la Charte des TPE signée par plusieurs institutions.
Etat, banques et acteurs privés ont scellé jeudi à Rabat une texte fondateur pour dynamiser les micro et petites entreprises marocaines dans leur impact au développement économique et territorial du pays.
En effet, désigné comme la «Charte relative au financement et à l’accompagnement des TPE», cette initiative se veut une réponse concrète aux orientations royales données par le Roi dans ses messages officiels de juillet et octobre dernier où il appelait à «passer des canevas classiques du développement social à une approche en termes de développement territorial intégré», exhortant le secteur bancaire à «un engagement plus ferme, à une implication positive plus vigoureuse dans la dynamique de développement que connaît notre pays».
C’est donc fort de ces directives que le ministère de l’Économie et des Finances, de l’Investissement, Bank Al-Maghrib (BAM), Tamwilcom, Maroc PME, le Groupement des professionnels de la banque au Maroc, la Fédération nationale des associations de micro-crédits (FNAM), la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), et la Fondation marocaine pour l’éducation financière, ont uni leurs signatures mieux servir les TPE, qui pèsent pour près de 94 % du tissu productif national. Aussi, cette charte viendra-t-elle, d’après les signataires, compléter la Charte de l’investissement et la Stratégie nationale d’inclusion financière, en ciblant directement les TPE, souvent fragiles mais essentielles à l’emploi et au dynamisme territorial.
Des mesures concrètes pour lever les entraves
Mais que dit concrètement le document de 6 pages, constitué de 21 articles répartis en 5 chapitres ? Après avoir évoqué le contexte des directives royales et la fragilité des entreprises ciblées, les signataires indique dans le préambule de ladite charte, leur ferme ambition à «pour contribuer davantage à promouvoir un écosystème favorable au développement du tissu des TPE». Ils précisent dans le même temps que la charte vient en prolongement au programme Intelaka, mis en place en 2020.
Ainsi, il s’agira par cette charte de «renforcer l’inclusion financière des TPE en améliorant leur accès au financement bancaire et leur accompagnement pour favoriser la réalisation de leurs projets durant tout leur cycle de vie». En termes de ciblage, le texte est assez explicite et englobant, définissant la TPE comme «toute entreprise, personne physique ou morale, qui exerce dans tous secteurs sans restriction, et dont le chiffre d’affaires annuel, hors taxes, est inférieur ou égal à 10 millions de dirhams». Epine dorsale de cette initiative, le financement ainsi que l’accompagnement des TPE y sont clairement décrits.
Charte des TPE: le financement, épine dorsale
Ainsi, le financement est naturellement laissé aux soins des banques et des institutions de micro-finance (IMF). Ces dernières s’enganent à le faire sous trois aspects majeurs. Le premier étant de Déployer une offre de crédit adaptée aux TPE, couvrant leurs besoins de fonctionnement et d’investissement.
Le second aspect inclut de simplifier et de digitaliser l’ensemble du parcours de financement. Et enfin, «mettre en place avec les parties prenantes concernées une offre assurancielle spécifique».
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Toujours dans le cadre du financement, il est prévu une offre de garantie, assurée par Tamwilcom, et un système de scoring qui sera conjointement défini par l’ensemble des partie. Parallèlement à cela, les banques et les IMF sont appelées à «mettre à niveau leurs dispositifs de notation interne, tout en prenant en considération les scores de ce système et en exploitant des solutions d’intelligence artificielle, afin de mieux évaluer le risque TPE».
L’accompagnement, un point clé
En ce qui concerne l’accompagnement, la charte prévoit un dispositif national dédié répartissant les rôles des diverses parties engagées. Les banques et les institutions de microfinance vont suivre les TPE «de la phase de pré-création à celle de post-création, dans le but d’améliorer leur bancabilité». La CGEM promet d’intégrer dans ses appels d’offres des clauses favorisant l’accès des TPE aux marchés et de leur offrir des délais de paiement réduits. Elle annonce aussi des formations «techniques, managériales et numériques» couvrant toutes les régions du Royaume. Maroc PME, pour sa part, finalisera une offre d’accompagnement incluant les TPE dans ses programmes d’appui.
Toujours dans le sens de l’accompagnement, Bank Al-Maghrib s’engage à «offrir aux TPE des services d’information économique et financière, à les orienter vers les interlocuteurs les mieux à même de répondre à leurs besoins spécifiques et à faciliter le traitement de leurs réclamations».
Quant à la FMEF, elle renforcera ses programmes et mettra à disposition «son kit pédagogique dédié à ce segment», ainsi que des outils d’évaluation et de suivi. Le MICEPP n’est pas exclu de ces engagements. Le ministère de Karim Zidane promet de faire bénéficier principalement la cible du dispositif de la Charte d’investissement dédié aux TPME, et de tout autre mécanisme dont disposerait l’une des parties Toutefois, le MICEPP précise qu’il le fera à travers les Centres régionaux d’investissements (CRI)
Suivi et entrée en vigueur
Outre ces deux points clés, que sont le financement et l’accompagnement, la Charte apporte des précisions sur le dispositif de communication, les procédures la formation, le Comité TPE et le reporting. Il faut retenir, sur ces différents points, qu’il sera organisé des campagnes de communication coordonnées et des tournées régionales de sensibilisation pour établir un dialogue régulier avec les TPE.
Quant au Comité TPE évoqué ci-dessus, il sera placé sous la supervision de Bank Al-Maghrib, et sera sera chargé d’examiner la mise en œuvre des mesures, de formuler des recommandations et de produire un rapport annuel. Par ailleurs, une plateforme digitale permettra aux parties d’échanger sur l’état d’avancement et les difficultés rencontrées.Pour ce qui est de l’entrée en vigueur de cette Charte de la TPE, elle sera effective à compter du 1er janvier 2026.
C’est en un mot, l’accès au financement des TPE et leur accompagnement qui est en passe d’être transformés en profondeur, grâce aux outils que les parties entendent déployer. Le défi est désormais de traduire ces engagements en résultats tangibles, pour que les petites structures cessent d’être le maillon faible et deviennent le moteur d’une croissance inclusive.
