Coupe du monde 2030: Lekjaa appelle la CGEM à prendre ses responsabilités

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Fozi Lekjaa a entretenu Chakib Alj et ses pairs et répondu aux nombreuses questions, Casablanca 22 janvier

La Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM) a tenu, mercredi 22 janvier, une rencontre avec le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa. Au centre des échanges, l’implication et l’engagement du patronat dans l’organisation des compétitions sportives à venir, notamment la Coupe du monde 2030. 

Fouzi Lekjaa trouve inconcevable que le patronat marocain se mette en retrait de l’organisation de la Coupe du monde de football 2030 et de toutes les autres compétitions sportives qui se dérouleront au Maroc. C’est l’un des points majeurs qui ressort de la rencontre tenue mercredi 22 janvier entre le ministre délégué chargé du Budget et la Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM).

Au siège du patronat, à Casablanca, Lekjaa a présenté aux patrons les projets structurants que le Maroc doit réaliser pour accueillir avec succès les différentes compétitions footballistiques, dont la première commence cette année même: la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025). «Il serait dommage que la réalisation des grands projets qu’exigent les cahiers des charges liés à ces compétitions échappe aux entreprises marocaines pour profiter à des entreprises chinoises, turques, etc.», a-t-il plaidé.

Le ministre a exhorté le patronat à soutenir les entreprises qui opèrent dans ce secteur, afin de renforcer leur compétitivité dans les différents appels à projets qui seront lancés, rappelant que ces cahiers des charges s’articulent autour de trois projets majeurs.

Le premier consiste en la mise à niveau et la construction des infrastructures sportives, notamment les stades. Le second projet concerne la ligne à grande vitesse (LGV) entre Tanger et Agadir. Soulignant que le financement de ce projet est complètement bouclé, le ministre a indiqué que l’ONCF a mis les bouchées doubles dans ce sens. Quant au troisième segment, il «cible l’extension des aéroports et la construction d’un hub aéroportuaire à Casablanca», a fait savoir le ministre.

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En réponse à l’appel de Lekjaa qui «compte mettre la CGEM au cœur du comité d’organisation de ces tournois de football qui prendront fin en 2031, avec l’organisation de la Coupe du monde féminine», le patronat a montré une disposition favorable. «Le secteur privé a bien conscience de l’opportunité que l’organisation de la Coupe du monde représente mais aussi des défis à relever d’ici là. Vous pouvez compter sur les entreprises marocaines. Elles seront au rendez-vous!», a assuré Chakib Alj, président de la CGEM.

Les finances publiques au crible

Cette rencontre a aussi servi de cadre au représentant du gouvernement pour revenir sur le coût financier de la politique sociale du gouvernement. Entre, d’un côté, la couverture sociale via l’AMO et l’aide directe au logement, et de l’autre, le soutien au volet éducatif, la compensation pour le transport et l’électricité, ainsi que l’augmentation des salaires, Fouzi Lekjaa a chiffré le coût à plus de 100 milliards de dirhams (MMDH), à l’exception de l’aide relative à la farine et au butane.

Dans le détail, l’AMO et l’aide directe sont passées de 15,8 MMDH en 2021 à 32,7 MMDH en 2024. Le budget de l’éducation a évolué de 58,9 MMDH à 86,4 MMDH, soit une hausse de 45%. Les volets de soutien au transport et à l’électricité ont pesé 13 MMDH contre 8,3 MMDH en 2021. S’y ajoute le coût du dialogue social qui a été évalué par le ministre à 45,7 MMDH.

Lekjaa a toutefois indiqué que cet engagement social du gouvernement n’a pas réussi à suffisamment contenir l’inflation, avec comme conséquence immédiate la dégradation du pouvoir d’achat des ménages. Il a cependant mis en relief les efforts du gouvernement qui ont permis au Maroc de ne pas sombrer dans des niveaux d’inflation excessifs.

Avant de clore, le ministre a partagé son avis sur  ce qu’il a appelé « l’inefficacité » de la politique de compensation. «La compensation ne sert pas à grand-chose, le ciblage n’est pas atteint», a-t-il martelé, estimant qu’il est temps d’ouvrir la réflexion et de conjuguer sensibilité sociale et réalité économique.

Bien d’autres sujets tels que le soutien à la TPME, l’assiette fiscale et l’amnistie fiscale ont été également abordés lors de la rencontre. Sur ce dernier point, Fouzi Lekjaa a laissé entrevoir la possible relance de cette opération compte tenu du grand engouement qu’elle a connu.

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