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Adoption des crypto-actifs: le Maroc 58e mondial et 5e en Afrique (rapport)
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Classé 58e mondial dans le World Crypto Rankings 2025, le Maroc voit l’usage des crypto‑actifs progresser, malgré un cadre légal encore flou en attendant la régulation promise par Bank Al‑Maghrib.
Le Maroc continue de se frayer une place sur la carte mondiale des crypto‑actifs. Selon le dernier classement World Crypto Rankings 2025, publié par la plateforme Bybit, le Royaume se hisse à la 58ᵉ position mondiale en matière d’adoption. Il se classe également 9e au niveau de la région MENA et 5 au niveau du continent africain, derrière le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Egypte.
Plus en détails, le Maroc occupe une position intermédiaire, avec un usage transactionnel soutenu (24ᵉ mondial) et des volumes élevés de valeur reçue via les plateformes d’échange centralisées (23ᵉ), note Bybit. La détention de cryptoactifs y est également relativement importante (24ᵉ), mais la clarté réglementaire demeure faible (72ᵉ), ce qui limite la préparation institutionnelle du pays, à la 77ᵉ place.
Ce classement illustre une double réalité : d’un côté, une dynamique d’usage et un intérêt populaire indéniables, notamment auprès de la jeunesse; de l’autre, les freins persistants d’un écosystème qui opère toujours, paradoxalement, sous le rappel officiel de l’interdiction des cryptomonnaies depuis 2017.
Le rapport souligne que les économies avancées, dotées de cadres réglementaires solides et d’une intégration institutionnelle poussée, dominent largement le classement. Le Maroc, à l’instar de nombreux marchés émergents, se distingue par une adoption principalement portée par les usages individuels — transferts de fonds, couverture contre l’inflation, spéculation — plutôt que par un encadrement bancaire ou réglementaire structuré.
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L’engouement pour les crypto-actifs s’explique par la recherche croissante d’alternatives d’investissement, la facilité d’accès aux plateformes internationales et l’appétence des nouvelles générations pour les actifs numériques. Cette situation a longtemps placé l’écosystème dans un no man’s land juridique, rendant les utilisateurs vulnérables et exposant le pays aux risques de blanchiment d’argent et de non‑conformité aux standards internationaux.
Crypto-actifs, un cadre légal en préparation
En collaboration avec l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), Bank Al‑Maghrib (BAM) travaille activement sur un projet de loi visant à encadrer le secteur. L’objectif étant de protéger les consommateurs face à la volatilité des crypto‑actifs et de mettre en place un dispositif robuste de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), afin d’aligner le Maroc sur les exigences du GAFI.
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L’édition 2025 du World Crypto Rankings envoie un message clair aux régulateurs: il est indispensable de transformer un usage informel mais massif en un levier d’innovation financière capable d’attirer l’investissement institutionnel et étranger.
Le potentiel du Maroc pour les années à venir est jugé important. Les observateurs s’accordent à dire que les marchés émergents comme le Royaume sont les plus susceptibles de progresser rapidement dès qu’un environnement réglementaire fiable et protecteur sera établi.
Les tendances observées dans d’autres indices internationaux, où le Maroc figure déjà parmi les pays africains les plus avancés en matière d’adoption des crypto‑actifs, confirment cette dynamique. La normalisation progressive du secteur est enclenchée, et la finalisation du cadre légal constituera l’acte fondateur permettant de transformer cet usage diffus en un véritable atout pour l’économie numérique nationale.
