Cryptomonnaies: le Maroc dans la cour des grands (rapport)

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Cryptomonnaies Maroc
Au Maroc, l'interdiction de la cryptomonnaie, a conduit à l'un des taux d'adoption parmi les plus élevés en Afrique

La plateforme spécialisée sur les cryptomonnaies Chainalysis a récemment publié sa monographie annuelle, décrivant une activité en hausse sur le plan mondial et tout aussi dense au Maroc qui consolide son rang.

Le rapport 2025 de Chainalysis sur la géographie des cryptomonnaies confirme que le Maroc figure parmi les pays actifs de la région MENA en matière d’adoption. Classé 24e au niveau mondial, le Royaume se positionne devant des marchés comme le Kenya (25e), l’Égypte (26e) ou encore l’Afrique du Sud (28e), et juste derrière des puissances émergentes comme le Brésil (5e) ou le Nigeria (6e).

Cette présence dans le top 25 mondial atteste d’une dynamique réelle, bien que moins spectaculaire que celle de la Turquie ou des Émirats arabes unis.

Dans le détail, le Maroc est classé 20e pour la valeur reçue par les services centralisés de détail, 23e pour la valeur globale reçue par les services centralisés, 25e pour la valeur reçue via les protocoles DeFi, et 28e pour les flux institutionnels.

Ces indicateurs traduisent une adoption équilibrée, portée à la fois par les usages individuels (épargne, transferts, paiements) et par des flux plus structurés.

Le rapport ne détaille pas les cas d’usage marocains comme il le fait pour Israël ou la Turquie, mais son inclusion dans les graphiques et l’index mondial confirme que le Royaume est suivi, mesuré et intégré dans les trajectoires régionales.

Cryptomonnaies: un classement dominé par l’Asie et l’Amérique latine

La région MENA dans son ensemble a enregistré une croissance de 33 % sur la période de juillet 2024 à juin 2025, avec un pic de 60 milliards USD en décembre 2024. Le Maroc y figure aux côtés de la Turquie, des Émirats, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, d’Israël et de la Jordanie.

Cette dynamique régionale est marquée par des usages variés : spéculation en Turquie, refuge financier en Israël, innovation réglementaire aux Émirats et résilience sous sanctions en Iran. Le Maroc, bien que moins exposé médiatiquement, s’inscrit dans une logique d’adoption durable, notamment avec un projet de règlementation des usages jusque-là officiellement interdit.

Le rapport de Chainalysis établit un index global d’adoption des cryptomonnaies, fondé sur cinq indicateurs: la valeur reçue par les services centralisés, la valeur reçue par les services DeFi, les flux institutionnels, les flux retail, et l’usage des plateformes centralisées. Le classement reflète une domination des pays asiatiques et latino-américains en tête, avec une forte présence des économies émergentes.

Lire aussi. Cryptomonnaies: démantèlement d’un réseau d’escroquerie à Tétouan et Béni Mellal

Le classement mondial 2025 de Chainalysis sur l’adoption des cryptomonnaies place en tête des pays comme l’Inde, les États-Unis, le Pakistan, le Vietnam et le Brésil, qui occupent les cinq premières positions grâce à la combinaison d’usages institutionnels, de flux retail et d’activité sur les plateformes DeFi.

Le Nigeria se classe sixième, suivi par l’Indonésie, l’Ukraine, les Philippines et la Russie. Le Royaume-Uni arrive en 11e position, devant l’Éthiopie, le Bangladesh et la Turquie, qui confirme sa dynamique régionale malgré une contraction du segment retail. La Corée du Sud, le Yémen, la Thaïlande, le Venezuela, le Japon et l’Argentine complètent le Top 20.

Méthodologie robuste et des indicateurs croisés

Ce classement illustre la diversité des motivations d’adoption : recherche de rendement, protection contre l’inflation, inclusion financière, innovation technologique ou contournement des restrictions bancaires. L’Inde, en tête du classement, combine tous les indicateurs à des niveaux élevés, tandis que des pays comme le Nigeria ou le Pakistan affichent des usages massifs malgré des cadres réglementaires encore flous.

Le Maroc, en 24e position, se situe dans une zone intermédiaire: ni pionnier technologique, ni marché spéculatif, mais acteur sérieux et en progression. Sa trajectoire dépendra des choix réglementaires à venir, notamment ceux de Bank Al-Maghrib et de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), qui travaillent depuis 2022 sur un cadre légal pour les actifs numériques.

Devenu une référence mondiale, le rapport de Chainalysis repose sur une méthodologie combinant données on-chain, analyse des flux par taille de transaction, typologie des services utilisés (centralisés, décentralisés, institutionnels, retail) et segmentation géographique. Il distingue les usages par catégories: transferts individuels, investissements institutionnels, paiements marchands, trading spéculatif et arbitrage monétaire.

En définitive, la présence du Maroc dans ce rapport, nonobstant le cadre encore restrictif, laisse augurer des perspectives optimistes pour l’avenir des cryptomonnaies. À l’heure où ces dernières deviennent un vecteur d’inclusion, de résilience et de projection stratégique, le Royaume dispose d’une base solide pour réussir ce pari.

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