Maroc: la dette extérieure sous contrôle, mais le service s’alourdit (BM)

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dette extérieure Maroc
La dette extérieure du Maroc s’est établie à 67,9 milliards de dollars en 2024, selon le dernier Rapport sur la dette internationale de la Banque mondiale. © DR

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, bien que la dette extérieure du Maroc soit contenue, son remboursement devient un fardeau grandissant. L’institution met en garde contre une dépendance aux marchés internationaux et des coûts d’emprunt qui fragilisent la trajectoire budgétaire du Royaume.

En 2024, la dette extérieure du Maroc s’est établie à 67,9 milliards de dollars, selon le dernier Rapport sur la dette internationale de la Banque mondiale, paru la semaine dernière. Ce montant représente 45% du revenu national brut et près de 99% des exportations du Royaume. Après une hausse en 2023 (69,6 milliards), le stock s’est légèrement replié, confirmant une tendance à la stabilisation.

A l’analyse de la section du rapport consacrée au Maroc, la structure de cette dette révèle une dépendance marquée aux institutions multilatérales, qui détiennent près de la moitié des engagements (49%). Parmi ces institutons, la Banque mondiale concentre à elle seule plus de 10 milliards de dollars.

Les marchés obligataires internationaux occupent également une place importante (29%), avec notamment l’émission de 2 milliards de dollars par l’OCP en mai 2024 pour financer des projets verts. Les créanciers bilatéraux, principalement européens et asiatiques, représentent 15% du total, tandis que les banques commerciales et autres investisseurs privés pèsent 7% du stock.

Dette extérieure : entre flux modeste et charge croissante 

Si le stock de dette reste contenu, le service de la dette pèse de plus en plus lourd. En 2024, il a absorbé 13% des recettes d’exportation et 6% du revenu national brut. Les paiements d’intérêts à long terme ont atteint pratiquement 1,8 milliard de dollars, en hausse constante depuis trois ans, tandis que les remboursements du principal ont bondi à 5,2 milliards de dollars, contre 3,6 milliards de dollars en 2023.

Cette dynamique traduit une contrainte budgétaire croissante: une part significative des revenus extérieurs est consacrée au remboursement de la dette, réduisant la marge de manœuvre pour financer des politiques sociales ou des investissements structurants.

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Le rapport souligne également que les flux nets de dette vers le Maroc sont restés modestes en 2024 (+206 millions de dollars), alors que les flux nets en equity ont atteint 1,1 milliard de dollars. Les investisseurs semblent ainsi privilégier les placements en capital plutôt qu’en dette, signe d’une prudence accrue face au risque d’endettement.

Cette situation illustre les remarques des analystes de la Banque mondiale: «Les conditions de financement mondiales s’améliorent, mais les pays en développement ne doivent pas s’y tromper: ils ne sont pas hors de danger. Leur dette continue de s’accumuler, parfois sous des formes nouvelles et pernicieuses.» Pour le Maroc, la dépendance aux marchés obligataires, avec des taux d’intérêt élevés (jusqu’à 7,5% pour l’OCP), confirme cette vulnérabilité.

Une stratégie de diversification, mais à surveiller

Par ailleurs, le recours accru aux financements multilatéraux et aux marchés internationaux traduit une volonté de diversifier les sources de financement et de réduire la dépendance aux créanciers bilatéraux. Mais cette stratégie expose le Maroc à des coûts plus élevés et à une volatilité accrue des marchés.

Investissement Bourse

Comme le souligne la Banque mondiale, «les responsables publics devraient profiter de la marge de manœuvre dont ils disposent aujourd’hui pour remettre de l’ordre dans leurs finances publiques, au lieu de précipiter leur retour sur les marchés d’emprunt internationaux». Pour le Maroc, l’enjeu est clair: maintenir un équilibre entre discipline budgétaire, recours raisonné aux financements extérieurs et développement de ses propres marchés domestiques.

En clair, bien qu’elle soit sous contrôle en volume, la dette extérieure du Maroc s’est caractérisée en 2024 par un service qui devient de plus en plus contraignant. Dans un environnement mondial marqué par des remboursements record et des taux d’intérêt élevés, la vigilance reste de mise. Quitte aux dirigeants et décideurs de transformer cette stabilisation en véritable stratégie de soutenabilité, afin que la dette demeure un levier de développement et non un fardeau pour les finances publiques.

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