Ryad Mezzour: « Au Maroc, une énergie renouvelable abondante, mais un réseau de transport à la traîne »

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Ryad Mezzour IMD
Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce, lors de son speech à la 7è édition d'Industry meeting days

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce a déploré ce lundi le non-alignement du réseau national de transport énergétique face à une énergie renouvelable abondante et bon marché.

Intervenant à l’ouverture de la 7ème édition des Industry Meeting Days, ouverte ce lundi à Casablanca, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a pointé le risque d’un blocage énergétique, malgré l’atout renouvelable marocain.

S’exprimant devant un parterre d’industriels, il a tenu à rappeler que le Maroc dispose aujourd’hui d’un accès rare à une énergie renouvelable « abondante et bon marché ». Mais, a-t-il nuancé, « le transport de cette énergie devient le principal verrou à lever ».

Ryad Mezzour a décrit un contexte mondial bousculé par les transformations climatiques et technologiques, avant d’exposer une lecture pragmatique. Selon lui, le Maroc n’a jamais été aussi bien positionné pour accélérer sa transition industrielle. Pour cela, il peut compter sur des facteurs clefs comme la vision royale, la vigueur des jeunes talents et la disponibilité d’une énergie verte compétitive.

Toutefois, cette équation reste incomplète, à en croire le ministre. « Ce n’est pas la production énergétique qui freine l’industrie, c’est la capacité à la transporter là où les usines s’implantent », a-t-il expliqué. Transformateurs, câblages, infrastructures de distribution, tous peinent en effet à suivre le rythme des projets industriels. Ce décalage, selon lui, pourrait compromettre l’atteinte de certains seuils de développement pourtant à portée.

Le casse-tête du transport de l’énergie renouvelable

Mezzour a également balayé les classiques « trois F » – financement, formation, foncier – qu’il juge désormais bien couverts par les politiques publiques. « Ne me parlez plus des trois F. Parlez-moi du E. Énergie. » Et d’ajouter que sans un plan massif d’investissement dans le réseau électrique, notamment en partenariat public-privé autour de l’ONEE et des SRM, les ambitions du Maroc pourraient buter sur un obstacle logistique.

Lire aussi : Autoproduction d’énergie électrique, la réglementation presque finalisée

Le signal lancé est clair : alors que le Royaume célèbre la production annuelle d’un million de véhicules et l’entrée dans la chaîne de valeur des batteries électriques, c’est sur le transport de l’énergie que se joue désormais la compétitivité.

L’industrie automobile et aéronautique devrait tripler et quadrupler ses volumes à horizon 2030. Mais sans une distribution énergétique adaptée, cette montée en gamme pourrait se heurter à ses limites physiques, a déploré le ministre.

Il faut rappeler que cette 7ème édition des Industry Meeting Days, qui se déroule lundi et mardi, a pour thème principal les zones industrielles durables.

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