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Engrais marocains : les agriculteurs américains réclament la fin des taxes
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Aux États-Unis, plus de 60 organisations agricoles demandent la suppression des taxes sur les engrais marocains, jugées pénalisantes.
Plus de 60 organisations agricoles aux États-Unis ont adressé une lettre au secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, pour demander la suppression des droits de douane appliqués aux importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc.
En effet, plus de 50 groupes agricoles d’États et huit organisations nationales ont ainsi exhorté le ministère du Commerce à révoquer ces droits compensateurs, alors que leur réexamen arrive à échéance.
Parmi les signataires figurent notamment la National Corn Growers Association, l’American Soybean Association, la National Association of Wheat Growers, USA Rice et l’US Rice Producers Association.
Des taxes jugées néfastes pour les agriculteurs
Dans leur courrier, les organisations alertent sur les effets économiques négatifs de ces mesures. « Le maintien des taxes sur les engrais phosphatés permettra à un petit nombre de puissantes entreprises de continuer à restreindre l’approvisionnement des agriculteurs », indique la lettre.
« Cela a déjà empêché les agriculteurs d’accéder aux outils nécessaires à leurs cultures, entraînant une baisse des rendements et des répercussions économiques négatives », poursuivent les agriculteurs.
Un intrant clé pour l’agriculture américaine
Les engrais phosphatés constituent un élément essentiel de la production agricole moderne, notamment pour des cultures stratégiques comme le maïs, le soja ou encore le coton.
Les agriculteurs américains en dépendent fortement pour maintenir leurs rendements et rester compétitifs sur les marchés nationaux et internationaux, dans un contexte où la sécurité alimentaire et la vitalité des économies rurales sont en jeu.
Une décision controversée depuis 2020
En 2020, le département du Commerce américain avait instauré ces droits de douane à la suite d’une plainte déposée par l’entreprise Mosaic, soutenue par JR Simplot.
Ces sociétés accusaient des producteurs étrangers, notamment marocains et russes, de bénéficier de subventions et de vendre leurs produits à des prix anormalement bas sur le marché américain.
Aujourd’hui, ces mesures font l’objet d’un réexamen qui déterminera leur maintien ou leur suppression.
Des conséquences directes sur les prix et l’approvisionnement
Selon les organisations agricoles, ces droits de douane ont déjà perturbé le marché. Certaines entreprises marocaines ont réduit ou interrompu leurs exportations vers les États-Unis, entraînant des pénuries et une hausse significative des prix.
La situation s’est encore aggravée récemment, notamment sous l’effet des tensions internationales, dont le conflit au Moyen-Orient.
Une pression croissante sur les coûts de production
« Ces taxes ont accentué les difficultés rencontrées par les agriculteurs, déjà confrontés à la volatilité des marchés des matières premières, aux aléas climatiques et à la hausse des coûts dans presque tous les aspects de leur exploitation, et ont contribué à la crise d’accessibilité financière qui sévit aujourd’hui », souligne la lettre.
En 2025, les engrais représentaient jusqu’à 40 % des coûts d’exploitation pour certains producteurs, rendant toute hausse particulièrement pénalisante pour la rentabilité et la viabilité des exploitations agricoles, selon la presse locale.
Un appel aux autorités américaines
Face à cette situation, les organisations agricoles espèrent que le Département du Commerce et la Commission du commerce international prendront en compte leurs préoccupations lors du réexamen en cours.
Elles indiquent également avoir interpellé les dirigeants de Mosaic et de JR Simplot, sans obtenir de réponse à ce stade. Pour les agriculteurs, l’enjeu est clair : garantir un accès équitable et abordable aux engrais, condition indispensable pour préserver la production agricole et la stabilité des marchés.
