Engrais: le prix des intrants s’envolent, le Maroc épargné

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Photo d'illustration. ©DR.

Fitch Ratings alerte sur une hausse des intrants azotés liée aux tensions géopolitiques au Moyen‑Orient, tandis que le Maroc reste épargné grâce à la stabilité des engrais phosphatés.

Dans une récente alerte, l’agence de notation Fitch Ratings a revu à la hausse ses hypothèses de prix concernant le marché des engrais. En cause: la guerre au Moyen‑Orient et les perturbations des circuits mondiaux d’approvisionnement en matières premières essentielles.

L’ammoniac et l’urée, intrants majeurs de l’industrie des engrais, devraient voir leur prix d’achat augmenter, a récemment indiqué Fitch Ratings dans une « Fitch Wire ». Une prévision haussière qui s’explique naturellement par la fermeture actuelle du détroit d’Ormuz.

Anticipant les effets temporaires ou de long terme des perturbations maritimes actuelles, conséquence directe de la guerre déclenchée le 28 février dernier par Israël et les États‑Unis contre l’Iran, Fitch Ratings a relevé les prix moyens annuels des engrais. Les plus exposés à cette hausse sont les engrais azotés.

Selon Fitch, cette prévision haussière trouve son sens dans le fait qu’environ un tiers des exportations mondiales de pétrole transitent par le détroit d’Ormuz, impraticable pour les navires depuis le début de la guerre. Or, la production des intrants précités reste dépendante du gaz naturel, et est donc directement impactée par le choc énergétique actuel.

Engrais: les intrants azotés sous pression

De manière chiffrée, Fitch estime que le prix de l’ammoniac devrait passer de 300 à 375 dollars la tonne ($/T), prix FOB Moyen‑Orient pour 2026. L’urée atteindrait 420 $/T, soit une hausse de plus de 23 %, puisque les projections antérieures la fixaient à 340 $/T.

Lire aussi. OCP: les États-Unis lancent une révision des taxes imposées aux engrais marocains depuis 2021

Toutefois, la correction devrait épargner les engrais phosphatés dont les prix devraient rester inchangés selon l’agence de notation. En effet, le prix de la roche phosphatée devrait se maintenir à 150 $/T en 2026, en prix FOB Maroc. Cet intrant concerne particulièrement le Maroc. Cette stabilité sur la roche phosphatée s’explique par le fait que les principaux pays fournisseurs, à savoir le Maroc, la Jordanie et la Syrie, disposent d’une ouverture maritime sur la Méditerranée et la mer Rouge.

Phosphates et potasse: stabilité relative

Concernant le marché du phosphate di-ammonique (DAP), la tension devrait prévaloir à cause de la pénurie de soufre qui sévit à l’international et des restrictions sur les exportations chinoises. Ainsi, le DAP devrait se situer à 650 $/T.

Fitch a conclu ses ajustements avec la potasse, dont les prix devraient passer de 260 à 280 $/T en 2026 (FOB Vancouver). L’agence a toutefois précisé que cette pression haussière sur les prix des engrais devrait s’inverser dans les années à venir (2027‑2028).

En définitive, cette stabilité des engrais phosphatés confère au Maroc un avantage compétitif sur un marché mondial sous tension. Mais jusqu’où cette résilience peut‑elle renforcer l’attractivité des intrants marocains et ouvrir de nouvelles opportunités commerciales pour ses producteurs ? La question reste posée.

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