Le ministère de l'Economie et des Finances (MEF) a publié ce vendredi la situation des…
Finances publiques: le déficit budgétaire recule de 22% au premier semestre
Publié le
La Situation des charges et ressources du trésor (SCRT) des six premiers mois de l’année, publiée par le ministère de l’Economie et des finances (MEF) fait état d’une amélioration du déficit budgétaire.
A fin juin 2026, le déficit budgétaire du Maroc s’est situé à 24 milliards de dirhams (MMDH) , contre 30,8 MMDH un an auparavant, soit une baisse de 22,3 %. Selon le document émanant du MEF, cette amélioration s’explique par une progression des recettes plus rapide que celle des dépenses.
En effet, sur le plan des recettes, la hausse est notable. Elles atteignent 225,2 MMDH, en augmentation de 15,4 % par rapport à la même période de 2025. Les recettes fiscales, qui représentent la majeure partie, progressent de près de 21 MMDH (+11,8 %). L’impôt sur les sociétés affiche une dynamique particulièrement forte (+26,2 %), portée par la hausse des acomptes et des régularisations. L’impôt sur le revenu progresse légèrement (+1,9 %), mais hors effet exceptionnel de 2025, la hausse réelle avoisine +13,8 %.
Quant à la taxe sur la valeur ajoutée, elle enregistre une progression de 5,8 %, tirée par la TVA à l’importation, tandis que les taxes intérieures de consommation augmentent de 6,5 %, notamment sur les produits énergétiques et le tabac. Les droits de douane progressent de 9,3 % et les droits d’enregistrement et de timbre de 14,9 %. Les recettes non fiscales, quant à elles, atteignent 24,9 MMDH (+55,3 %), grâce aux versements des établissements publics et aux mécanismes de financement innovants.
Déficit en repli, service de dette en hausse

Du côté des dépenses, la tendance reste orientée à la hausse mais demeure contenue. Les dépenses globales s’élèvent à MMDH (+10,2 %). Les dépenses ordinaires atteignent 203,9 MMDH (+14,7 %), tirées par les dépenses de personnel (+12,1 %), impactées par les mesures du dialogue social, et par les autres biens et services (+18,9 %), notamment les transferts aux établissements publics à caractère social.
Dans le même temps, les intérêts de la dette augmentent de 16,3 %, avec une hausse plus marquée pour la dette intérieure. Les charges de compensation atteignent 11,4 MMDH (+10 %), en lien avec les aides directes au secteur du transport face à la hausse des carburants. Les dépenses d’investissement s’élèvent à 59,8 MMDH, en progression de 20,2 % par rapport à l’année précédente.
Lire aussi. Finances publiques : le déficit budgétaire s’alourdit de près de 40% en février
En matière de financement, le besoin recule nettement à 23,6 MMDH, contre 46,1 MMDH un an plus tôt. Les mobilisations se répartissent entre 19,1 milliards sur le marché domestique et 22,8 MMDH à l’extérieur, dont 23,7 MMDH levés sur les marchés financiers internationaux.
En définitive, la SCRT de juin 2026 traduit une amélioration sensible des équilibres budgétaires. La bonne campagne agricole et la dynamique des recettes fiscales ont permis de réduire le déficit de plus d’un cinquième, tout en maintenant un effort soutenu d’investissement. Le défi reste désormais de consolider cette trajectoire dans un contexte international marqué par l’instabilité énergétique et géopolitique.
