FMI: le surprenant impact de la guerre au Moyen-Orient sur le Maroc

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Dans un Moyen-Orient meurtri par une guerre aux répercussions mondiales, le Maroc tire son épingle du jeu, analyse le Fonds monétaire international dans son dernier rapport.

Alors que la guerre déclenchée le 28 février dernier par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran plonge de nombreuses économies dans la tourmente, le Maroc fait figure d’exception dans le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié cette semaine. Dans son Regional Economic Outlook consacré au Moyen-Orient et à l’Asie centrale, l’institution de Bretton Woods revoit à la hausse ses prévisions de croissance pour le Royaume, à rebours de la tendance régionale.

Selon les projections du FMI, la croissance marocaine est désormais attendue à 4,9% en 2026, soit une révision positive de 0,7 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2025. Pour 2027, la croissance est estimée à 4,5%, également revue en hausse de 0,5 point. Une performance remarquable dans un contexte où la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAP) affiche une croissance globale en chute libre à seulement 1,4% cette année, en baisse de 2,3 points de pourcentage par rapport au rapport d’octobre 2025.

Un statut d’importateur qui joue en faveur du Royaume

L’explication tient en grande partie à la structure économique du Maroc. Classé parmi les pays importateurs de pétrole, le Royaume échappe aux ravages subis par les exportateurs pétroliers du Golfe, directement exposés aux destructions d’infrastructures énergétiques et à la fermeture du détroit d’Ormuz. Certains d’entre eux voient leur croissance révisée à la baisse de jusqu’à 15 points de pourcentage, avec des contractions du PIB attendues au Bahreïn, en Iran, en Irak, au Koweït et au Qatar.

Pour l’ensemble des pays importateurs de pétrole de la région MENAP, la révision à la baisse n’est que de 0,3 point, un chiffre sans commune mesure avec le choc subi par les économies du Golfe.

Lire aussi. Maroc: une croissance résiliente en 2026 malgré les incertitudes globales (HCP)

Pour autant, le FMI ne dresse pas un tableau entièrement rose pour le Maroc. L’institution pointe une remontée des rendements obligataires souverains depuis le début du conflit, passant d’environ 5,5% à près de 6%. Un resserrement qui, dans un contexte de besoins de financement élevés à l’échelle régionale, mérite attention.

Plus globalement, le rapport avertit que la hausse des prix des matières premières (pétrole, gaz, engrais, aluminium) constitue un risque réel pour les économies importatrices. Pour chaque hausse de 10% du prix du pétrole, le FMI estime en effet qu’un pays importateur moyen de la région subit une perte de 0,5 point de croissance et une hausse d’un point d’inflation.

Appel à la prudence budgétaire et monétaire

Face à ces risques, le FMI recommande aux pays dans la situation du Maroc d’éviter tout assouplissement budgétaire généralisé et de résister à la tentation de réintroduire des subventions énergétiques larges. L’institution préconise plutôt des transferts ciblés et temporaires en direction des ménages les plus vulnérables, tout en maintenant une politique monétaire vigilante face aux pressions inflationnistes importées.

Le Maroc, qui bénéficie par ailleurs d’une Ligne de Crédit Modulable (LCM) du FMI d’environ 4,8 milliards de dollars, dispose selon l’institution d’un filet de sécurité extérieur appréciable pour amortir d’éventuels chocs supplémentaires.

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