Forum de la finance durable: l’eau et la décarbonation au centre de la 2e édition

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Niza Baraka, ministre de l'Equipement et de l'Eau, lors de son intervention, Casablanca 28 janvier

Casablanca a accueilli ce mardi 28 janvier la 2e édition du Forum sur la finance durable. Organisé par le groupe BMCI, cet événement vise à mettre en lumière le rôle crucial de la finance durable à un moment où le Maroc, à l’instar du reste du monde, fait face à l’urgence climatique.

La pertinence du sujet a réuni un ensemble de personnalités de premier plan, dont les ministres Nizar Baraka de l’Équipement et de l’Eau et Ryad Mezzour de l’Industrie et du Commerce. À leurs côtés, des décideurs de la sphère publique et privée, des experts de divers domaines et des invités intéressés par la thématique étaient également présents.

Hicham Seffa, président du directoire de la BMCI, a souligné, lors de son allocution d’ouverture, l’importance de cet événement en réponse à l’appel du roi Mohammed VI pour une prise de conscience collective face à la nécessité de lutter contre les changements climatiques. Il a exposé les objectifs de cette édition: sensibiliser les entreprises à la finance verte, promouvoir la finance durable et positionner sa banque comme un acteur clé dans les enjeux de durabilité au Maroc.

Et de rappeler que «la BMCI, précurseur dans ce domaine, a été la première à lancer en 2022 un produit de financement indexé sur les critères de durabilité. Plus récemment cette année, elle a mis en place un dispositif de financement vert pour les micro-entreprises.»

Une plateforme essentielle

A son tour, Nizar Baraka a indiqué que ce forum intervient dans un contexte de changements climatiques et sociaux alarmants. Rappelant les défis liés à l’eau, il a souligné que le Roi a mis en exergue l’urgence de garantir l’accès à l’eau à 100% sur tout le territoire, et à 80% pour l’irrigation. Pour atteindre cette ambition, le ministre a énuméré les cinq axes majeurs sur lesquels son département travaille: les autoroutes de l’eau, le développement des ressources non conventionnelles, la réutilisation des eaux usées, l’adduction de la demande en eau, l’efficacité hydrique, la préservation des nappes phréatiques et la sensibilisation du public.

Compte tenu de l’aspect capitalistique des projets impliqués dans ces axes, Baraka a souligné le rôle déterminant du secteur financier, et notamment des banques, dans les partenariats public-privé (PPP) à travers lesquels la plupart des projets seront réalisés. «Ce forum constitue une plateforme essentielle pour mutualiser nos efforts», a-t-il conclu.

3 orientations phares

«La finance durable a longtemps été une chimère avec une enveloppe illusoire de 100 milliards de dollars annoncée de COP en COP pour financer la transformation de l’économie des pays en développement», a déclaré Ryad Mezzour lors de son intervention, avant de se réjouir du verdissement croissant de l’activité de financement elle-même.

Soulignant que cette dynamique est avantageuse pour le Maroc, compte tenu de son potentiel en énergies renouvelables, le ministre de l’Industrie a rappelé les orientations qui définissent la politique industrielle du Royaume: l’urgence de conduire un développement durable et inclusif, la nécessité de contrer toute forme de nouvelle pollution et l’acceptation d’une certaine catégorie d’industries sous réserve qu’elles respectent des conditions restrictives, comme c’est le cas des gigafactories en construction.

Lever les obstacles

Pour sa part, Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a souligné que lui et ses pairs ont rapidement inscrit «les enjeux des transitions énergétiques et numériques ainsi que l’inclusion économique des femmes» parmi leurs priorités. Il a rappelé les différents outils de soutien et de financement mis à la disposition des investisseurs, tels que le Fonds Mohammed VI et la nouvelle charte d’investissement.

Tous ces outils intègrent des critères de durabilité, a précisé le patron des patrons, affirmant que pour que les entreprises adoptent des technologies propres et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, il est nécessaire de les accompagner dans la mobilisation de financements.

«Un autre levier serait de lever rapidement les obstacles techniques ou réglementaires qui freinent le développement de l’auto-production et l’accès aux énergies renouvelables. Enfin, il est difficile d’atteindre notre potentiel de croissance économique sans impliquer pleinement la moitié de la population», a-t-il ajouté.

Le partenaire idéal

Clôturant cette série d’allocutions, Annie Pointet, directrice de l’Engagement de BNP Paribas, dont la BMCI est une filiale, a déclaré que cet événement s’inscrit dans la vision générale du groupe. «Nous savons qu’on ne peut pas gagner dans un monde qui perd et que la croissance doit être responsable et juste», a-t-elle expliqué.

La responsable s’est également réjouie que la filiale marocaine de son groupe adhère fermement à ces principes, comme en témoigne sa présence dans l’indice MASI ESG, qui regroupe les 20 sociétés les mieux cotées à la Bourse de Casablanca.

Après avoir mentionné les projets phares sur lesquels son institution se positionne actuellement au Maroc, elle a conclu en ces termes: «Le Maroc, par ses ambitions, son potentiel en énergie renouvelable, son vivier d’entreprises et de talents, et son écosystème à impact, est pour nous un partenaire de choix, un partenaire naturel pour une transition juste, conciliant développement économique, durabilité et progrès social».

Cette phase inaugurale a cédé la place à la signature par la BMCI de deux conventions, dont l’une avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et l’autre avec Ecovadis.

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