Les premières investigations topographiques sur le segment nord du Gazoduc Atlantique Nigeria-Maroc, qui couvre le…
Gazoduc Maroc-Nigéria: avancées, coût, montage financier… Les dernières évolutions du projet (vidéo)
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Le projet du gazoduc Maroc-Nigeria a franchi une nouvelle étape avec la confirmation de sa viabilité technique et économique, l’optimisation de son coût à 20 milliards de dollars et la mise en place d’un montage financier structuré par tronçons, nous explique Mohammed Benzaria, directeur général de l’Onhym Midstream Co (OMCo), dans cette interview.
Le projet de gazoduc Maroc-Nigeria avance comme sur des roulettes, si l’on s’en tient aux explications fournies par Mohammed Benzaria, à la tête de l’OMCo, filiale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) en charge du transport et du stockage du gaz naturel. Dans une interview avec H24Info, ce haut responsable indique que les études d’ingénierie détaillées relatives au projet, finalisées en avril 2024, ont confirmé la faisabilité technique et la viabilité économique de l’infrastructure.
Il rassure également sur les accords politiques nécessaires avec les États traversés. «Nous avons procédé aux accords politiques et validé le business model. Maintenant, il nous reste l’exécution sur le terrain qui constitue le véritable défi opérationnel.»
Un coût optimisé et une structuration financière adaptée
Initialement estimé à 25 milliards de dollars, le coût du projet du gazoduc Maroc-Nigeria a été revu à la baisse grâce à des optimisations logistiques et à des discussions avec les installateurs. « Nous avons conclu récemment que nous pouvions réaliser ce projet pour un montant autour de 20 milliards de dollars », précise Benzaria.
Avant d’évoquer le financement à proprement parler, notre interlocuteur apporte des éclaircissements sur la structuration du projet. Ainsi, le projet sera piloté via une holding dédiée, dotée de filiales chargées de la réalisation de tronçons géographiques indépendants les uns les autres dans la phase de construction.

Trois segments principaux sont définis. Le premier tronçon sud sera entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire, le tronçon central s’étendra de la Côte d’Ivoire au Sénégal, et le tronçon nord reliera le Sénégal au Gazoduc Maghreb-Europe (GME), connecté au réseau européen. «Chaque tronçon est indépendant d’un point de vue business et peut être justifié indépendamment», explique Mohammed Benzaria.
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Le recours aux partenariats public-privé (PPP) reste envisagé seulement pour certains segments spécifiques, notamment celui reliant le GME à Mohammedia. Mais pour le gros du projet, c’est-à-dire le reste du tracé, la structuration financière adoptée est le « Project finance ». A en croire le patron de l’OMCo, ce type de montage (expliqué dans la vidéo) a été privilégié au PPP classique afin de garantir la rentabilité et la solidité économique du projet.
Le gazoduc Maroc-Nigeria, un projet continental
Pour ce qui est des retombées attendues du Gazoduc Maroc-Nigeria, en l’occurrence pour les petites et moyennes entreprises (PME) des pays traversés, Mohammed Benzaria adopte un ton optimiste. Mohammed Benzaria rappelle que le pipeline qui traversera 13 pays et bénéficiera à près de 400 millions de personnes, s’inscrit dans une logique panafricaine. Au-delà de l’approvisionnement énergétique, il vise à générer des retombées économiques directes pour les États concernés. «Un des principaux focus que nous avons, c’est que ce gazoduc soit réalisé dans l’intérêt des Africains et par des Africains», insiste le responsable de la filiale de l’ONHYM.
Dès lors, fait-il savoir, le principe du “local content“ est au cœur de la démarche : identifier et mobiliser les entreprises africaines capables de réaliser certaines prestations, développer des compétences locales et favoriser la formation dans des métiers spécialisés. Selon l’expert du transport et du stockage de gaz naturel, cette orientation traduit la volonté de faire du projet un levier de développement inclusif, porté par des acteurs africains et au service des populations africaines.
