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Gazoduc Nigeria-Maroc: qu’est-ce qui change avec l’adhésion collective de la CEDEAO? (décryptage)
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Une source proche du dossier du Gazoduc Nigeria-Maroc décrypte pour H24Info les contours de l’avancée que scelle la signature collective de l’Accord intergouvernemental (IGA) par les pays membres de la CEDEAO dimanche dernier en Sierra Leone, soulignant par le même temps les aspects financiers.
Souveraineté énergétique, renforcement des relations avec l’Europe, développement accéléré des pays traversés… Le projet du Gazoduc Nigeria-Maroc a connu dimanche 19 juillet une étape majeure vers sa réalisation. En signant l’Accord intergouvernemental, onze Etats membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) approuve ledit texte qui, faut-il le rappeler, a été adopté lors de la 66ᵉ Session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO dans la capitale nigériane, Abuja, le 15 décembre 2024.
L’IGA fixe le cadre réglementaire et de gouvernance du projet, c’est-à-dire les conditions dans lesquelles ce projet stratégique se développera. Une source proche du dossier a expliqué à H24Info qu’à la différence de l’approbation du texte, la cérémonie organisée dernièrement dans la capitale sierra-léonaise constitue une étape d’une nature différente. «Elle ne correspond plus à une simple approbation politique, mais traduit leur engagement juridique en faveur de sa mise en œuvre», indique notre interlocuteur.
Concernant le texte en lui-même, l’IGA, notre source, qui a requis l’anonymat, affirme qu’il s’agit d’un cadre commun de gouvernance qui fixe les principes applicables au développement du projet, définit les droits et obligations des États partenaires et apporte la sécurité juridique indispensable à une infrastructure transfrontalière de cette ampleur.
Approbation politique vs engagement juridique
Pour notre interlocuteur, ce distingo entre approbation politique et engagement juridique est d’autant plus significatif que pour les investisseurs, institutions financières et autres bailleurs, ce passage d’une volonté politique à un cadre juridique réduit significativement le risque institutionnel. «C’est précisément ce qui permet désormais d’engager les prochaines étapes de mise en œuvre, notamment la création de la Project Company, qui sera basée à Casablanca, et de la Pipeline Higher Authority (PHA), ouvrant ainsi la voie à l’entrée du projet dans sa phase opérationnelle».
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Avec l’IGA en poche et les prochaines phase qui se profilent, le projet connait une réduction sensible de son profil risque, renforçant du coup sa bancabilité. A en croire notre source, aux yeux des partenaires financiers, il apparait désormais clairement que ce projet stratégique a atteint un niveau élevé de maturité technique, commerciale et institutionnelle. «La signature de l’IGA vient compléter ce socle en apportant le cadre juridique attendu par les investisseurs, les banques commerciales et les institutions financières de développement.»
De quoi mettre désormais sur la rampe de lancement «la structuration financière de la phase de réalisation du projet qui s’appuiera notamment sur la création de la Project Company, appelée à accueillir progressivement des investisseurs stratégiques et financiers aux côtés des deux promoteurs», détaille-t-il. Et de renchérir, «l’ensemble de ces éléments – maturité technique, sécurité juridique, optimisation du CAPEX et gouvernance désormais clairement établie — renforce significativement l’attractivité et la bancabilité du projet auprès des investisseurs internationaux et des bailleurs de fonds».
Gazoduc Nigeria-Maroc, porte ouverte au financement
Précision de taille: bien que l’IGA pose un verrou juridique à l’ensemble des pays adhérents au projet, il n’a aucun pendant financier. Notre source le clarifie en ces terme: «Les autres Etats n’ont pas d’engagement financiers à ce stade.» Si bien que les aspects financiers du projet n’ont pas été à l’ordre du jour durant les travaux de la 67e session de la CEDEAO.
De ce fait, la masse financière du projet reste entièrement à la charge de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et de la Nigeria National Petroleum Corporation (NNPC). «Toutefois, la porte est ouverte à d’éventuelle contribution financières», fait savoir notre source.
A l’initiative du Maroc et aujourd’hui soutenu par l’ensemble des pays de la CEDEAO et la Mauritanie, le projet du Gazoduc africain atlantique est un tracé de 6.800 km de pipeline devant transporter annuellement 30 millions de mètres cubes de gaz, dont la moitié sera acheminé vers le Maroc et l’Europe. Le coût du projet initialement fixé à 25 milliards de dollars (MM$), a été optimisé à 20 MM$ désormais.
