Hausse des prix des fruits et légumes: ce qu’il en est au marché de gros de Casablanca (vidéo)

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Au marché de gros des fruits et légumes de Casabanca. © Mehdi Moussahim H24info ©H24Info

Entre baisse d’approvisionnement et tension sur les prix des denrées alimentaires, les Marocains subissent des hausses des denrées inexpliquées. Sécheresse? Spéculation? Malgré les assurances du gouvernement, l’inquiétude grandit à l’approche du Ramadan. Reportage au marché de gros des fruits et légumes de Casablanca pour tenter de démêler le vrai du faux.

S’il y a un sujet qui défraie la chronique en ce moment et tient en haleine les Marocains dans leur globalité, c’est bien le prix des denrées alimentaires, notamment les produits vivriers. Tomates, oignons, choux, légumes, poivrons, pommes de terre, fruits… sont au cœur des discussions et des polémiques sur les réseaux sociaux. Composantes de base de l’alimentation, la disponibilité et les prix de ces denrées sont un sujet de préoccupation grandissante, surtout à l’approche du mois sacré du Ramadan.

Dans une déclaration, jeudi dernier au sortir du Conseil du gouvernement, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, s’est voulu rassurant sur le sujet.

Il a affirmé que malgré la sécheresse observée pour la troisième année consécutive, et ses effets drastiques sur la production agricole, l’approvisionnement des marchés nationaux se poursuit. Si le ministre, et le gouvernement avec lui, rassurent la population sur la disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés, ils ne disent rien en ce qui concerne la stabilité des prix.

Constat sur le terrain

«Les prix des produits ont explosé, ils ont pratiquement doublé, voire triplé sur certains produits», s’inquiète Yassine, conducteur de petit taxi à Casablanca, lorsqu’il a su que nous partions pour un reportage sur le prix des denrées alimentaires au marché de gros.

Au marché de gros des fruits et légumes, on a se rendre compte de la réalité du terrain, tant sur le plan de l’approvisionnement que sur les prix pratiqués. Parlant de l’approvisionnement, un flux régulier de camions ramenait fruits et légumes produits localement ou importés. Mais selon les professionnels sur place, ce flux des produits acheminés au Marché de gros de Casablanca a beaucoup baissé.

Une tendance qu’on a pu vérifier à travers l’analyse des données relatives à la situation de l’approvisionnement des principaux produits à large consommation. Celle-ci montre qu’à la date du jeudi 13 février, le tonnage global de légumes réceptionnés dans ce marché est de 2.237.479 tonnes (T), contre 2.853.156 T enregistrés à la même période l’année dernière. Ce qui correspond à une différence de 615.677 T, soit 21,5% d’arrivage de légumes en moins qu’en 2024.

Même son de cloche du côté des fruits où il ressort une différence de 133.819 T à la même date, entre les deux années. 2025, étant en moins de 11,6% comparativement au 13 février 2024 où il a été enregistré 1.148.312 T, excepté la banane à l’import dont le volume du jour n’a pas été communiqué.

Les légumes globalement en hausse

La tendance générale est donc à la baisse, exceptés quelques produits, notamment le chou-fleur (+17%), le citron (+29,1%) et la courge (+6,2%), du côté des légumes ; et l’avocat (+88,1%), la clémentine (+18,8%) et la pomme locale (+75,6%) concernant les fruits. Toujours du côté des fruits, on a noté un volume d’arrivage exponentiel de la pomme importée, affichant 61.755 T enregistrés ce jour-là contre à peine 2.269 T l’année dernière.

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La production de légumes est globalement en baisse, comparé à l’année dernière, © Mehdi Moussahim H24info 

«Les prix des fruits et légumes fluctuent en fonction de l’offre et de la demande. Lorsque l’offre est abondante, les prix chutent car les commerçants cherchent à écouler leurs stocks. Qu’est-ce qui détermine le prix ? C’est le marché», fait savoir Jaafar Essabbane, directeur BU du Marché. Cette offre, dira-t-il, dépend de la production réalisée par les agriculteurs, d’une part, et de l’activité à l’export, d’autre part.

À ce sujet, le directeur confie que, «le marché local est fortement influencé par l’exportation. Lorsque les exportations sont actives, l’offre locale diminue et les prix augmentent», ajoutant: «Lorsqu’il n’y a pas d’exportations, que la production est suffisante et que les coûts des intrants sont bas, nous obtenons une production abondante à des prix intéressants.

Pour ce qui concerne la demande, Jaafar Essabane la juge «pas trop élastique». Il explique que généralement, la population «consomme pratiquement les mêmes produits au cours de la semaine, à l’exception des périodes de pic comme le Ramadan et les fêtes. En dehors de ces périodes, la demande est quasi stable».

Ce rapport entre une offre majoritairement en baisse présentement, et une demande qui s’exacerbe à l’approche du pic du Ramadan, aboutit à une hausse généralisée sur la quasi-totalité des produits. Outre le chou-fleur, le citron et la courge dont la hausse de la production a profité à un fléchissement des prix, avec des valeurs (au kilogramme) minimales respectives de 0,90 dirhams (DH), 2 DH et 2,5 DH, d’autres légumes comme la carotte, le navet et la pomme de terre affichent une certaine stabilité des prix.

Relative baisse sur certains fruits

Le premier cité s’échangeant entre 1,30 DH et 2,5 DH le kilo, contre 1,30 et 2,30 DH en glissement annuel ; le second entre 1 DH et 2 DH, contre 1 DH et 2,30 DH, alors que la pomme de terre se vend à un prix mini de 2 DH et maxi de 3,5 DH, enregistrant une baisse de 50 centimes sur le prix minimum de vente en gros. L’oignon sec et frais ont par contre connu une baisse relative, avec des prix mini fixés à 3 DH contre 4 DH pour le premier, et 1 DH contre 1,5 DH pour le second.

Les prix en gros des autres légumes connaissent des progressions importantes, frôlant ou dépassant même le cap du double. Au nombre de ceux qui ont doublé, la tomate et la courgette. Si la tomate est passée à une fourchette comprise entre 3,5 DH et 6,30 DH le kilo, (contre 1,5 DH et 3 DH le kilo), la courgette s’achète entre 3 et 5,5 DH contre 1,5 et 3 DH l’an dernier.

L’artichaut (entre 5 et 7,5 DH), l’aubergine (entre 3 et 5,5 DH), sont du lot des hausses exponentielles. D’autres légumes comme le piment doux, le haricot, et les fèves affichent également une hausse.

Sur le marché des fruits, les prix de gros connaissent aussi cette variation. Là aussi, on observe les mêmes contrastes. Pendant que les prix planchers de l’orange navel (3 DH), la clémentine (4 DH), et la fraise (9 DH) ont baissé d’un dirham, en glissement annuel, les deux premiers cités plafonnent à environ deux dirhams de moins. La fraise, elle, atteint les 18 DH le kilo contre 15 DH, à la même période l’an passé.

Fruit parmi les plus consommés, la banane n’échappe pas aux fluctuations. Celle produite localement se vend entre 8 et 11 DH/kg, contre 4,5 et 7,5 DH/kg. Alors qu’elle conserve le prix de base de 10 DH/kg en gros, la banane importée dépasse largement les 15 DH/kg pour atteindre 18 DH/kg comme prix plafond.

Cette présence sur le Marché de gros de fruits et légumes de Casablanca a permis de se rendre à l’évidence d’une baisse globale en termes d’approvisionnement, et des fluctuations occasionnées sur les prix.

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