Hydrogène vert : le Maroc parmi les principaux précurseurs en Afrique (rapport)

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Le rapport « H2Global meets Africa » classe le Maroc parmi les pays les plus avancés du continent dans le développement de chaînes de valeur de l’hydrogène vert.

Le dernier rapport du projet «H2Global meets Africa» confirme ce que les agences énergétiques internationales observent depuis quelque temps : le Maroc s’impose comme l’un des rares « front runners » ou précurseurs, capables de transformer le potentiel éolien et solaire du continent en une véritable économie industrielle. Cette classification repose sur l’avance stratégique du Royaume qui, contrairement à d’autres nations riches en ressources, a déjà structuré son cadre législatif et institutionnel.

Avec l’initiative «Offre Maroc», le gouvernement a sanctuarisé des millions d’hectares de foncier public pour accueillir des projets intégrés couvrant toute la chaîne de valeur, de la production d’électricité verte à la transformation en dérivés comme l’ammoniac ou le méthanol. Cette clarté administrative est perçue par les analystes de H2Global comme un levier essentiel pour réduire le risque pays et attirer les investisseurs dans un secteur encore marqué par l’incertitude technologique mondiale.

Une souveraineté industrielle portée par les engrais verts

L’un des atouts majeurs du Maroc, mis en lumière par l’analyse de la «demande intérieure de base», réside dans son écosystème industriel existant, et plus particulièrement dans le rôle central de l’OCP. Le leader mondial des phosphates a déjà engagé son virage vert avec un plan d’investissement massif visant à substituer ses importations d’ammoniac fossile par une production locale d’ammoniac vert. Ce choix stratégique offre au Royaume un avantage comparatif unique : disposer d’un client industriel capable d’absorber des volumes dès le démarrage, garantissant la viabilité financière des installations avant même l’exportation. Cette synergie entre ressources naturelles et besoins de l’industrie chimique nationale permet non seulement de décarboner l’agriculture mondiale, mais aussi de protéger l’économie marocaine des fluctuations erratiques des prix du gaz naturel sur les marchés internationaux.

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Malgré cette préparation exemplaire, le rapport H2Global met en lumière un paradoxe qui touche tout le continent, y compris le Maroc. Il s’agit de l’écart considérable entre l’ambition politique et les flux financiers réellement mobilisés. Alors que les investissements mondiaux dans l’hydrogène propre explosent en Europe ou en Amérique du Nord, l’Afrique peine encore à convertir ses lettres d’intention en décisions finales d’investissement (FID).

Le Maroc doit donc composer avec des coûts de financement structurellement plus élevés que ceux de ses concurrents du Nord, alors même que ses ressources naturelles sont plus compétitives. Le rapport souligne que moins de 2% des fonds internationaux de soutien sont aujourd’hui dirigés vers les phases amont de développement.

Pour le Royaume, l’enjeu des prochaines années sera donc d’obtenir une meilleure adéquation entre les instruments financiers publics européens et les besoins opérationnels du terrain, afin que les projets de l’initiative «Offre Maroc» ne restent pas bloqués au stade de la planification.

Un hub logistique au service de l’autonomie stratégique européenne

Le positionnement géographique du Maroc, à la jonction des marchés atlantique et méditerranéen, en fait un partenaire naturel de l’Europe dans sa quête d’autonomie stratégique. La stratégie marocaine ne se limite pas à la production. Elle intègre l’adaptation des infrastructures de transport, notamment via le projet de gazoduc Nigeria–Maroc, qui pourrait à terme acheminer des molécules d’hydrogène vers l’Espagne et le reste de l’Union européenne. Cette connectivité physique, combinée à une expertise croissante dans le dessalement de l’eau de mer indispensable à l’électrolyse, place le Royaume en position de force dans les négociations internationales.

En alignant sa demande intérieure sur des capacités d’exportation massives, le Maroc ne cherche pas seulement à devenir une station‑service verte pour le Nord, mais à instaurer un modèle de co‑développement où l’énergie propre devient le moteur d’une industrialisation locale durable et créatrice d’emplois qualifiés.

 

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