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Startups: Asolar met le cap sur l’industrialisation de son cuiseur solaire
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La startup Asolar poursuit son petit bonhomme de chemin avec une innovation qui engrange prix sur prix. Il s’agit du cuiseur solaire, un four qui ne fonctionne qu’à l’énergie solaire. Découverte.
Mohammed Arhal le revendique: sa startup Asolar est la première entreprise au Maroc dédiée à la fabrication et au développement de cuiseurs solaires. Un équipement permettant la préparation de repas «sans feu, ni fumée, sans gaz ou électricité», souligne le concepteur. Brevetée au niveau national et international, cette innovation se présente comme une alternative écologique et pratique, adaptée aux enjeux contemporains de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique.
Sortie depuis lors du stade conceptuel, l’innovation signée Asolar est aujourd’hui à la phase expérientielle. «Nous avons pu vendre jusqu’à présent dans le cadre de la phase pilote 50 unités entre le Maroc, les États-Unis et l’Europe», assure Arhal. Pour lui, ces premières ventes confirment l’intérêt du marché pour une technologie capable d’éviter l’émission de 500 kg de CO₂ par cuiseur. Son ambition, désormais, est de passer à une production plus large et de démocratiser l’usage de ces appareils auprès des ménages marocains et au-delà.
Des cibles multiples
La stratégie commerciale d’Asolar s’articule autour de deux cibles clés. Dans un premier temps, elle vise les amateurs de plein air, campeurs et adeptes de pique-nique, aussi bien au Maroc qu’en Europe et aux États-Unis. «Aux États-Unis, c’est un grand marché parce que tout le monde sort pour profiter du soleil et manger quelque chose en plein air. Ils ont un problème avec les incendies de forêt. Il y a des restrictions d’utilisation de feu là-bas», précise Mohammed Arhal. Dans un tel contexte, le cuiseur solaire apparaît comme une solution pratique et sécurisée, évitant les risques d’amendes et les contraintes réglementaires.
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Le « startuper » capillarise la seconde cible sur le continent africain dans sa globalité. A l’en croire, «le marché africain est très important parce que selon la Banque mondiale, nous avons 4 millions de décès chaque année à cause de la cuisson non propre. Les femmes cuisinent avec le charbon, le bois, ce qui cause des problèmes respiratoires». Il poursuit son argumentaire en soutenant que dans les pays du Sahel, où le bois est rare et l’accès au gaz ou à l’électricité limité, l’énergie solaire devient une ressource vitale. Dès lors Asolar ambitionne de travailler avec des ONG et associations pour diffuser cette solution dans les zones les plus vulnérables.
Industrialisation et levée de fonds
Passée la phase pilote, l’enjeu est désormais industriel. « Actuellement, on se concentre sur une levée de fonds en série A pour mettre en place une ligne de production d’au moins 10 cuiseurs par jour», fait savoir le fondateur d’Asolar. Et de rassurer sur le sourcing de la matière première nécessaire, affirmant que tous les matériaux nécessaires sont disponibles localement. Ce qui est un avantage en soi pour l’adoption de cette innovation, car cela permettra de réduire les coûts de production et de proposer un prix accessible.

Chiffrant son besoin, Mohammed Arhal envisage démarrer avec une levée de fonds en amorçage de 200.000 dirhams, contre une cession de 15 % du capital. «Ce qui va nous permettre de financer les actions commerciales, les recrutements au niveau de notre unité industrielle, acheter des machines, financer des certificats, et d’autres brevets», détaille-t-il. Objectif: passer à une production de masse et répondre à une demande croissante.
Perspectives et impact socio-économique
Au-delà de l’innovation technologique, Asolar se positionne comme un acteur de développement durable. « D’ici trois ans, nous comptons créer 90 emplois directs et indirects. Après une deuxième phase de levée de fonds, notre usine va produire au minimum 100 unités par jour», projette le CEO. L’impact attendu est double: contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et améliorer les conditions de vie des populations en leur offrant une solution de cuisson propre et accessible.
A la lumière de ce qui précède, le cuiseur solaire d’Asolar illustre la capacité d’innovation locale à répondre à des défis globaux. Entre expérimentation réussie, pertinence écologique et perspectives industrielles, le projet de Mohammed Arhal s’inscrit dans une dynamique de transition énergétique et de justice sociale. Il ne reste qu’à souhaiter à ce jeune innovateur, un alignement des astres pour la pleine maturité de son projet, au bénéfice des communautés et de… dame nature.
