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Comment l’Algérie est devenue la base secrète de «l’Air Wagner» russe en Afrique
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Alors que Moscou poursuit la guerre en Ukraine et fait face à un isolement diplomatique sans précédent, une bataille logistique clandestine se joue dans le ciel maghrébin. Une enquête de Defense News révèle comment le régime algérien a transformé ses bases militaires en plateforme tournante pour «l’Air Wagner», facilitant ainsi l’expansion russe au Sahel tout en contournant les sanctions internationales.
L’Algérie n’est plus seulement un client de Moscou: elle est devenue son bras logistique indispensable. Entre mars 2025 et avril 2026, au moins 167 vols de transport lourd ont relié la Russie aux bases algériennes, dessinant les contours d’une alliance toxique pour la stabilité du continent. Ces appareils, loin d’être des avions de ligne ordinaires, sont des mastodontes du ciel comme les Ilyushin Il-76 et les Antonov An-124, capables d’acheminer des chars, des missiles et des hélicoptères de combat.
Officiellement, ces rotations sont opérées par des compagnies privées telles que Gelix Airlines ou Aviacon Zitotrans, mais derrière cette façade civile se cache en réalité la colonne vertébrale paramilitaire du Kremlin.
Le choix des escales trahit une coordination militaire millimétrée. L’enquête de Defense News démontre que ces cargos relient directement les sites de production russes les plus sensibles, où sont assemblés les chasseurs Su-57, Su-35 et Su-30, aux bases algériennes d’Oum El Bouaghi, Aïn Oussera, Annaba, Laghouat et Béchar. En agissant ainsi, Alger ne se contente pas de réceptionner son propre armement de pointe ; elle finance indirectement l’effort de guerre de Vladimir Poutine en Ukraine par des achats massifs, alors que 73 % de ses équipements proviennent déjà de Moscou.
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Le rôle d’Alger dépasse désormais ses propres frontières pour s’étendre à l’Afrique de l’Ouest. Le territoire algérien est devenu un point de passage névralgique vers la Guinée, le Mali et le Niger. À titre d’exemple, un Antonov An-124 a effectué huit rotations entre Alger et Niamey depuis avril 2026, transportant jusqu’à 100 tonnes de matériel par vol.
L’Algérie, pivot d’un axe anti-occidental
Malgré la dissolution officielle du groupe Wagner après la mort de Devgueni Prigojine, l’infrastructure logistique demeure intacte sous la bannière d’Africa Corps. Pour échapper à la surveillance internationale, les pilotes russes utilisent des techniques de camouflage sophistiquées, coupant leurs transpondeurs ou déclarant de faux itinéraires dès qu’ils pénètrent l’espace aérien sud-algérien.
Pourquoi le régime algérien prend-il de tels risques diplomatiques? En offrant ses bases et un ciel ouvert aux Russes, Alger s’assure une protection politique tout en projetant sa propre influence via le chaos sécuritaire au Sahel. L’enquête révèle même que ce pont aérien sert de base arrière pour des missions russes vers le Venezuela, Cuba et le Mexique, positionnant l’Algérie comme le pivot d’un axe anti-occidental. En se transformant en gérant de cette logistique clandestine, Alger offre à Vladimir Poutine un moyen de contournement des sanctions internationales.
