Achats d’armes russes: les États-Unis évoquent des sanctions contre l’Algérie

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Achats d’avions de combat russes : les États-Unis évoquent un possible recours aux sanctions contre l’Algérie
L’Algérie a réceptionné, selon plusieurs sites spécialisés dans l’information militaire, ses premiers chasseurs multirôles Su-35 de fabrication russe sur la base aérienne d’Oum El Bouaghi, dans le nord-est du pays. © DR

Les États-Unis n’excluent pas la possibilité d’imposer des sanctions à l’Algérie si l’acquisition d’avions de combat russes par Alger est confirmée. Cette position a été évoquée par des responsables du département d’État lors d’une audition devant le Sénat américain consacrée à la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord.

Lors de cette séance de la Commission des relations étrangères, tenue sous le thème « Lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord: opportunités et défis », un haut responsable du Bureau des affaires du Proche-Orient du département d’État, Robert Palladino, a indiqué que Washington suit de près les informations de presse faisant état de possibles contrats d’armement entre l’Algérie et la Russie, notamment pour des avions de chasse.

Interrogé par une sénatrice sur ces informations, il a déclaré que ces éléments sont jugés « préoccupants » par l’administration américaine.

Le cadre légal américain: la loi CAATSA

Le responsable américain a rappelé l’engagement des États-Unis à appliquer la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act — loi de lutte contre les adversaires de l’Amérique par les sanctions). Ce texte prévoit des mesures restrictives contre les pays procédant à des transactions significatives avec le secteur de la défense russe.

Selon ses explications, certains contrats militaires peuvent entrer dans le champ de cette législation et potentiellement conduire à des sanctions, mais chaque situation fait l’objet d’une évaluation spécifique au cas par cas. Il a souligné que le dossier reste au stade du suivi et de l’analyse, sans annonce de mesures exécutives immédiates.

Dialogue maintenu entre Washington et Alger

Le représentant du département d’État a également indiqué que les États-Unis poursuivent leur coopération avec l’Algérie sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, tout en reconnaissant l’existence de divergences, notamment sur les relations militaires entre Alger et Moscou.

Il a précisé que les échanges avec les autorités algériennes se poursuivent par des canaux diplomatiques, souvent de manière non publique, dans le cadre des outils politiques et diplomatiques habituels de Washington.

Des informations sur des avions russes avancés

Plusieurs médias spécialisés ainsi que des médias algériens ont rapporté ces derniers mois que l’Algérie pourrait avoir conclu — ou envisage — des contrats pour des avions de combat russes de nouvelle génération, notamment les modèles Su-57 et Su-35, ainsi que d’autres appareils déjà présents dans sa flotte.

Des images diffusées en ligne ont également été présentées par certaines sources comme montrant des appareils russes portant des marquages algériens. À ce stade, aucune confirmation officielle complète n’a été publiée ni par les autorités algériennes ni par la Russie concernant ces acquisitions spécifiques.

Un dossier sensible sur le plan géostratégique

Les achats d’armement russe constituent un sujet sensible dans la politique de sanctions américaine, en particulier depuis le renforcement des dispositifs visant les secteurs de la défense et de la sécurité liés à Moscou. Plusieurs pays ont déjà été exposés à des mesures restrictives ou à des pressions diplomatiques dans des cas comparables.

Dans le cas de l’Algérie, partenaire sécuritaire important en Afrique du Nord, le sujet s’inscrit dans un équilibre entre coopération régionale, souveraineté des choix d’équipement militaire et contraintes du régime de sanctions américain.

Le Polisario organisation terroriste

Par ailleurs, le projet de loi bipartisan H.R.4119, qui vise à qualifier le Front Polisario d’« organisation terroriste », continue de prendre de l’ampleur à Washington avec l’appui de plus en plus d’élus républicains et démocrates.

Lire aussi: Au Congrès américain, le projet H.R.4119 pour désigner le Polisario comme organisation terroriste gagne du terrain

Intitulé Polisario Front Terrorist Designation Act et présenté par les représentants Joe Wilson (républicain) et Jimmy Panetta (démocrate) en novembre dernier, ce texte a bénéficié d’un soutien supplémentaire des élus Mario Díaz-Balart (républicain), Randy Fine (démocrate) et Jefferson Shreve (membre de la Commission des affaires étrangères), renforçant ainsi son poids politique et préparant le terrain à un vote rapide au Congrès.

Un texte accusant le Polisario de déstabilisation régionale

Le projet de loi H.R.4119 reproche au Front Polisario une série d’actes graves:

  • violences armées dans la région du Sahara,
  • violations du cessez-le-feu avec le Maroc,
  • trafic d’armes et de drogues dans le Sahel,
  • et liens présumés avec des réseaux extrémistes appuyés par l’Iran, le Hezbollah et la Russie.

Dans un post sur X, Joe Wilson a décrit le Polisario comme une « milice marxiste soutenue par l’Iran, le Hezbollah et la Russie, offrant à Téhéran un avant-poste stratégique en Afrique et déstabilisant le Royaume du Maroc, allié des États-Unis depuis 248 ans ».

Le texte prévoit le gel des avoirs du Polisario, l’interdiction de toute interaction financière avec ses soutiens, et des sanctions ciblées contre les entités complices. Si adopté, il pourrait redéfinir la position officielle américaine vis-à-vis du Sahara et mettre Alger sous pression directe.

Alger face à un dilemme stratégique

Pour l’Algérie, principal parrain du mouvement séparatiste, ce tournant du Congrès américain constitue un casse-tête géopolitique. Trois options se dessinent:

  • Se dissocier publiquement du Polisario — en condamnant la violence et en coupant les financements — au risque de tensions internes et de chaos dans les camps de Tindouf.
  • Poursuivre le soutien clandestin, avec la perspective de sanctions et d’isolement international.
  • Opter pour une stratégie multilatérale en lançant une contre-offensive diplomatique pour freiner la dynamique du texte américain auprès de ses alliés historiques.

Lire aussi: Massad Boulos: le Maroc et l’Algérie devant une opportunité historique de réconciliation

Mais, selon plusieurs observateurs, la marge de manœuvre d’Alger se rétrécit : la montée du terrorisme au Sahel, la perte d’influence à l’ONU et la méfiance croissante de Washington face à ses liens avec Téhéran compliquent toute issue favorable.

Un renforcement du partenariat maroco-américain

Ce projet s’inscrit dans la continuité du soutien historique de Washington à la souveraineté marocaine sur le Sahara.
Joe Wilson, président du groupe d’amitié États-Unis–Maroc, avait rappelé dès janvier que « le Maroc reste un partenaire essentiel et un allié indéfectible des États-Unis ».

Il avait également salué la Proclamation de Donald Trump reconnaissant la souveraineté pleine et entière du Royaume sur ses provinces du Sud, un acte toujours en vigueur.

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