Espagne : les filles de Zapatero inculpées pour trafic d’influence

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Zapatero, Luis Rodríguez Zapatero, Espagne
L'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero arrive au tribunal de Madrid le 17 juin 2026 pour être interrogé par un juge dans le cadre d'une enquête pour trafic d'influence présumé. (Photo de THOMAS COEX / AFP)

Les deux filles de José Luis Rodríguez Zapatero ont été inculpées dans l’enquête visant l’ex-Premier ministre espagnol pour trafic d’influence, a annoncé jeudi l’Audience nationale, le tribunal spécialisé en Espagne dans les affaires les plus sensibles, au lendemain de l’audition de l’ancien dirigeant socialiste.

Le juge José Luis Calama, chargé des investigations, « prend cette décision à la demande du parquet anticorruption qui, dans un écrit présenté mardi dernier, (lui) avait demandé d’auditionner les filles et la secrétaire de l’ancien chef du gouvernement en tant qu’inculpées », a indiqué le tribunal dans un communiqué.

De telle manière, Alba et Laura Rodríguez Espinosa, les deux filles de l’ex-Premier ministre, au pouvoir de 2004 à 2011, pourront « exercer leur droit à la défense », ajoute l’Audience nationale, qui précise que la date de leur convocation face au juge sera fixée ultérieurement.

Cette annonce intervient au lendemain de l’audition de José Luis Rodríguez Zapatero face au juge Calama, lors de laquelle l’ancien dirigeant socialiste, figure historique et très respectée de la gauche espagnole, a nié les accusations portées à son encontre.

Les enquêteurs l’accusent d’être « le chef présumé d’une structure stable et hiérarchisée » de trafic d’influence dont l’objectif aurait été de percevoir des pots-de-vin, via de « multiples sociétés commerciales apparemment instrumentalisées pour canaliser ces paiements ».

Or, selon l’Audience nationale, ses deux filles « sont administratrices » de l’une de ces sociétés, dénommée « Whathefav », « dont l’activité apparaît, selon les indices, liée au réseau faisant l’objet de l’enquête, ce qui justifie en soi leur convocation en qualité d’inculpées ».

Lire aussi. Espagne: Pedro Sánchez balaie les accusations d’ingérence judiciaire

L’enquête visant M. Zapatero s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite « Plus Ultra », qui examine si l’ancien dirigeant socialiste a favorisé, en échange d’argent et en usant de son influence encore très forte même s’il n’était plus au pouvoir depuis dix ans, le sauvetage public à hauteur de 53 millions d’euros de cette petite compagnie aérienne pendant la pandémie de Covid-19.

Parmi les éléments marquants de cette enquête figure également la découverte de nombreux bijoux et montres de luxe dans un coffre-fort de son bureau, dont la valeur a été estimée à 1,3 million d’euros, qui lui valent d’être aussi poursuivi pour fraude fiscale et contrebande présumée.

Mercredi, José Luis Rodríguez Zapatero a refusé de s’expliquer sur la provenance de ces bijoux face au juge Calama, selon des sources judiciaires.

Selon la presse espagnole citant des proches, ces bijoux s’inscriraient dans le cadre des présents protocolaires échangés entre représentants officiels et auraient été remis par l’ancien roi d’Arabie saoudite à l’épouse de José Luis Rodríguez Zapatero, durant son mandat à la tête du gouvernement espagnol (2004–2011).

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