Espagne : le procès qui embarrasse la classe politique s’ouvre ce lundi

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Mariano Rajoy
Mariano Rajoy (gauche), Pedro Sanchez (droite) PIERRE-PHILIPPE MARCOU : AFP.

Une semaine de procès concernant deux principaux partis politiques espagnols, le PP et le PSOE,  a commencé lundi avec un ancien ministre de l’Intérieur conservateur soupçonné d’avoir espionné un ancien trésorier du parti qui a menacé de dévoiler une corruption.

Le procès contre Jorge Fernandez Diaz, qui a été entre 2011 et 2016 membre de l’ex-Parti Populaire (PP) du Premier ministre Mariano Rajoy, s’ouvre avant un autre procès d’envergure qui a encore plus abîmé le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) au pouvoir et entamé la confiance dans la classe politique espagnole.Fernandez Diaz et d’anciens responsables du ministère de l’Intérieur sont accusés de complot pour avoir espionné et voulu faire taire l’ancien trésorier du PP Luis Barcenas, faisant usage de fonds publics et sans aucune base légale.Luis Barcenas, qui fut le trésorier du parti jusqu’en 2009, a été placé en détention préventive en 2013, accusé d’irrégularités dans les comptes du PP et avait menacé de révéler des secrets relatifs à un financement illégal du parti parce qu’il ne se sentait pas suffisamment soutenu.

Dans un entretien diffusé samedi dans le quotidien El Mundo, Luis Barcenas a déclaré qu’il était « impossible qu’une telle opération ait été menée à l’insu des plus hautes autorités du parti ». Il n’a pas cité le nom de Rajoy.

L’affaire, combinée à d’autres cas de corruption, a entaché et finalement renversé le gouvernement Rajoy en 2018 et amené au pouvoir l’actuel Premier ministre socialiste Pedro Sanchez.

Lire aussi. Espagne: l’ancien bras droit Pedro Sánchez jugé pour corruption

Les procureurs réclament 15 ans de prison contre Fernandez Diaz accusé notamment de détournement de fonds et rupture de confidentialité.

Le procès, qui se tiendra devant la plus haute cour criminelle d’Espagne, l’Audiencia Nacional, devrait durer trois mois et d’entendre plus d’une centaine de témoins, dont Rajoy, Barcenas et des hauts responsables du PP à l’époque des faits.

Mardi, l’ancien ministre socialiste des Transports, Jose Luis Abalos, un temps le bras droit de Sanchez, est jugé pour des soupçons de corruption dans l’approvisionnement de masques pendant la crise sanitaire du Covid-19, une affaire qui a mis en péril l’avenir du gouvernement minoritaire.

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