Narcotunnel Sebta-Fnideq: l’affaire éclabousse désormais la Guardia Civil

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Tunnel Sebta–Fnideq : des accusations de corruption secouent l’enquête en Espagne
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L’enquête sur le tunnel souterrain reliant le préside occupé de Sebta à Fnideq connait un nouveau rebondissement. Devant l’Audience nationale espagnole, l’un des principaux prévenus a brisé l’omerta, affirmant que les trafiquants bénéficiaient de la complicité active de membres de la Guardia Civil pour acheminer la drogue.

L’affaire, que H24Info suit de près depuis la découverte fortuite de l’infrastructure en mars 2025, prend désormais une nouvelle tournure. Lors de son audition devant la juge María Tardón, l’un des transporteurs de l’organisation — arrêté avec près de 1,4 tonne de haschich — a lâché une phrase qui a glacé l’assistance : « Ils avaient la voie libre grâce à la Guardia Civil », rapporte La Razón.

Selon ce témoin, la corruption au port de Sebta n’est pas un phénomène récent. Il a affirmé que les réseaux de narcotrafic s’appuient « depuis toujours » sur des agents de la Benemérita pour introduire des stupéfiants en Espagne. À ce jour, quatre gardes civils sont officiellement sous enquête. Ils sont soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin pouvant atteindre 12.000 euros en échange de services précis, comme la consultation de bases de données sécurisées ou la facilitation du passage de véhicules suspects lors des embarquements.

Le prévenu a expliqué avoir accepté de participer au transport pour une somme dérisoire — entre 3.000 et 4.000 euros — en raison de difficultés financières, tout en soulignant que, dans la ville autonome, la complicité de certains agents était un secret de polichinelle : « Tout le monde le savait, cela ne surprend personne. »

L’ombre d’un élu plane sur le tunnel

Le dossier est d’autant plus sensible qu’il touche la sphère politique locale. Parmi les mis en cause figure le frère de Mohamed Mohamed Alí Duas, député à l’Assemblée de Sebta. Fonctionnaire de l’administration pénitentiaire, il a lui-même été incarcéré provisoirement avant d’être libéré sous caution (20.000 euros) en janvier dernier. Bien qu’il ait quitté sa formation politique (MDyC), il conserve pour l’heure son siège de député non inscrit, malgré la gravité des soupçons d’appartenance à une organisation criminelle.

Lire aussi: Tunnel de Sebta–Fnideq: les révélations chocs d’un ex-militaire devenu trafiquant (vidéo)

Le « narcotunnel » avait, rappelons-le, été découvert dans la zone industrielle d’Alborán, dissimulé sous une trappe dans une ancienne marbrerie (hangar n°9). Long de 50 mètres et profond de 12 mètres, cet ouvrage d’ingénierie criminelle aurait servi pendant au moins dix ans, selon les dernières expertises de la revue stratégique menée par l’UCO (Unité centrale opérationnelle).

L’aspect le plus délicat de l’enquête concerne l’autre extrémité du tunnel. Les autorités espagnoles ont localisé la sortie côté marocain à l’intérieur d’un périmètre considéré comme une zone militaire. Malgré l’envoi de plusieurs commissions rogatoires par la juge Tardón pour inspecter les lieux, Madrid se heurte pour l’instant au silence des autorités marocaines, ce qui complique la clôture de l’instruction.

Lire aussi. Trafic de drogue: aidée par la DGSN, l’Espagne démantèle un réseau qui régnait sur l’Atlantique (vidéo)

Craignant que le tunnel ne soit réutilisé par d’autres réseaux ou que des preuves ne soient détruites, l’Audience nationale a ordonné le maintien d’un système de vidéosurveillance 24 h/24 autour du hangar. Alors que la phase d’instruction touche à sa fin, les premiers procès devraient intervenir prochainement, promettant de nouvelles révélations sur ce qui reste l’une des failles de sécurité les plus spectaculaires de la frontière sud de l’Europe.

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