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Le prix du café se corse au Maroc: les professionnels boivent la tasse
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À Casablanca et dans d’autres villes du Royaume, les prix du café ont soudainement flambé sans justification claire, suscitant une vive indignation chez les professionnels du secteur.
Les acteurs du secteur du café et de la restauration au Maroc ne cachent pas leur inquiétude face à cette flambée des prix. Cette vague de mécontentement survient alors que le marché mondial du café connaît une relative stabilité. Les professionnels marocains se retrouvent ainsi confrontés à une augmentation soudaine et incompréhensible des prix.
Contacté par H24info, le président de la Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants, Noureddine El Harrak, a déclaré qu’au début du mois d’avril, les sociétés de distribution de café au Maroc ont annoncé de nouveaux tarifs qui débuteront le 15 avril, avec une augmentation allant de 20 à 25% par kilogramme.
« Il ne s’agit pas de la première hausse des prix du café. Il y a environ un an et cinq mois, une autre augmentation avait été observée, où le prix du café d’entrée de gamme variait entre 50 et 55 dirhams le kilogramme. Actuellement, avec cette nouvelle hausse imposée aux professionnels du secteur, le prix de l’entrée de gamme a atteint 125 dirhams le kilogramme », explique-t-il.
Cette augmentation a un impact négatif considérable sur les professionnels du secteur et les propriétaires de cafés qui, aujourd’hui, se retrouvent dans une situation délicate. Ils hésitent à répercuter cette hausse sur les prix de consommation dans leurs établissements.
Noureddine El Harrak fait remarquer qu’au Maroc, la consommation de café est particulièrement forte dans les quartiers populaires, représentant entre 70 et 80% de la clientèle du secteur. Dans ces zones, le prix d’une tasse de café varie généralement entre 7 et 10 dirhams. La nouvelle augmentation risquerait d’aggraver la situation déjà précaire des consommateurs aux revenus modestes. « Pour l’instant, aucune augmentation n’est prévue afin d’éviter un conflit avec la clientèle », précise-t-il.
Face à cette situation jugée incompréhensible, la fédération a décidé d’adresser un courrier aux ministères de l’Industrie et du Commerce, ainsi qu’à celui de l’Économie. L’objectif est de demander un rééquilibrage du secteur, notamment en matière de taxes douanières, afin de préserver une filière qui emploie une part importante de la population et représente une main-d’œuvre considérable.
La fédération a également cherché à comprendre l’origine de cette hausse en saisissant le Conseil de la Concurrence pour obtenir des explications. N’ayant reçu aucune réponse, elle a mené ses propres recherches à l’échelle mondiale. Ces investigations ont confirmé qu’une augmentation des prix avait bien eu lieu au niveau international. Cependant, l’écart de prix entre le marché mondial et le marché marocain reste anormalement élevé et préoccupant, conclut la Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants.
