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Historique: le Maroc détrone l’AfSud et devient la 1re économie industrielle d’Afrique (BAD)
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Pour la première fois, le Maroc s’impose comme la première économie industrielle d’Afrique, détrônant l’Afrique du Sud, révèle le dernier rapport de la BAD.
Le Maroc est désormais la première économie industrielle d’Afrique, apprend-on de la dernière édition du rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur l’Indice d’industrialisation en Afrique en 2025 (IIA 2025). On apprend ainsi que le Royaume a supplanté l’Afrique du Sud pour devenir, pour la première fois depuis le lancement de l’indice, l’économie industrielle la mieux classée du continent. Selon l’institution financière panafricaine, cette performance reflète «le processus soutenu de modernisation de son industrie, de diversification de ses exportations et de mise en œuvre de sa politique industrielle».
Le Royaume est, par ailleurs, désormais «l’économie la plus proche de la frontière du développement industriel, avec un score de 0,8415, ce qui le place à 0,1585 point de la valeur maximale de 1». Cet écart met en évidence la marge d’amélioration qui subsiste, même pour l’économie la mieux classée, remarque les auteurs de l’étude. Désormais à la 2e place avec un score de 0,8396 en 2024, l’Afrique du Sud «reste une puissance industrielle continentale, mais continue de connaître un déclin progressif de sa compétitivité industrielle».
BAD: le Maroc à la tête d’un quatuor restreint
L’Égypte consolide cette année sa 3e place (0,7827), ravie en 2020 à la Tunisie (0,7760), qui reste en 4e position. En dehors de ce quatuor de tête, qui conserve «une nette avance dans l’Indice», le pays classé 5e, Maurice, accuse un retard non négligeable, avec un score de 0,6731 en 2024, «soit plus de 0,1 point de moins que les quatre premières économies». Enfin, l’Algérie (0,6661), l’Eswatini (0,6509), le Sénégal (0,6368), la Namibie (0,6295) et la Côte d’Ivoire (0,6173) complètent le groupe des 10 pays les plus performants.

Au niveau des régions, l’Afrique du Nord reste la plus industrialisée du continent, suivie de l’Afrique australe. Viennent ensuite l’Afrique de l’Est, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Ces trois régions restent «nettement en retrait, malgré les progrès constants enregistrés dans les dernières années», tandis que les deux premières «concentrent l’essentiel de la production manufacturière, de la sophistication des exportations et de la compétitivité industrielle».
Les recommandations de la BAD
«Si l’industrialisation a progressé dans une grande partie du continent, le rythme et l’ampleur de la transformation demeurent insuffisants pour réaliser ses ambitions en matière de développement», déplore l’Indice d’industrialisation en Afrique 2025. Pour combler ce déficit et positionner l’Afrique de manière compétitive dans une économie mondiale en pleine évolution, le rapport propose un ensemble d’actions coordonnées et ciblées autour d’une poignée de piliers stratégiques.
Le premier concerne le passage d’un modèle de développement industriel national à une approche régionale. Selon l’étude, les stratégies de développement industriel, encore largement centrées sur l’échelle nationale, devraient progressivement évoluer vers la promotion de systèmes de production régionaux.
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Le deuxième pilier stratégique a trait au développement de corridors économiques et industriels stratégiques. En effet, «la persistance de barrières non tarifaires, l’inefficacité des procédures douanières et la fragmentation des cadres réglementaires demeurent des obstacles majeurs à l’industrialisation et la compétitivité régionales», observent les experts de la BAD.
La BAD appelle, en troisième lieu, à repositionner les zones économiques spéciales (ZES) en tant que «catalyseurs des écosystèmes industriels». Ce changement nécessite d’aligner les ZES sur les priorités industrielles nationales et régionales et de renforcer la coordination régionale en matière de spécialisation et de développement de ces zones.
Enfin, l’investissement dans les capacités de production et la compétitivité est le quatrième pilier stratégique pour réussir l’accélération industrielle du continent. Les pays africains devraient, dans ce contexte, «mettre l’accent sur l’amélioration des compétences par le biais de l’éducation et la formation techniques et professionnelles ainsi que de l’industrie manufacturière de pointe, sur le renforcement des infrastructures de qualité et l’harmonisation des normes, et sur la promotion de la formalisation et de la modernisation des PME», exhorte le rapport.
