Amine Zarouk, directeur général d’Alten DC Maroc, et Mehdi Alaoui, directeur général de APP Editor…
Mehdi Alaoui: «L’IA n’est plus une technologie du futur»
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Mehdi Alaoui alerte sur l’urgence d’intégrer l’IA dans toutes les politiques publiques. Pour cet acteur majeur de la tech marocaine, la révolution est déjà en cours, et le Royaume ne doit plus attendre pour en saisir les leviers.
Rencontré en marge des 1ères Assises nationale de l’intelligence artificielle, Mehdi Alaoui, fondateur et CEO de La Startup Station, ne mâche pas ses mots: l’intelligence artificielle n’est plus un horizon, c’est un retard qu’il faut combler.
Pour cet entrepreneur engagé dans l’écosystème tech marocain, ces Assises marquent «une prise de conscience» de l’importance de l’IA au plus haut niveau de l’État, mais le temps presse. «Souvent, je la compare à un tsunami caché. Si on ne le surfe pas à temps, une fois qu’il passe, il laisse beaucoup de dégâts», laisse-t-il entendre.
Porté par une vision sans détour, Mehdi Alaoui appelle à l’intégration immédiate de l’IA dans toutes les politiques publiques. Son propos est clair: cette technologie n’est pas un domaine réservé aux laboratoires ou aux startups innovantes; elle est une composante structurelle de l’économie, de la société et des administrations.
«Il est important aujourd’hui d’utiliser ce changement de paradigme dans tous les secteurs – santé, éducation, énergies renouvelables, justice – partout où l’intelligence humaine peut se renforcer par l’intelligence artificielle», défend-il.
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Pour sortir du symbolique et passer à l’opérationnel, Alaoui identifie trois leviers essentiels. Le premier est celui des talents: «Le Maroc a la chance de disposer d’un pool très important, mais il faut le former en grande quantité». Les compétences en data science, machine learning et IA doivent être démultipliées pour répondre à la demande croissante, sous peine de voir les opportunités glisser vers d’autres marchés.
Le deuxième levier est celui de l’infrastructure. Alaoui évoque sans détour le coût astronomique des équipements nécessaires: «Le coût de l’infrastructure de l’IA se chiffre en milliards de dollars. Est-ce que nous, au Maroc, on a les moyens? C’est une bonne question, mais il faut qu’on les trouve.»
Pour lui, l’investissement dans des supercalculateurs et des centres de données souverains est non seulement stratégique, mais vital pour éviter une dépendance technologique.
IA: pas sans l’humain
Enfin, et peut-être surtout, Alaoui évoque le facteur humain. L’adoption de l’IA ne peut se faire sans «beaucoup d’intelligence humaine». Il en appelle à un effort de pédagogie, d’éthique, et d’acceptation collective. «Cette révolution ne peut opérer sans l’humain», insiste-t-il, soulignant que l’IA redéfinit tout: les métiers, les services, les rapports sociaux…
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Du côté des startups, Mehdi Alaoui est catégorique: «Elles n’attendent pas». Selon lui, l’écosystème marocain s’est déjà emparé du sujet, développant des solutions locales sur des infrastructures étrangères, mais avec du talent national. «Elles ont grandi, scalé et démontré que l’IA est une technologie maîtrisable dès aujourd’hui.»
Son message final a l’allure d’une injonction: le Maroc doit passer du discours à l’action. L’IA n’est plus une tendance, c’est une bascule irréversible qu’il faut accompagner avec des moyens, une vision, et une stratégie claire. «Il est temps pour nous, au Maroc, de nous positionner sur le sujet sérieusement», insiste-t-il.
Ainsi, pour Mehdi Alaoui, l’heure n’est plus à l’éveil mais à l’engagement. Le Royaume doit passer au concret et cesser de considérer l’IA comme une promesse. C’est une exigence immédiate, avec ses propres règles, ses propres coûts, et ses propres échéances.
Pour rappel, le Maroc a lancé les 1er et 2 juillet, les 1ères Assises nationales sur l’intelligence artificielle. L’objectif de cette réflexion de grande ampleur initiée par le ministère de la Transition tumérique et à la Réforme de l’Administration est de tracer les sillons vers une stratégie nationale dédiée.
Amal El Fallah Seghrouchni, la ministre, a annoncé l’élaboration d’un cadre législatif adapté aux ambitions marocaines. Ces assises se sont achevées hier mercredi sur une série d’accords pour promouvoir l’IA au Maroc.
