La ministre israélienne du Tourisme, Orit Farkash Hacohen, a invité son homologue marocaine, Nadia Fettah…
Nadia Fettah: « La cybersécurité n’est pas une option, mais une nécessité absolue »
Publié le
Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances a marqué l’ouverture de la Semaine régionale de la cybersécurité par une intervention sur les enjeux de souveraineté numérique.
Dans un contexte de recrudescence des cyberattaques, accentuées par l’essor de l’intelligence artificielle, la ministre a affirmé que la cybersécurité constitue désormais une exigence stratégique pour la solidité des économies et la confiance des citoyens.
«La cybersécurité n’est pas une option, mais une nécessité absolue», a-t-elle déclaré lors de l’événement qui a démarré hier lundi à Rabat. Elle a souligné à cet effet que la révolution numérique, tout en façonnant en profondeur les sociétés et les économies, ouvre la voie à des vulnérabilités inédites.
Face à un cyberespace «par définition sans frontières», Fettah a appelé à une coopération internationale renforcée, fondée sur le partage des acquis, des bonnes pratiques et des expériences réussies. En effet, la souveraineté numérique ne peut être pensée en vase clos. Elle implique une solidarité active entre États, institutions et acteurs économiques, notamment dans le renforcement des capacités, la formation et le développement des compétences.
Ce plaidoyer pour une alliance globale contre la cybercriminalité s’inscrit dans une vision où la maîtrise technologique devient un levier de souveraineté, de résilience et de compétitivité.
Cybersécurité : un enjeu transversal pour la confiance et la croissance
Les propos de Nadia Fettah ont trouvé écho dans les interventions des autres membres du gouvernement présents à l’événement. Le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdeltif Loudiyi, a rappelé que la cybersécurité est désormais synonyme de souveraineté numérique et facteur de croissance économique. «Investir dans la cybersécurité permet non seulement de se protéger contre les risques, mais aussi de réaliser des gains tangibles en matière d’attractivité, de compétitivité et de consommation», a-t-il affirmé.
Lire aussi. Cyberattaques: le Maroc, 1ère cible en Afrique et 3e au monde, selon un rapport
Soulignant les progrès réalisés par le Maroc en matière de transformation numérique, Loudiyi a salué la vision du roi Mohammed VI, qui a permis de renforcer l’infrastructure numérique nationale et de développer une offre de services publics digitaux, au bénéfice des citoyens et des entreprises.
Mobilisation collective face à l’escalade des menaces
La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fellah Seghrouchni, également présente, a pour sa part insisté sur la responsabilité partagée des institutions, du monde académique, des écosystèmes d’innovation et des usagers du numérique dans la promotion de la cybersécurité.
Rappelant que la région MENA a enregistré une hausse de 236 % des attaques cybernétiques au second trimestre 2025, elle a souligné que la cybersécurité influe directement sur la confiance institutionnelle, la qualité démocratique des échanges et l’attractivité du pays. «Un environnement numérique de confiance est un signal fort : il indique que la modernité s’adosse à la maîtrise, que l’innovation s’inscrit dans la responsabilité, que la performance publique s’allie à la protection des personnes.»
Une semaine pour penser la cyber-résilience africaine
Organisée par la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI), en partenariat avec le Centre régional arabe de cybersécurité, la Semaine régionale de la cybersécurité se tient du 15 au 19 septembre à Rabat.
Placée sous le thème «L’avenir de la cybersécurité : la souveraineté numérique pour un développement économique durable», cette édition réunit des responsables gouvernementaux, des experts et des acteurs publics et privés du Maroc, du monde arabe et du continent africain.
Au cœur des échanges, les enjeux de cyber-résilience à l’ère des technologies émergentes, la structuration des capacités nationales, et la construction d’un espace numérique africain sécurisé, inclusif et souverain.
