Transformation de l’ONHYM en SA: Benali défend une réforme contre la concentration et les conflits d’intérêts

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Benali : la réforme de l’ONHYM, un levier clé pour mettre fin aux conflits d’intérêts dans les secteurs de l’énergie et des mines
La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, le 03 février 2026 à la Chambre des représentants. © DR

Le projet de loi relatif à la transformation de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) en société anonyme (SA) n’en finit pas d’alimenter le débat. Après l’avoir défendu en commission face aux critiques dénonçant une éventuelle privatisation déguisée, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, est revenue porter ce texte devant les députés.

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a affirmé que le projet de loi n°56.24, portant transformation de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) en société anonyme (SA), constitue un chantier de réforme majeur visant à repositionner l’Office au sein de l’économie nationale et à renforcer son rôle dans les chaînes de valeur stratégiques.

S’exprimant mardi lors d’une séance législative à la Chambre des représentants, consacrée à l’examen et au vote du projet de loi, la ministre a souligné l’importance particulière de cette réforme, notamment à la lumière du rapport présenté par la première présidente de la Cour des comptes, mettant en évidence les limites du cadre institutionnel actuel et son impact sur plusieurs projets structurants.

Retards dans le gaz naturel et inquiétudes des acteurs

Leila Benali a relevé que le secteur du gaz naturel et des infrastructures associées a accusé des retards notables dans la mise en œuvre de plusieurs projets. Parmi les causes identifiées figurent, selon elle, des préoccupations liées au cadre institutionnel existant, évoquées dans le rapport de la Cour des comptes, notamment les risques liés à la perception, à la circulation des données sensibles, ainsi que des situations de pression ou de dissuasion touchant certains acteurs publics et privés des secteurs de l’énergie et des mines.

Conflits d’intérêts et risques de monopole

La ministre a aussi indiqué que de nombreux opérateurs expriment leurs inquiétudes quant à des situations de conflits d’intérêts, de chevauchement de rôles et d’atteinte à la neutralité concurrentielle de certaines entreprises publiques.

Ces dérives pourraient, a-t-elle averti, conduire à des pratiques de concentration ou de monopole, générant à terme des prix non soutenables pour les citoyens et le tissu économique national, tout en freinant l’accès aux technologies modernes et propres indispensables à la transition énergétique.

Une réforme alignée sur la vision royale

Dans ce contexte, Leila Benali a rappelé les orientations du discours royal du 29 juillet 2020, prononcé à l’occasion de la Fête du Trône, appelant à accélérer une réforme profonde du secteur public et à corriger les dysfonctionnements structurels des établissements et entreprises publics.

Lire aussi: La transformation de l’ONHYM en SA ravive le débat sur la privatisation des EEP

Selon la ministre, le projet de loi s’inscrit pleinement dans cette vision, en visant une amélioration de la gouvernance, une hausse de la performance et de la rentabilité de l’ONHYM, afin de lui permettre de jouer un rôle accru dans le développement économique et social du Royaume.

Des prix justes et un rempart contre le chômage

La responsable gouvernementale a insisté sur le fait que l’adoption de ce texte équivaut à un engagement en faveur de prix plus abordables de l’énergie et des minerais, mais aussi à une action préventive contre le chômage, notamment dans les secteurs fortement dépendants d’une énergie compétitive, comme le gaz naturel.

L’absence de solutions efficaces dans ce domaine pourrait, a-t-elle alerté, entraîner des pertes d’emplois et des répercussions sociales importantes.

Lire aussi: El Yamani met en garde : convertir l’ONHYM en SA menace la souveraineté énergétique

Leila Benali a enfin souligné que cette réforme constitue également un choix clair contre les conflits d’intérêts et les pratiques de monopole, et un vote en faveur de la souveraineté énergétique et minière du Maroc, renforçant la capacité de l’État à disposer d’outils efficaces d’intervention stratégique.

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