Le Maroc occupe la cinquième place continentale dans un récent classement sur le financement des…
PIB et financement des startups: le Maroc dans la zone de performance intermédiaire (analyse)
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Malgré un potentiel économique et entrepreneurial significatif, le Maroc peine à attirer des financements pour ses start-ups à la hauteur de ses capacités. Une récente analyse révèle un positionnement intermédiaire, contrastant avec les performances de pays à PIB inférieur, tels que le Kenya ou le Sénégal, qui mobilisent des capitaux bien au-delà de leurs poids économiques relatifs.
Une récente analyse sur les investissements dans les start-ups en Afrique met en lumière un flottement dans les capacités du Maroc. Avec un PIB par habitant ajusté au pouvoir d’achat situé entre 10 000 et 20 000 dollars, le Maroc a attiré un total de 277 millions de dollars en financement pour ses start-ups depuis 2019.
Ce positionnement place le Royaume dans une catégorie intermédiaire parmi les pays africains, bien qu’il demeure en retrait par rapport aux grandes performances enregistrées par d’autres nations du continent.
Ce financement, bien que notable, reste inférieur à celui de plusieurs pays à PIB plus modeste, soulignant ainsi un potentiel encore sous-exploité. Alors que des économies telles que le Kenya ou le Sénégal attirent des capitaux bien au-delà de leur poids économique relatif, le Maroc semble peiner à s’imposer comme un modèle dans le financement entrepreneurial en Afrique.
Richesse économique et financement startup au crible
L’analyse évoquée a été publiée mardi dernier par Max Cuvellier Giacomelli de “Africa the big deal“, une plateforme spécialisée dans le reporting des levées de fonds opérées par les startups africaines. elle explore la relation entre le financement des start-ups et le PIB par habitant, ajusté au pouvoir d’achat, dans les 54 pays du continent africain.
L’auteur croise donc les données de financement liées aux startups et le PIB (PPA) par habitant. Ce qui permet d’offrir une perspective globale et comparative sur l’état du financement de l’écosystème startup par rapport à la richesse du pays, exprimée selon le PIB – PPA.
Max Cuvellier Giacomelli explique s’appuyer sur le PIB ajusté au pouvoir d’achat pour mieux représenter la richesse économique des nations, tout en tenant compte des disparités démographiques. Cette méthodologie a aussi le mérite de mettre en lumière les pays « surperformants », c’est-à-dire ceux qui attirent des financements significativement plus élevés que ce que leur taille économique ou leur population pourrait suggérer.
Par exemple, la République Démocratique du Congo, avec un PIB par habitant de seulement 1 200 dollars, a réussi à mobiliser 114 millions de dollars sur les 5 dernières années, prouvant qu’un écosystème entrepreneurial dynamique peut transcender les contraintes économiques apparentes.
Contraste entre potentialités et réalités
Une « surperformance“ de la RDC qui contraste avec la posture somme toute mitigée du Royaume. Mais il n’y a pas que la RDC. En comparaison avec le Maroc, plusieurs pays à PIB inférieur démontrent une capacité remarquable à attirer des financements pour leurs start-ups. Le Kenya, avec un PIB par habitant de 6 000 dollars, a levé 3,5 milliards de dollars dans la période étudiée, un chiffre plus de douze fois supérieur à celui du Maroc.
De même, le Nigeria, avec un PIB par habitant de 5 500 dollars, a attiré 4,7 milliards de dollars. Le Sénégal, malgré un PIB par habitant de seulement 3 800 dollars, a mobilisé 414 millions de dollars, surpassant largement le Maroc.
Le Maroc, bien que doté d’atouts importants, tels que sa stabilité économique et politique reste en retrait face à ces performances. Pour rattraper son retard et maximiser son potentiel, le Royaume devra renforcer sa visibilité sur la scène mondiale, stimuler les collaborations avec des investisseurs étrangers et structurer davantage son écosystème entrepreneurial.
À l’ère de la compétition accrue pour les capitaux, le Maroc possède tous les éléments nécessaires pour améliorer sa position, à condition de mieux exploiter ses ressources et de mettre en œuvre des stratégies ambitieuses.
