PLF 2026: «Aucun impact direct sur le panier de la ménagère», avertit l’économiste Mehdi Fakhir

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Mehdi Fakhir PLF
Pour Mehdi Fakhir, le PLF 2026 est PLF 2026 : entre volontarisme budgétaire et attentes structurelles

L’économiste Mehdi Fakhir livre une lecture lucide des équilibres budgétaires en jeu dans le projet de loi de finances (PLF) 2026. Si le texte affiche une volonté de relance par l’investissement public, il reste marqué par l’absence de mesures structurelles fortes pour le secteur privé et par une prudence assumée sur les volets sociaux. Décryptage.

Livrant une réflexion horizontale sur la trajectoire du PLF 2026, sur la table de la Chambre des conseillers après son adoption par la Chambre des représentants, Mehdi Fakhir trouve qu’elle confirme une orientation volontariste en matière d’investissement public. Ce pic annoncé laisse entendre que l’État veut maintenir une dynamique infrastructurelle soutenue, avec des enveloppes budgétaires conséquentes.

Selon l’économiste, cette stratégie constitue une opportunité pour les PME, notamment dans les secteurs liés aux travaux publics et aux services. Mais, il nuance: «Ce sont des effets indirects. Le texte ne consacre pas de chapitre spécifique à la TPME, si ce n’est à travers le dispositif de la Charte d’investissement.»

Ce mécanisme prévoit en effet des aides ciblées pour les petites structures, mais reste cantonné à une logique d’accompagnement ponctuel. Mais notre expert insiste sur le fait que la relance ne peut reposer uniquement sur des injections budgétaires. «Les mesures annoncées ne suffisent pas à enclencher une transformation profonde du tissu productif.»

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Sur le plan fiscal, Mehdi Fakhir trouve que le PLF 2026 ne propose pas de rupture. La plupart des dispositions reconduisent les mécanismes existants, à l’exception de la retenue à la source sur la TVA, qui pourrait affecter la trésorerie des entreprises. «Ce n’est pas un impôt, mais un outil de recouvrement. Il faudra en suivre l’application concrète», souligne-t-il.

Au-delà des mesures techniques, c’est la réforme de la loi organique des finances qui cristallise les attentes. L’économiste estime que «l’écosystème budgétaire est appelé à évoluer», notamment pour renforcer la lisibilité des hypothèses macroéconomiques et la cohérence des trajectoires pluriannuelles.

Mehdi Fakhir : « Le PLF n’a pas d’impact direct sur le panier de la ménagère »

Face à la montée en puissance de l’investissement public, la faiblesse persistante de l’investissement privé interroge. Pour Mehdi Fakhir, le problème n’est pas conjoncturel. «Ce n’est pas une question de mesures limitées dans le temps. C’est un sujet structurel, culturel. Il faut transformer les mentalités du secteur privé pour qu’il s’oriente davantage vers l’investissement», explique-t-il.

Cette inertie freine la capacité du PLF à enclencher une dynamique de croissance endogène. L’économiste appelle donc à une approche de moyen à long terme, fondée sur la confiance, la stabilité réglementaire et la valorisation des filières stratégiques.

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Interrogé sur l’impact du PLF 2026 sur le pouvoir d’achat, Mehdi Fakhir reste prudent: «Ce ne sont pas les mesures fiscales qui soulagent le panier de la ménagère, mais la prospérité économique globale.» Là-dessus, il rappelle que la décompensation du gaz butane n’est pas encore actée, malgré une hausse progressive des prix. Le gouvernement maintient son soutien, tout en réduisant l’enveloppe dédiée de 16,5 milliards de dirhams à 13,8 milliards de dirhams.

Cette rationalisation, présentée comme un ajustement, ne constitue pas une rupture. «C’est une décision politique encore prématurée», tranche l’économiste. En attendant, les ménages devront composer avec une inflation contenue mais persistante, sans mesures de soutien direct.

En définitive, le PLF 2026 s’inscrit dans une logique de consolidation budgétaire, sans basculement stratégique. Il affiche des intentions claires en matière d’investissement public, mais reste en attente de signaux forts sur la fiscalité, le soutien au secteur privé et la protection du pouvoir d’achat.

L’enjeu n’est pas tant la satisfaction immédiate que la pérennité des orientations. «Ce qui compte, c’est l’impact des finances publiques sur la société et sur l’économie. C’est là que se joue la crédibilité du texte», conclut notre expert.

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