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Boudées par les demandeurs d’emploi, les PME marocaines face à l’exigence d’un rebranding
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Au Maroc, la quasi-totalité des demandeurs d’emploi vise les multinationales et les grandes entreprises, au détriment des petites ou moyennes entreprises (PME), occasionnant chez ces dernières une crise des profils qualifiés.
Selon une enquête publiée par la plateforme ReKrute, seulement 6% des demandeurs d’emploi visent des petites et moyennes entreprises (PME) pour débuter leur carrière. La vaste majorité opte pour les multinationales ou les grandes entreprises. Une situation qui se traduit sur le terrain par une crise des compétences au niveau des PME et impacte sévèrement leur potentiel de croissance.
Pour Alexandra Montant, directrice générale de ReKrute, il ne fait aucun doute que le manque d’engouement pour les PME au niveau des talents occasionne chez ces entreprises un «déficit des profils qualifiés». La spécialiste du recrutement et du placement des compétences considère cela comme une erreur commise par les demandeurs d’emploi: «Les opportunités dans les PME sont plus importantes, car elles offrent beaucoup d’avantages et de flexibilité.»
S’appuyant sur sa longue expérience dans ce domaine, Montant fait remarquer que cette disposition des PME rivalise de loin avec ce que les entreprises plus grandes peuvent proposer. Autre élément qu’elle met en exergue pour justifier le changement d’attitude des demandeurs d’emploi à l’égard des PME, c’est que ce sont elles qui créent le plus d’emploi. En clair, refuser de se tourner vers les PME, c’est se détourner de multiples possibilités d’obtenir un emploi.
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Toutefois, l’experte fait savoir que l’attitude des candidats qui négligent les PME trouve une explication dans la mauvaise image que certains chefs d’entreprises de cette catégorie ont forgée, celle «du patron qui exploite ses collaborateurs, se sucre sur leur dos et ne leur accorde pas le respect et la reconnaissance de leur travail».
Pour notre interlocutrice, si cette description collait aux PME d’antan, cela n’est plus le cas. Aujourd’hui, les choses ont changé, les PME étant devenues de vrais terreaux d’opportunités. «Nous avons des enquêtes qui montrent qu’il y a des entreprises de 50 à 100 personnes d’effectif qui offrent une ambiance et des conditions de travail extraordinaires», défend-elle.
Alexandra Montant préconise alors d’aider ce secteur à redorer son image: «La seule solution, c’est de casser l’image que l’on a de la PME et de la remplacer par ce qui prévaut présentement.» Dans cette dynamique de “rebranding“, les PME en quête de talents qualifiés doivent travailler sur leur image de marque en mettant en avant qu’elles sont là où «tous ceux qui ont des compétences vont être promus et ont de vraies opportunités de carrière», suggère-t-elle.
Cette dynamique de rebranding est essentielle pour combler le déficit de profils qualifiés et soutenir la croissance des PME marocaines.
