Financements et contre-performances, le dilemme des PME

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Si elle sont souvent perçues comme les piliers de l’économie, les petites et moyennes entreprises (PME) marocaines voient pourtant, leur croissance freinée par un défi majeur : l’accès au financement. Des mécanismes existent bien pour les accompagner, mais les résultats ne suivent pas toujours, et le manque de financement se révèle être un obstacle majeur.

La croissance des PME ne peut pas reposer uniquement sur les capitaux propres. « Ceux qui disposent de moyens suffisants commencent souvent par créer de grandes entreprises », souligne un expert interrogé. Cela met en lumière une réalité : les entrepreneurs se retrouvent souvent bloqués par un manque de fonds pour passer à l’étape suivante de leur développement. Le système bancaire, frileux face aux risques, exige des garanties souvent hors de portée pour ces entreprises. « Si les gens avaient des cautions, ils ne demanderaient pas de crédits », ajoute-t-il, pointant du doigt une inadéquation entre l’offre bancaire et les besoins des PME.

Et quand ces financements existent, elles deviennent bien souvent inaccessibles pour des lourdeurs administratives. Notre expert rappelle à ce titre l’exemple d’un financement  dédié aux coopératives agricole. Ce programme qui couvrait le Maroc et la Tunisie a été mis en place par une institution financière européenne. Selon ses explications, si la partie tunisienne a pu déployer le programme, au Maroc, ces financements ont été perdus à cause de lenteurs bureaucratiques. « Les fonds ont été transférés en Tunisie. C’est regrettable », déplore-t-il.

Financement : revoir le modèle

Malgré ces freins, des solutions existent. Le développement du capital-risque, par exemple, pourrait représenter un véritable levier pour les PME marocaines. Ce type de financement, qui permet aux investisseurs de partager les risques avec les entrepreneurs, est pourtant encore peu répandu dans le Royaume. « Le capital-risque implique des investisseurs qui accompagnent les entrepreneurs, misent sur leurs projets et partagent les risques », explique l’expert. Il appelle à la mise en place de fonds plus flexibles et à une simplification des démarches administratives, qui freinent trop souvent les initiatives locales.

Le constat est donc sans appel : sans une révision en profondeur du modèle de financement des PME, celles-ci peineront à évoluer. Le crowdfunding, bien qu’efficace pour de petits projets, n’est pas adapté aux entreprises en quête de croissance significative. Des initiatives telles que Damane Oxygène, mises en place lors de la crise du Covid, montrent cependant qu’une nouvelle approche est possible. « Il faut que ce type de soutien devienne permanent », conclut-il.

Pour que les PME marocaines puissent véritablement contribuer à l’essor de l’économie, une restructuration de l’accès au financement s’impose, afin de leur offrir les moyens nécessaires pour grandir et prospérer.

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